Autrement dit, le même événement qui pourrait soutenir l’or comme valeur refuge peut aussi le pénaliser s’il pousse les marchés vers un scénario de taux plus hauts et de dollar plus fort .
Le mouvement peut se résumer en quatre étapes :
Les deux derniers points sont essentiels. Lorsque les taux baissent, l’or peut devenir plus attrayant par comparaison avec les actifs rémunérés. À l’inverse, quand les taux restent élevés, le coût d’opportunité de détenir de l’or augmente, car il ne génère pas de rendement .
L’or bénéficie souvent des périodes d’incertitude, mais tous les chocs géopolitiques ne se traduisent pas de la même façon sur les marchés.
Un choc qui menace l’approvisionnement en pétrole peut provoquer une réaction en chaîne : énergie plus chère, inflation anticipée plus forte, banques centrales moins enclines à assouplir leur politique monétaire. Dans ce contexte, la demande refuge peut exister, mais être dominée par le canal des taux et du dollar.
C’est pourquoi le mouvement n’est pas forcément contradictoire. Les sources ne montrent pas un marché indifférent au Moyen-Orient ; elles montrent un marché qui transforme ce risque en scénario de pétrole plus cher, de dollar plus ferme et de baisses de taux moins probables .
Les variables à surveiller sont simples : le pétrole, le dollar et les anticipations de politique monétaire américaine.
Un point publié plus tard illustre la rapidité avec laquelle l’équilibre peut évoluer. TradingPedia a rapporté le 27 avril que le XAU/USD — la cotation de l’or contre le dollar — avait rebondi de plus de 50 dollars depuis la zone des 4 672 dollars, même si les achats de suivi restaient limités . Le même commentaire indiquait que l’attente d’au moins une baisse de taux de 25 points de base de la Fed en 2026, un pétrole plus souple et un dollar plus faible avaient soutenu l’or .
Le scénario le plus favorable au métal jaune serait donc assez clair : détente du pétrole, apaisement des craintes d’inflation, recul du dollar et retour d’anticipations plus crédibles de baisse des taux. À l’inverse, si le pétrole reste élevé et si les marchés repoussent encore les baisses de taux, les vents contraires décrits par Reuters peuvent continuer à peser sur l’or .
Les sources fournies ne confirment pas clairement l’idée d’un plus bas de deux mois. Reuters, via Fidelity, parle d’un plus bas depuis le 7 avril, et Emirates247 utilise également cette référence au 7 avril .
La nuance est importante pour être précis. Elle ne change toutefois pas l’explication de fond : la tension autour d’Ormuz a été traitée moins comme un pur choc de demande refuge que comme un choc pétrole-inflation-Fed-dollar .
L’or peut baisser même lorsque les tensions géopolitiques montent, si les conséquences économiques de ces tensions lui sont défavorables. Ici, le risque autour d’Ormuz a soutenu le pétrole, ravivé les inquiétudes d’inflation, réduit les attentes de baisses de taux de la Fed et renforcé le dollar. Cet ensemble a pris le dessus sur l’effet valeur refuge .