Le cas de Kin A doit être interprété avec prudence. Oui, le pétrolier a pu franchir le détroit d’Ormuz. Mais ce passage ne signifie pas que la route maritime est revenue à la normale : il indique plutôt que le pétrole n’est pas totalement bloqué, tout en circulant désormais dans des conditions très dégradées.
Kpler, société spécialisée dans les données de marché de l’énergie, citée par l’AFP, estime que le trafic de pétroliers dans le détroit a chuté d’environ 90 % par rapport à la semaine précédente, sans pour autant s’arrêter complètement [1]. De son côté, Rudaw rapporte que 111 navires ont franchi le détroit pendant la période de guerre, dont 40 pétroliers [
4].
Ce que le passage de Kin A montre vraiment
Un pétrolier qui passe a une valeur d’indice : il contredit l’hypothèse la plus radicale, celle d’un verrouillage immédiat et total du détroit. Mais il ne permet pas de conclure que la voie est sûre, fluide ou comparable à une situation de temps normal.
Le point essentiel reste l’ampleur du recul. Le détroit d’Ormuz est une artère stratégique par laquelle transite environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole brut, selon Kpler [1]. Si les passages de pétroliers y sont inférieurs d’environ 90 % à ceux de la semaine précédente, la part qui continue à circuler ne représente plus qu’un filet par rapport au trafic habituel [
1]. Rudaw décrit également un trafic tombé à son plus bas niveau quotidien depuis cinq ans, sans avoir complètement disparu .




