La Gigafactory de Shanghai sert à la fois le marché chinois et des marchés étrangers. C’est ce qui rend les données de « ventes en Chine » parfois trompeuses lorsqu’elles désignent en réalité des volumes sortis de l’usine ou vendus en gros.
CnEVPost a par exemple décrit les 85 670 véhicules de volume de gros de Tesla China en mars comme un chiffre comprenant à la fois les véhicules vendus en Chine et ceux exportés vers l’étranger . EVXL a présenté de la même manière les 127 728 véhicules Tesla fabriqués en Chine et vendus en janvier-février 2026 : un total couvrant à la fois les acheteurs chinois et les expéditions à l’export depuis Shanghai
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La nuance est importante. Les chiffres de gros ou de production chinoise sont utiles pour mesurer l’activité de l’usine, la capacité logistique et la portée exportatrice de Tesla. Pour juger la demande locale, il faut plutôt regarder les ventes au détail en Chine, les livraisons domestiques ou les immatriculations lorsque ces données sont disponibles.
Les chiffres du début 2026 montrent bien ce décalage. Electrek a rapporté que les ventes au détail de Tesla en Chine avaient reculé de 16 % sur un an au premier trimestre 2026, avec une chute de 24 % rien qu’en mars, alors que les chiffres de gros paraissaient plus favorables parce qu’ils incluaient les véhicules exportés depuis Shanghai .
Janvier illustre encore mieux l’écart. Electrek a fait état de 18 485 ventes domestiques en Chine, en baisse de 45 % sur un an, tandis que le total de gros de Shanghai atteignait 69 129 unités et comprenait à la fois les livraisons domestiques et les exportations . CnEVPost a également indiqué que les ventes au détail de Tesla en Chine en janvier étaient au plus bas depuis novembre 2022, alors que les exportations de l’usine de Shanghai atteignaient leur deuxième niveau le plus élevé jamais enregistré
.
C’est toute la distorsion : une voiture produite à Shanghai et expédiée hors de Chine améliore le chiffre « China-made » de Tesla, mais elle ne dit rien, à elle seule, de l’appétit des acheteurs chinois.
Oui, mais dans un sens précis. Le rebond est réel pour les volumes de Tesla fabriquées en Chine : avril est donné en hausse de 36 % sur un an , le volume de gros de mars atteint 85 670 véhicules
, et les ventes de véhicules produits en Chine en janvier-février sont rapportées à 127 728 unités, soit plus de 35 % au-dessus de la même période de l’année précédente
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En revanche, la reprise de la demande domestique chinoise n’est pas encore démontrée avec la même force. Le chiffre d’avril inclut les exportations , il recule par rapport à mars
, et les données de détail du premier trimestre pointaient vers des ventes locales plus faibles
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Le verdict le plus juste est donc mixte : la machine Shanghai — production, gros et export — semble aller mieux. Le signal sur les achats des consommateurs chinois reste plus prudent.
Pour distinguer la vigueur industrielle de Tesla d’une vraie reprise de la demande en Chine, il faudra suivre plusieurs données séparément :
Tant que ces indicateurs ne racontent pas la même histoire, il vaut mieux lire Tesla en Chine comme deux récits distincts : d’un côté, un total Shanghai/export plus robuste ; de l’autre, une demande domestique qui demande encore confirmation.