La nuance est essentielle : TSMC n’a pas annoncé une baisse de ses revenus d’avril par rapport à l’an dernier. L’entreprise a annoncé une croissance plus lente. Ses ventes ont augmenté de 17,5 % sur un an, à 410,7 milliards de dollars taïwanais, un niveau mensuel toujours élevé mais en nette décélération par rapport au rythme récent porté par l’IA .
Il faut aussi garder en tête que les revenus mensuels peuvent être irréguliers. Le chiffre d’avril ne couvre qu’une période de 30 jours, et les rapports de marché soulignent que les ventes mensuelles de TSMC peuvent fluctuer d’un mois à l’autre . En valeur absolue, avril n’est d’ailleurs que légèrement inférieur à mars, mois où TSMC aurait réalisé 415,19 milliards de dollars taïwanais de chiffre d’affaires .
La vraie question est donc la suivante : avril est-il un simple palier après un trimestre très fort, ou le premier mois d’une tendance moins favorable ? C’est là que mai et juin deviennent décisifs, puisque les attentes de croissance pour le trimestre restent proches de 35 % selon les rapports citant les analystes .
Les éléments disponibles continuent de pointer vers une demande solide pour les puces avancées liées à l’IA. En avril, TSMC a relevé sa prévision annuelle de chiffre d’affaires et indiqué qu’elle augmentait ses dépenses d’investissement afin de répondre à la demande en puces IA avancées . Ce n’est généralement pas le signal envoyé par une entreprise qui se prépare à un trou d’air soudain de la demande.
Le contexte du premier trimestre reste également beaucoup plus robuste que ne le suggère le seul chiffre d’avril. Des rapports récents évaluent le chiffre d’affaires du premier trimestre de TSMC autour de 35,6 à 35,7 milliards de dollars, en hausse d’environ 35 % sur un an . Un article de Reuters repris par WHTC indique aussi que le bénéfice du premier trimestre a bondi de 58 %, à un record de 572,5 milliards de dollars taïwanais, marquant un huitième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres .
Cela ne garantit pas que la croissance accélérera indéfiniment. Mais cela invite à ne pas interpréter un mois de croissance moins rapide comme la preuve que la demande en puces IA se retourne.
Pour les investisseurs, le problème n’est pas seulement de savoir si avril est « faible » ou non. Le sujet est plutôt de savoir si le titre et le sentiment de marché intégraient déjà une trajectoire quasi parfaite.
Autour des résultats du premier trimestre, plusieurs rapports présentaient TSMC comme l’un des grands bénéficiaires des dépenses d’infrastructure liées à l’IA et des commandes soutenues en puces avancées . Dans ce contexte, même une croissance saine à deux chiffres peut décevoir si le marché espérait une poursuite du rythme exceptionnel observé récemment.
Il existe aussi un enjeu de marges et d’exécution. La hausse des dépenses d’investissement renforce l’idée que TSMC voit une demande durable, mais elle peut aussi attirer davantage l’attention sur la rentabilité. MarketBeat a relevé qu’après les résultats, le tableau combinait relèvement des perspectives, hausse des dépenses d’investissement et plusieurs vents contraires potentiels pour la marge brute .
Le chiffre d’avril deviendrait un vrai signal d’alerte s’il était confirmé par d’autres éléments. Les principaux points à surveiller sont :
Le rapport d’avril paraîtrait beaucoup moins préoccupant si les revenus de mai et juin réaccéléraient, si la direction maintenait ses perspectives annuelles et si TSMC continuait de décrire la demande liée à l’IA comme suffisamment forte pour justifier des investissements plus élevés .
Ces signaux conforteraient l’idée qu’avril marque une respiration après un trimestre exceptionnel, plutôt que le début d’un cycle plus faible.
Les investisseurs ont raison d’être vigilants, mais il est trop tôt pour s’alarmer. Le ralentissement de la croissance d’avril est un avertissement sur les attentes, surtout avec des estimations proches de 35 % pour le trimestre se terminant en juin . Mais tant que TSMC affiche encore une croissance mensuelle à deux chiffres sur un an, relève ses perspectives annuelles et augmente ses investissements pour répondre à la demande en puces IA, les données disponibles ne suffisent pas à parler de signal rouge sur la demande fondamentale .