Une autre difficulté tient au fait que les transactions pourraient nécessiter l’approbation des deux côtés du Pacifique.
Même après l’accord du gouvernement américain pour exporter les puces, certaines ventes pourraient encore dépendre d’autorisations ou de validations réglementaires en Chine. Dans certains cas, des approbations locales ou des examens de conformité seraient toujours en attente .
Concrètement, cela signifie qu’une commande potentielle doit franchir deux systèmes réglementaires distincts avant que la puce puisse être expédiée et utilisée.
La situation autour du H200 s’inscrit dans la rivalité technologique plus large entre les États‑Unis et la Chine autour de l’intelligence artificielle et des semi‑conducteurs avancés.
Washington a mis en place des contrôles à l’exportation sur les puces d’IA les plus puissantes afin de limiter l’accès de la Chine aux capacités de calcul avancées. Certaines ventes sont désormais possibles sous licence, mais elles restent étroitement surveillées et politiquement sensibles .
De son côté, Pékin cherche activement à réduire sa dépendance aux technologies étrangères et à soutenir ses propres fabricants de puces. Des entreprises locales, notamment Huawei, bénéficient d’un soutien accru dans l’objectif de bâtir un écosystème national de semi‑conducteurs .
Ce contexte rend les décisions d’achat plus complexes pour les entreprises chinoises.
Au‑delà des questions réglementaires, les clients potentiels doivent également gérer des risques commerciaux.
Les entreprises qui envisagent d’acheter des H200 doivent se demander :
Face à ces incertitudes, certaines entreprises préfèrent attendre avant de passer des commandes importantes. Résultat : les opportunités commerciales de Nvidia en Chine restent pour l’instant au stade potentiel.
Malgré ces blocages en Chine, Nvidia connaît une période de croissance exceptionnelle.
L’entreprise a annoncé un chiffre d’affaires record de 81,6 milliards de dollars pour le premier trimestre de son exercice fiscal 2027, soit 20 % de plus que le trimestre précédent et 85 % de plus sur un an .
Le moteur principal est la demande mondiale pour les infrastructures d’intelligence artificielle. Le segment des centres de données à lui seul a généré 75,2 milliards de dollars de revenus, en hausse de 92 % sur un an, porté par les géants du cloud, les entreprises et les plateformes d’IA qui construisent de gigantesques clusters de calcul .
La Chine reste l’un des plus grands marchés potentiels au monde pour les puces d’intelligence artificielle. Si les livraisons finissent par commencer, les H200 pourraient représenter une opportunité commerciale majeure.
Pour l’instant, Nvidia se retrouve dans une situation particulière :
Tant que ces obstacles ne seront pas levés, les puces les plus avancées de Nvidia pourraient rester largement absentes du marché chinois — même si, ailleurs dans le monde, la demande pour l’infrastructure d’IA continue de propulser l’entreprise vers des résultats record.