Les récentes déclarations de Sam Altman dessinent une même ligne directrice : l’IA ne doit pas seulement fonctionner sur le plan technique. Qu’il s’agisse d’un appareil porté au quotidien ou d’un centre de données installé près d’une ville, elle doit aussi être acceptable pour les personnes autour.
Des lunettes connectées qui mettent les autres mal à l’aise
Sam Altman a dit trouver « très inconfortable » de parler à quelqu’un qui porte « une caméra et une lumière ». La formule vise directement le malaise social que peuvent susciter les lunettes connectées équipées d’une caméra, comme les Ray-Ban de Meta. Elle ne constitue pas une promesse formelle qu’OpenAI ne fabriquera jamais de lunettes, mais elle suggère clairement que ce format n’est pas une priorité à court terme.
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Le problème, selon cette logique, n’est pas seulement la capacité des lunettes à faire tourner des fonctions d’IA. C’est aussi la question du consentement : un voyant peut signaler un enregistrement, sans forcément dissiper l’incertitude de la personne en face d’une caméra intégrée à une monture. Cette gêne alimente déjà une partie du rejet public des objets connectés dotés d’une caméra.
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Ce qu’OpenAI explore avec Jony Ive
Avec l’équipe de Jony Ive, ancien responsable du design chez Apple, OpenAI décrit une famille d’appareils plutôt qu’un unique successeur au smartphone :
- des appareils à poser sur une table ou un bureau ;
- des appareils conçus pour tenir dans une poche ;
- des appareils destinés, dans certains cas futurs, à être portés sur soi.
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Il s’agit d’une orientation générale, et non d’une feuille de route détaillée. Les informations les plus précises sur le premier appareil d’OpenAI le présentent comme compact, dépourvu d’écran, sensible à son contexte d’usage et différent de lunettes. Il pourrait servir de « troisième appareil essentiel », aux côtés d’un ordinateur portable et d’un téléphone, sur un bureau ou dans une poche.
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Une nuance est importante : cette gamme potentielle ne permet pas de conclure que le premier produit sera portable. D’après des informations issues de documents judiciaires, le premier appareil ne serait ni un dispositif intra-auriculaire ni un objet à porter sur soi.
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Une sortie encore très incertaine
OpenAI n’a annoncé ni date de commercialisation ni format définitif. De premières informations évoquaient un objectif pour 2026 ; des articles ultérieurs ont parlé d’une livraison possible dès l’année suivante. Ces éléments signalent surtout un produit toujours en développement, pas une fenêtre de lancement fiable.
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En clair : OpenAI semble bien vouloir expérimenter de nouveaux objets matériels, mais aucun modèle précis, aucune fonction et aucune date ne doivent être considérés comme acquis avant une annonce officielle.
Altman conteste l’image de data centers forcément très gourmands en eau
Dans le même débat sur l’empreinte physique de l’IA, Sam Altman s’est opposé à l’idée selon laquelle les data centers modernes seraient, par nature, d’immenses consommateurs d’eau. Il a qualifié cette croyance de « mème » tenace et a cité une étude de 2024 menée en Virginie : selon les comptes rendus de ses propos, la plupart des bâtiments de centres de données y consommaient autant d’eau, ou moins, qu’un grand immeuble de bureaux — même si certaines installations en utilisaient nettement davantage.
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Il a également avancé une comparaison volontairement frappante : une seule amande nécessiterait l’équivalent en eau d’environ 38 000 requêtes ChatGPT. L’objectif est de remettre en perspective les estimations par requête ; cette comparaison ne mesure toutefois pas l’ensemble des effets locaux liés à la construction et à l’exploitation d’infrastructures d’IA.
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Pourquoi les riverains restent opposés à certains projets
Une moyenne par requête ne dit pas si une installation donnée convient à un bassin versant, à un réseau électrique ou à une commune donnée. Dans une enquête de l’université de Virginie relayée en août, plus de trois Américains sur cinq se disaient opposés à la construction d’un nouveau data center dans leur propre communauté, tandis que moins d’un sur cinq y étaient favorables. La consommation d’eau, la demande en électricité, les effets environnementaux et le manque de visibilité sur les accords avec les promoteurs figuraient parmi les préoccupations récurrentes.
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La Virginie illustre bien le caractère local de ces arbitrages. Une évaluation ultérieure de l’État a conclu qu’aucun des sites étudiés dans la plaine côtière ne pouvait accueillir un important nouveau prélèvement d’eau souterraine dans le cadre des règles d’autorisation en vigueur.
20 Cela ne prouve pas que tous les data centers sont très consommateurs d’eau ; cela montre en revanche que les contraintes régionales d’approvisionnement sont décisives, en particulier pour les projets qui reposent sur de gros prélèvements supplémentaires.
Le signal envoyé par OpenAI
La position d’Altman repose sur un test assez simple : les produits et les infrastructures de l’IA doivent être viables non seulement sur le papier, mais aussi dans leur environnement humain et local. Pour le matériel, cela implique d’éviter des formats qui donnent aux personnes alentour le sentiment d’être surveillées. Pour les data centers, cela impose de dépasser les comparaisons globales et de répondre aux questions concrètes d’eau, d’électricité et de transparence dans chaque territoire d’accueil.
Les futurs appareils d’OpenAI restent largement inconnus. Mais la direction affichée est plus nette : des objets pensés pour l’IA au-delà du téléphone et des lunettes, accompagnés d’un plaidoyer en faveur d’une évaluation plus précise — et plus locale — du coût environnemental de l’IA.
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