La question autour de Nscale est simple : combien les investisseurs sont-ils prêts à payer aujourd’hui pour des centres de données dédiés à l’IA qui ne sont pas encore tous en service ? Bloomberg rapporte que l’entreprise vise une valorisation d’environ 30 milliards de dollars pour son introduction en Bourse, tandis que certains investisseurs estiment qu’un montant de 16 à 19 milliards attirerait davantage d’acheteurs. Cette fourchette reflète une position de négociation rapportée par Bloomberg, pas une valeur « juste » établie de manière indépendante.
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Des contrats importants, mais encore à concrétiser
Nscale a déposé un projet d’introduction à la Bourse de New York, où ses actions seraient cotées sous le symbole NSCL.
1 Pour les investisseurs, l’enjeu est de savoir à quel rythme les projets et les contrats de l’entreprise se traduiront en centres opérationnels et en revenus. La valeur annoncée des contrats ne suffit pas, à elle seule, à indiquer quelle capacité fonctionne déjà, quand le reste sera disponible ni combien il en coûtera de le construire.
Au 31 août, Nscale déclarait 103,4 milliards de dollars de valeur active et contractualisée, dont 2,6 milliards correspondant à une valeur active.
45 Ces chiffres ne sont pas équivalents : la valeur contractualisée ne signifie pas que ces sommes sont déjà des revenus, des bénéfices ou des liquidités disponibles. Pour évaluer l’entreprise, les investisseurs doivent donc aussi jauger les délais et les risques liés à la réalisation des projets.
Le site de Glomfjord, en Norvège, donne une idée concrète de ces difficultés. Selon les informations rapportées, le chantier avait six mois de retard et 6,4 mégawatts (MW) sur les 30 prévus étaient opérationnels. Les problèmes mentionnés comprennent des retards de construction, des fuites dans le système de refroidissement, des questions réglementaires et un incendie.
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40 Ces difficultés ne permettent pas de prédire les revenus futurs du site, mais elles rappellent qu’une capacité annoncée n’est pas nécessairement une capacité déjà disponible.
Autre point d’incertitude : Microsoft se serait retiré du projet de centre de données de Nscale à Loughton, dans l’Essex.
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39 Les articles consultés ne précisent pas les raisons de ce retrait ; il ne faut donc pas lui attribuer une cause particulière ni y voir la preuve d’une rupture plus générale entre les deux entreprises. Mais un changement dans l’accord avec un client peut amener les investisseurs à s’interroger sur la réalisation du projet et sur l’utilisation de sa capacité.
Reuters a décrit la valorisation envisagée de 30 milliards de dollars comme se situant dans la partie optimiste de la fourchette.
3 La préférence rapportée pour 16 à 19 milliards est inférieure d’environ 37 à 47 % à cet objectif. Un prix d’entrée plus bas laisserait davantage de marge aux investisseurs pour tenir compte des retards, des besoins de financement et de rendements éventuellement inférieurs aux attentes.
Firmus, un rappel : l’attrait de l’IA ne suffit pas
Le débat sur Nscale intervient alors que les investisseurs examinent de près les sociétés d’infrastructures pour l’IA. En Australie, le constructeur de centres de données Firmus a retiré son projet d’introduction en Bourse après que son offre à 11 dollars australiens par action n’a pas suscité assez de demande. L’entreprise a indiqué qu’elle chercherait plutôt des financements privés.
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23 L’offre correspondait à une valorisation d’environ 30,6 milliards de dollars américains.
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L’échec de cette introduction ne prouve pas que les investisseurs rejettent les centres de données pour l’IA dans leur ensemble. Il montre toutefois que l’intérêt pour le secteur ne garantit pas des acheteurs à n’importe quel prix. Les articles ont également mentionné des préoccupations concernant la dette de Firmus et le manque d’informations à la disposition des investisseurs.
19 Bloomberg avait présenté les difficultés de l’opération comme un signal d’alerte pour d’autres introductions d’entreprises d’infrastructures pour l’IA, après plusieurs débuts en Bourse décevants.
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Ce que révèle l’écart de valorisation
La pression sur Nscale ressemble moins à un rejet de la croissance de l’IA qu’à une demande de preuves concrètes. Les investisseurs semblent accorder davantage de poids à la capacité réellement opérationnelle, au respect des calendriers, à la solidité des engagements clients et aux financements nécessaires pour terminer les projets qu’aux seuls montants de contrats ou plans d’expansion. Les réserves rapportées sur Nscale et le retrait de l’introduction de Firmus vont dans le sens de cette approche plus sélective.
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Les informations disponibles n’établissent ni une raison unique pour le prix souhaité par chaque investisseur ni que la fourchette de 16 à 19 milliards constitue la bonne valorisation. Elles font cependant ressortir la question centrale : les projets et les contrats des entreprises d’infrastructures pour l’IA doivent finir par se traduire en installations opérationnelles et en résultats financiers durables.