Vote : le procès-verbal de la conférence de presse du président de la Fed, Kevin Warsh, confirme un vote de 9 voix contre 3 en faveur du statu quo . Certains médias ont fait état d’un vote de 10 contre 3, mais le décompte officiel cité par Warsh est bien de 9 contre 3 .
Beth Hammack, présidente de la Fed de Cleveland, Neel Kashkari, président de la Fed de Minneapolis, et Lorie Logan, présidente de la Fed de Dallas, ont tous voté pour une hausse de 25 points de base, soit un quart de point de pourcentage .
Leur position traduit une pression croissante au sein de la banque centrale, alors que l’inflation américaine évolue au-dessus de l’objectif de 2 % depuis cinq ans .
Dans son rapport de politique monétaire de juillet, la Fed a dressé une liste particulièrement large des facteurs susceptibles d’alimenter les prix :
Les minutes de la réunion de juin évoquaient également la hausse des coûts de l’énergie et des intrants liée au conflit au Moyen-Orient, ainsi que le bond de la demande associé au développement de l’IA .
Lors de sa conférence de presse du 29 juillet, Kevin Warsh a déclaré que l’inflation « reste élevée par rapport à l’objectif de 2 % » de la banque centrale. Il a ajouté que la Fed restait « résolue » à assurer la stabilité des prix .
Quelques semaines plus tôt, dans un rapport présenté au Congrès, il avait affirmé : « L’objectif numéro un de la Fed est de faire en sorte que la politique monétaire soit la bonne… Et si nous faisons les bons choix — et nous les ferons — la poussée inflationniste des cinq dernières années appartiendra au passé » .
La Fed de Kevin Warsh a par ailleurs adopté une approche de communication sans indications précises sur la prochaine décision. Cette stratégie, parfois décrite comme un régime de « non-guidage », laisse les marchés dans le brouillard quant à la suite . Le maintien des taux, malgré les trois votes favorables à une hausse, nourrit donc les interrogations sur la manière dont Warsh compte ramener l’inflation à 2 % .
Décision : le Comité de politique monétaire — le MPC, composé de neuf membres — a maintenu le taux directeur, le Bank Rate, à 3,75 % .
Vote : 6 voix contre 3 pour le statu quo .
Catherine Mann et Megan Greene, membres externes du MPC, ainsi que Huw Pill, économiste en chef de la Banque d’Angleterre, ont voté pour un relèvement de 25 points de base, à 4 % .
Le nombre de dissidents a augmenté par rapport à la réunion de juin, où seuls Huw Pill et Megan Greene réclamaient une hausse. Catherine Mann les a rejoints en juillet, en invoquant notamment la reprise du conflit entre les États-Unis et l’Iran .
La Banque d’Angleterre a indiqué qu’elle était prête à relever ses taux si le conflit entre les États-Unis et l’Iran venait à s’intensifier . Son gouverneur, Andrew Bailey, a averti que des prix de l’énergie « élevés et volatils » pourraient faire repartir l’inflation plus tard dans l’année .
L’institution surveille aussi les effets dits de second tour : une hausse initiale de l’énergie peut finir par se transmettre aux salaires, aux services et à d’autres prix, prolongeant ainsi l’inflation au-delà du choc initial .
Malgré le vote plus divisé, Andrew Bailey a fermement rejeté l’idée d’une hausse imminente. « Ne quittez pas cette salle en pensant que la Banque d’Angleterre se rapproche d’une hausse, car franchement, rien dans ce que j’ai dit — ni dans ce qu’aucun d’entre nous a dit — ne devrait vous conduire à cette conclusion », a-t-il déclaré .
Le gouverneur a qualifié le statu quo de « décision raisonnable » et a minimisé l’importance du vote dissident supplémentaire . Les prévisions de la Banque d’Angleterre indiquaient par ailleurs que l’économie britannique se dirigeait vers une quasi-stagnation . Après les propos de Bailey, les marchés n’évaluaient plus qu’à 35 % la probabilité d’une hausse lors de la réunion de septembre .
Décision : la Banque du Japon a maintenu son taux directeur à court terme à 1,0 % . Il s’agit de son niveau le plus élevé depuis septembre 1995, après une hausse de 25 points de base en juin .
Vote : 8 voix contre 1 pour le maintien .
Le membre du conseil Hajime Takata a voté contre le statu quo et plaidé pour une hausse à 1,25 % .
La Banque du Japon a averti que l’inflation sous-jacente pourrait dépasser son objectif de 2 %. Elle a également réaffirmé qu’elle était disposée à augmenter encore le coût de l’emprunt si les risques inflationnistes se renforçaient .
La décision est souvent décrite comme un statu quo restrictif : les taux ne bougent pas, mais le message reste ouvert à un nouveau resserrement. La Banque du Japon a abaissé sa prévision d’inflation sous-jacente pour l’exercice 2026, de 2,8 % à 2,5 %, ce qui suggère un apaisement partiel des pressions à court terme .
Dans le même temps, elle a maintenu une tonalité prudente et plutôt ferme, en soulignant que l’inflation sous-jacente pourrait dépasser 2 % et qu’il fallait surveiller l’effet de la demande mondiale liée à l’IA ainsi que les mouvements de change . La banque centrale a légèrement relevé sa prévision de croissance pour l’exercice en cours, à 0,6 % .
Le point commun de ces décisions n’est donc pas une véritable victoire contre l’inflation, mais une pause sous surveillance. Les banques centrales veulent éviter de durcir trop vite leur politique alors que la croissance ralentit, tout en montrant qu’elles ne relâchent pas leur garde face aux nouveaux chocs sur l’énergie, aux tensions géopolitiques et à une demande dopée par les investissements dans l’IA.