Les acheteurs ont franchi la zone de résistance située à 1 894,89 dollars, mettant les traders baissiers sous pression. Lorsque le cours progresse suffisamment, les positions vendeuses à effet de levier sont liquidées automatiquement : les plateformes rachètent alors les actifs pour clôturer ces positions, ce qui peut amplifier la hausse.
Les données de liquidation montrent l’ampleur de ce mécanisme. Plus de 112,5 millions de dollars de positions ont été liquidés au cours des 24 heures précédentes, dont environ 92,2 millions de dollars de positions vendeuses, contre seulement 20,4 millions de positions acheteuses . Une configuration qui indique que le mouvement a été largement alimenté par le débouclage de paris baissiers.
Un épisode comparable avait soutenu le rebond du 29 juillet : l’ETH était alors remonté depuis un point bas intrajournalier proche de 1 856 dollars, porté par les liquidations de shorts et les entrées dans les ETF .
La demande au comptant a également reçu le renfort de grands détenteurs. D’après les données de Lookonchain, trois portefeuilles créés récemment ont retiré ensemble 30 000 ETH, soit environ 57,6 millions de dollars, de Coinbase Prime en quelques heures . Un retrait de cette ampleur peut traduire un transfert vers de la conservation hors ligne, la finance décentralisée ou une détention de long terme. Dans tous les cas, ces jetons ne sont plus immédiatement disponibles à la vente sur la plateforme.
Le mercredi 5 août, les ETF Ethereum au comptant cotés aux États-Unis ont enregistré 53,1 millions de dollars d’entrées nettes, mettant fin à une brève période de sorties . Ce flux quotidien s’inscrit dans un bilan mensuel positif : les fonds ont attiré 365,17 millions de dollars en juillet, leur meilleur résultat en neuf mois selon les données de SoSoValue .
La dynamique a néanmoins perdu de la vigueur en fin de mois. Les entrées hebdomadaires ont atteint 103,9 millions de dollars sur la semaine terminée le 24 juillet, avant de retomber à 27,42 millions de dollars sur celle terminée le 31 juillet . Les ETF restent donc la principale source de demande en expansion, mais leur rythme n’est pas encore suffisamment régulier pour confirmer une tendance durable.
À titre de comparaison historique, les ETF Ethereum au comptant avaient enregistré un record de 5,41 milliards de dollars d’entrées en juillet 2025 . Cette comparaison doit toutefois être nuancée : les niveaux de prix, les volumes et le contexte de marché ne sont pas les mêmes que ceux de 2026.
La pression potentielle des vendeurs est aussi limitée par une tendance de fond : la quantité d’ETH conservée sur les plateformes d’échange diminue depuis plusieurs années.
L’Exchange Supply Ratio (ESR) mesure la part de l’offre totale d’ETH détenue sur les exchanges. Fin 2025, cet indicateur était tombé autour de 0,137, son niveau le plus bas depuis 2016 . En décembre 2025, les soldes détenus sur les plateformes ne représentaient plus que 8,7 % de l’offre totale, soit une baisse de 43 % depuis juillet de la même année . Sur Binance, l’ESR était descendu autour de 0,0325 .
Cette raréfaction de l’offre liquide constitue un soutien structurel pour le cours si la demande revient. Environ 34 % de l’offre d’ETH est désormais placée en staking, tandis que d’autres montants sont immobilisés dans la finance décentralisée, les solutions de seconde couche ou des dispositifs de conservation institutionnelle . Les analystes associent cette sortie des exchanges aux rendements du staking, à la migration vers les réseaux de couche 2 et à l’accumulation de long terme par les institutions .
Cela ne garantit pas une hausse : les détenteurs peuvent toujours remettre leurs jetons sur le marché. Mais avec moins d’ETH immédiatement disponible sur les plateformes, un retour marqué de la demande pourrait provoquer une tension plus forte sur les prix.
Ethereum a déjà approché les 2 000 dollars à deux reprises en six semaines, et les vendeurs ont à chaque fois repris la main dans un contexte de momentum décroissant . Les prochains niveaux techniques sont donc particulièrement surveillés :
Le risque se concentre sous le marché. Selon les données de CoinGlass, environ 1,016 milliard de dollars de positions acheteuses sont regroupés sous 1 825 dollars. Une cassure de ce niveau pourrait provoquer des liquidations en chaîne et remettre en cause le rebond . Sous 1 754 dollars, le scénario haussier serait entièrement invalidé .
Le manque de volumes sur les dernières cassures constitue le principal signal de prudence. Pour valider une progression vers des objectifs plus élevés, Ethereum devra clôturer au-dessus de la zone 1 900–2 000 dollars avec une participation en hausse . Sans cette confirmation, le mouvement du 6 août peut encore se révéler être un rebond technique plutôt qu’un changement de tendance.
Le marché reste en outre marqué par un environnement macroéconomique défavorable. L’activité on-chain et l’intérêt des particuliers demeurent mesurés, tandis que les flux vers les ETF représentent la seule source de demande actuellement en expansion. Un catalyseur plus large — par exemple un changement de cap de la Réserve fédérale américaine, une avancée réglementaire ou une inflexion du contexte macroéconomique — pourrait être nécessaire pour permettre à l’ETH de franchir durablement 2 000 dollars.
Pour l’instant, Ethereum se trouve dans une zone d’hésitation : la baisse de l’offre disponible et les achats institutionnels fournissent un socle, mais le contexte macroéconomique baissier, le recul du momentum et les résistances proches limitent la portée du rebond. Les prochaines séances, en particulier autour de 1 940–1 965 dollars, permettront de déterminer si l’ETH prépare une véritable reprise ou s’il ne s’agit que d’un nouveau rebond de marché baissier.