Le tournant ? Huit minutes plus tard. Sur une passe de Lee Kang‑in, Hwang In‑beom hérite du ballon dans la surface et, au lieu de frapper en force, mystifie deux défenseurs d’une feinte de tir avant de glisser le cuir hors de portée de Matěj Kovář. Un geste de classe mondiale . L’élan est lancé. À dix minutes du terme, c’est encore Hwang qui se mue en passeur vers le nouvel entrant Oh Hyeon‑gyu, dont la reprise du gauche expédie la Corée du Sud vers un succès 2‑1
. Une réalisation tardive de Tomáš Souček, refusée pour un hors‑jeu, ne changeait rien à l’affaire
.
S’il faut retenir un nom, c’est celui de Hwang In‑beom. L’ancien milieu de Vancouver (MLS) n’a pas seulement inscrit l’égalisation ; il a surtout offert l’offrande du but vainqueur, devenant le troisième sud‑coréen de l’histoire à compiler un but et une passe décisive dans un même match de Coupe du Monde . Sa prestation, saluée comme un véritable show individuel, a été le baromètre de l’entre‑jeu coréen
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Son Heung‑min, attendu comme la superstar, a joué un rôle plus ingrat mais tout aussi essentiel. Très en jambes (6 tirs, 0,65 xG), le capitaine a constamment étiré le bloc tchèque, ouvrant les espaces exploités par Hwang et Oh sans parvenir à concrétiser . Comme l’a souligné la presse, la soirée n’était pas celle du buteur patenté, mais celle des seconds rôles décisifs
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L’entrée en jeu d’Oh Hyeon‑gyu à la 69e minute a aussi démontré la profondeur du banc voulue par le sélectionneur : il n’aura fallu que 11 minutes au joueur pour devenir le héros inattendu de la soirée .
Derrière ce finish éclatant se cache un travail de l’ombre méticuleux. Guadalajara culmine à environ 1 570 mètres d’altitude. Pour Hong Myung‑bo, c’était « la plus grande variable » de la phase de groupes . Dès le 18 mai, la sélection sud‑coréenne a posé ses valises à Salt Lake City (1 460 mètres d’altitude) pour un camp d’acclimatation de trois semaines, utilisant les installations du Real Salt Lake et de l’Université de l’Utah
. Plusieurs matchs amicaux, dont un contre Trinité‑et‑Tobago, ont rythmé la préparation
.
Le choix s’est avéré payant. Alors que la chaleur et la pression montaient, les Sud‑Coréens ont semblé gagner en intensité quand leurs adversaires baissaient de pied. Interrogé après la rencontre, Hong Myung‑bo s’est déclaré « très satisfait » de la condition physique de ses joueurs, estimant que le stage en altitude avait été bénéfique sur le plan physiologique . L’encadrement médical avait justement ciblé une durée de deux semaines pour optimiser les globules rouges et l’hémoglobine – délai parfaitement respecté
.
Si la remontada coréenne aurait dû faire les gros titres, c’est l’image de milliers de sièges rouges désespérément vides qui a le plus marqué les esprits. Le stade Akron, d’une capacité de 45 664 places, affichait officiellement une affluence de 44 985 spectateurs ; or, les images diffusées montraient des travées entières inoccupées, notamment dans le virage Est et près de la tribune VIP . Le magazine Sports Illustrated a parlé du « pire cauchemar de la FIFA dès le premier jour »
.
Face au tollé sur les réseaux sociaux, la FIFA a osé une explication que beaucoup ont jugée risible : des supporters munis de billets seraient « restés dans les coursives » au lieu de regagner leurs places . Une justification qui a alimenté les soupçons de gonflement des chiffres et, plus profondément, la colère contre une politique tarifaire jugée délirante
. Dès le mois précédant le tournoi, les associations de supporters européens tiraient la sonnette d’alarme : les prix avaient été multipliés par cinq par rapport au Mondial 2022, excluant les fans ordinaires dans une ville pourtant passionnée de football
. La vision de gradins dégarnis à Guadalajara, berceau historique du football mexicain, a donné un écho mondial à ce ras‑le‑bol.