Pour transformer cette dynamique en adoption concrète, la stratégie devra inclure des objectifs mesurables. Une feuille de route pourrait fixer des cibles pour l’usage de l’IA dans des secteurs clés comme :
Elle devrait également suivre des indicateurs précis, par exemple la participation des PME, la reconversion professionnelle des travailleurs et le déploiement de l’IA dans les services publics.
Des indicateurs d’inclusion seraient tout aussi essentiels. Mesurer l’adoption parmi les petites entreprises, les travailleurs non techniques, les personnes âgées ou les utilisateurs cantonais permettrait d’éviter que l’IA ne bénéficie qu’à quelques secteurs technologiques.
Un pilier institutionnel important sera le Hong Kong Artificial Intelligence Research and Development Institute (AIRDI), que le gouvernement prévoit de créer avec environ 1 milliard de dollars hongkongais de financement pour soutenir la recherche et les applications de l’IA .
Pour que l’« IA pour tous » fonctionne réellement, cet institut ne devrait pas se limiter à financer la recherche. Il pourrait aussi :
En mettant l’accent sur des applications utilisables dans la vie réelle, AIRDI pourrait aider à faire sortir l’IA des laboratoires pour l’amener dans les activités quotidiennes.
Le développement de l’IA dépend de plus en plus d’énormes capacités de calcul. Si ces ressources restent réservées aux grandes entreprises ou aux laboratoires d’élite, les petites organisations et les projets d’intérêt public risquent d’être exclus.
Hong Kong a déjà investi dans des infrastructures d’IA, notamment des clusters de recherche et des initiatives de calcul liées à son écosystème d’innovation . Mais l’accès pourrait être encore élargi grâce à :
Un système d’accès par niveaux — expérimentation gratuite, usage subventionné pour les PME et subventions de recherche compétitives — permettrait de soutenir à la fois l’innovation économique et les applications sociales.
Hong Kong dispose déjà d’une base solide de recherche en IA grâce à des initiatives comme InnoHK et le Hong Kong Generative AI Research and Development Center (HKGAI), une collaboration entre universités axée sur l’IA générative et les applications adaptées au contexte local .
Un exemple notable est HKChat, un chatbot basé sur un grand modèle de langage développé localement pour correspondre aux réalités linguistiques et culturelles de Hong Kong .
Transformer ces outils en plateformes publiques fiables — utilisées dans les écoles, les administrations ou les organisations communautaires — pourrait rendre l’IA accessible à des personnes qui n’interagiront jamais directement avec des systèmes techniques avancés.
Les modèles locaux doivent notamment gérer :
Sans cette localisation, de nombreux habitants et entreprises trouveront les outils d’IA moins utiles ou plus difficiles à adopter.
Une manière de démocratiser l’IA consiste à l’intégrer directement dans les services du quotidien. Des outils publics pourraient aider les habitants à :
Proposés via des bibliothèques, des centres communautaires ou des applications mobiles, ces services garantiraient que même les personnes sans compétences techniques — ou sans appareil personnel — puissent bénéficier de l’IA.
Les petites et moyennes entreprises constituent l’épine dorsale de l’économie de Hong Kong, mais elles manquent souvent de ressources pour expérimenter avec l’IA.
Des mesures pratiques pourraient inclure :
Ces programmes devraient porter non seulement sur la technologie elle‑même, mais aussi sur la transformation des processus de travail et la formation des employés.
Une inclusion durable passe par une littératie en IA largement partagée. Hong Kong a déjà prévu 2 milliards de dollars hongkongais via le Quality Education Fund pour soutenir l’éducation numérique dans les écoles primaires et secondaires, incluant des programmes de formation pour les enseignants et un cadre de compétences en IA .
L’enseignement de l’IA devrait être intégré dans l’ensemble des disciplines — pas seulement dans les matières STEM — afin d’aider les élèves à comprendre son impact sur les langues, les arts, le commerce et bien d’autres domaines.
La reconversion professionnelle est tout aussi cruciale. Des certifications courtes et modulaires proposées par des universités, des établissements de formation professionnelle et les entreprises pourraient aider les travailleurs à acquérir des compétences concrètes liées à l’IA.
Au niveau national, l’initiative AI+ vise à intégrer l’intelligence artificielle dans l’économie et la société à grande échelle dans les années à venir . Hong Kong peut adapter ce cadre via des projets pilotes dans des secteurs tels que :
Chaque projet devrait définir clairement le problème à résoudre, les données utilisées, les organismes responsables et les mécanismes de protection de la vie privée.
Les projets réussis pourraient ensuite être étendus à l’ensemble de la ville.
L’adoption généralisée de l’IA dépendra aussi de la confiance du public. Les habitants doivent être convaincus que les systèmes d’IA utilisés par les entreprises ou les administrations sont sûrs, transparents et équitables.
Des cadres de gouvernance robustes — couvrant les normes d’achat public, la protection des données, les audits et la supervision humaine — seront essentiels pour garantir une utilisation responsable.
Les applications à haut risque, notamment dans la santé, l’emploi, la finance ou les services publics, devraient faire l’objet d’évaluations particulièrement rigoureuses.
Hong Kong possède déjà plusieurs éléments clés : des instituts de recherche, des initiatives d’IA générative, des investissements dans l’éducation et une stratégie d’adoption en expansion.
Le véritable test sera simple et concret. Si un restaurateur, un enseignant, une startup logistique, un travailleur social ou une personne âgée peuvent tous utiliser l’IA de manière sûre et productive, alors Hong Kong aura réussi à instaurer une véritable inclusion numérique par l’IA.
Dans le cas contraire, la ville pourrait développer une industrie de l’IA performante — mais manquer l’objectif plus ambitieux d’une « IA pour tous ».