Selon Calacanis, ces deux réseaux sont en train de « livrer de nouveaux produits », et pas seulement d’accumuler les projets et les promesses . Cette déclaration constitue un véritable changement de cap concernant Solana, tout en prolongeant son conflit avec la stratégie d’accumulation de bitcoins menée par Michael Saylor via Strategy.
Le raisonnement de Calacanis repose sur une distinction entre les actifs qu’il considère comme « productifs » et ceux dont la valeur dépendrait principalement d’un récit de marché. Dans son message, il explique que, si son frère détenait du Bitcoin, il lui conseillerait d’en vendre la moitié pour financer des projets comme TAO et SOL .
L’investisseur estime que Solana et Bittensor développent des usages et des produits tangibles, alors que Bitcoin aurait, à ses yeux, peu évolué au-delà de son rôle d’actif spéculatif .
Son intérêt pour Bittensor n’est d’ailleurs pas théorique. Calacanis affirme avoir investi environ 500 millions de dollars dans TAO, ce qui en fait un observateur directement exposé et non un commentateur neutre . Dans un épisode de This Week in Startups diffusé en mars 2026, il a même avancé que le token pourrait être multiplié par 200 sur cinq à dix ans, jusqu’à soutenir une capitalisation de 500 milliards de dollars . Il a indiqué être entré autour de 150 à 160 dollars, tandis que TAO a évolué entre environ 258 et 330 dollars à différents moments de 2026 .
Le soutien affiché à SOL contraste fortement avec les propos tenus par Calacanis fin décembre 2023. À l’époque, il jugeait Solana « grossly overpriced », ou « largement surévalué », alors que sa capitalisation approchait 46 milliards de dollars. Il comparait cette valorisation à celle d’entreprises comme DoorDash, Palantir et Spotify, et demandait quelles activités économiques ou applications grand public pouvaient réellement la justifier .
Cette prudence s’était prolongée jusqu’au début de 2025. Calacanis répétait notamment qu’il n’avait « jamais possédé de SOL » et que personne ne lui avait expliqué d’utilité significative du réseau au-delà de la spéculation .
En août 2026, le discours est devenu presque inverse : Solana fait désormais partie des « projets productifs » qu’il recommande. Son revirement intervient alors que le SOL testait une zone de support importante autour de 74 dollars, les traders surveillant un éventuel signal de reprise . Calacanis semble considérer que les applications développées sur le réseau, les flux liés aux ETF et des mises à niveau comme Firedancer ont depuis renforcé sa thèse .
Le changement d’opinion sur Solana ne signifie pas que Calacanis soit devenu un partisan du modèle Bitcoin de Strategy, l’entreprise anciennement appelée MicroStrategy. Il reste l’un de ses critiques les plus virulents.
Un risque de centralisation. Calacanis affirme que le principal problème du Bitcoin vient désormais du fait qu’« une personne sème le chaos », en référence à l’influence considérable de Michael Saylor et aux achats massifs de BTC réalisés par Strategy . Dans un podcast de septembre 2025, il estimait déjà que la concentration croissante des avoirs pouvait éloigner Bitcoin de sa promesse de décentralisation et de démocratisation .
Une possible distorsion du prix. Il s’est demandé si le cours actuel du Bitcoin ne bénéficiait pas artificiellement des achats répétés de Saylor plutôt que d’une demande organique. En avril 2026, il a demandé à l’agent d’intelligence artificielle Grok quel serait le prix du BTC si Saylor n’avait pas injecté plus de 61 milliards de dollars sur le marché depuis 2020 ; l’analyse de l’IA évoquait un niveau nettement inférieur .
Une « enveloppe complexe » autour du Bitcoin. Calacanis décrit Strategy comme un intermédiaire inutile : une structure qui ajoute de la dette, un risque de liquidation et plusieurs niveaux de complexité sans avantage évident par rapport à la détention directe de bitcoins . Il souligne aussi que les actionnaires ordinaires se trouvent au bas de la hiérarchie en cas de liquidation, avec un risque de perte totale si les actifs doivent être vendus .
Aucun sauvetage public. L’investisseur a déclaré qu’il ne toucherait « jamais » à l’action Strategy, même après un éventuel effondrement de son cours. Il a également soutenu qu’il ne devrait pas y avoir de plan de sauvetage du Bitcoin si l’entreprise se retrouvait en difficulté financière .
La recommandation de Calacanis n’est pas arrivée au hasard du calendrier. Il a présenté le Bitcoin comme ayant atteint un « power bottom » le 3 août 2026 . Dans le même temps, Solana évoluait près de 74 dollars, dans une zone hebdomadaire considérée comme un support ou une zone de demande importante .
Le TAO, lui, se négociait autour de 258 à 300 dollars à différents moments de 2026, soit au-dessus de la zone d’entrée personnelle revendiquée par Calacanis, située entre 150 et 160 dollars .
L’intéressé a toutefois reconnu le caractère hautement spéculatif de son propos. Dans une publication distincte en juillet 2026, il avait conseillé à ses abonnés d’acheter un seul TAO avant de qualifier lui-même cette suggestion de « terrible financial advice ». Il plaisantait en ajoutant que les acheteurs allaient probablement perdre la totalité de leurs 200 dollars .
L’intérêt de cette déclaration tient donc autant à son contenu qu’à son auteur. Calacanis ne se contente pas de préférer deux tokens à un autre : il oppose une vision du secteur centrée sur la livraison de produits — notamment dans l’intelligence artificielle décentralisée — à une approche du Bitcoin qu’il juge trop dépendante de la spéculation et de l’influence d’une seule entreprise.