Jusqu’au début du mois, le règlement des stades permettait aux spectateurs d’apporter une bouteille en plastique transparent, réutilisable et vide, d’une contenance maximale d’un litre. Cette règle a été retirée dans une mise à jour de 35 pages. Le nouveau document, daté du 4 juin, interdit explicitement l’entrée de toutes les bouteilles réutilisables, quel que soit leur contenu . La FIFA a justifié cette décision par des motifs de « sécurité et de sûreté », évoquant la volonté de « prévenir les risques et les blessures pour les joueurs et les spectateurs » .
La réaction ne s’est pas fait attendre. Des responsables politiques des villes hôtes, en particulier à Toronto, ont immédiatement fait part de leurs inquiétudes . Des groupes de supporters ont dénoncé une mesure « dangereuse » et « anti‑consommateur », d’autant plus incompréhensible qu’elle coïncidait avec l’arrivée d’une canicule précoce en Amérique du Nord .
Le lendemain, la FIFA a publié une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle son directeur des opérations, Heimo Schirgi, annonçait une « clarification ». Chaque spectateur pourra finalement entrer dans les stades américains et canadiens avec « une bouteille d’eau en plastique souple, jetable, scellée en usine, d’une capacité maximale de 20 onces », soit environ 590 millilitres .
La marche arrière est toutefois limitée : les bouteilles rigides et tous les contenants réutilisables restent formellement interdits . Comme les supporters ne peuvent toujours pas franchir les contrôles de sécurité avec une bouteille vide, toute fontaine à eau ou tout distributeur installé dans l’enceinte devient en pratique inutilisable . Chaque spectateur pourra donc acheter une bouteille scellée chez son épicier avant le match, mais une fois celle-ci terminée, la seule option sera d’acheter de l’eau aux points de vente du stade.
L’interdiction des bouteilles réutilisables a, en quelques heures, fédéré contre elle des acteurs qui se rejoignent rarement aussi vite. À Toronto, les autorités municipales ont confirmé avoir fait remonter leurs interrogations directement auprès de la FIFA . D’autres élus ont publiquement jugé la mesure dangereuse, tout comme les associations de supporters .
Sur le plan sanitaire, les défenseurs de la santé publique ont pointé un risque concret. Le Mondial se déroule en juin et juillet dans des villes nord‑américaines où les températures peuvent être extrêmes, et plusieurs stades offrent peu, voire pas de zones ombragées . Empêcher les fans de transporter leur propre eau ou de remplir une bouteille vide augmente le risque de déshydratation et de coups de chaleur, alertent-ils .
L’affaire est d’autant plus embarrassante que le malaise était partagé en interne. Selon une enquête de The Athletic, des membres des équipes de sécurité et de sûreté de la FIFA s’étaient opposés au projet, avertissant du danger sanitaire qu’il représentait. Le même média évoque « des mois de tensions au sein de la FIFA autour de cette politique » .
La polémique ne se limite pas à un choix de sécurité contestable ; elle pose la question du conflit d’intérêts. Coca‑Cola est partenaire de la FIFA depuis un demi‑siècle. Présente sur les panneaux publicitaires des stades depuis 1950, la marque est devenue sponsor officiel en 1978 et bénéficie aujourd’hui du rang le plus élevé, celui de « Partenaire FIFA », avec des droits exclusifs sur toutes les boissons non alcoolisées vendues dans les enceintes du Mondial . Concrètement, chaque eau, soda ou boisson énergétique proposée aux buvettes est une marque du groupe : l’eau Dasani et le Powerade, notamment .
Avec l’interdiction des contenants réutilisables, les spectateurs qui voudront s’hydrater au‑delà des 590 ml initiaux devront acheter une boisson à un point de vente Coca‑Cola. Pour de nombreux observateurs, le mécanisme est limpide : la sécurité est invoquée, mais le résultat commercial bénéficie directement au plus gros partenaire de la FIFA. The Athletic cite une source selon qui la décision d’origine était « fortement influencée par des considérations commerciales » .
Interrogée, la FIFA n’a pas commenté publiquement cette hypothèse. Mais la simultanéité entre la vague de chaleur, un règlement qui limite l’accès à l’eau gratuite et un quasi‑monopole commercial en tribunes a suffi à ancrer les soupçons dans le débat public .
La « clarification » du 5 juin a permis à la FIFA d’éteindre l’incendie médiatique le plus immédiat, mais le fond du problème persiste. Le maintien de l’interdiction des bouteilles réutilisables continue de priver les supporters d’un accès libre à l’eau dans des conditions météorologiques éprouvantes.
À l’ouverture du tournoi, la question reste posée : la FIFA a-t-elle choisi la sécurité des supporters ou celle de son contrat de sponsoring le plus emblématique ? La réponse se trouvera peut‑être dans les tribunes, au bord de la déshydratation, un Powerade à la main.
Jusqu’au début du mois, le règlement des stades permettait aux spectateurs d’apporter une bouteille en plastique transparent, réutilisable et vide, d’une contenance maximale d’un litre. Cette règle a été retirée dans une mise à jour de 35 pages. Le nouveau document, daté du 4 juin, interdit explicitement l’entrée de toutes les bouteilles réutilisables, quel que soit leur contenu . La FIFA a justifié cette décision par des motifs de « sécurité et de sûreté », évoquant la volonté de « prévenir les risques et les blessures pour les joueurs et les spectateurs » .
La réaction ne s’est pas fait attendre. Des responsables politiques des villes hôtes, en particulier à Toronto, ont immédiatement fait part de leurs inquiétudes . Des groupes de supporters ont dénoncé une mesure « dangereuse » et « anti‑consommateur », d’autant plus incompréhensible qu’elle coïncidait avec l’arrivée d’une canicule précoce en Amérique du Nord .
Le lendemain, la FIFA a publié une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle son directeur des opérations, Heimo Schirgi, annonçait une « clarification ». Chaque spectateur pourra finalement entrer dans les stades américains et canadiens avec « une bouteille d’eau en plastique souple, jetable, scellée en usine, d’une capacité maximale de 20 onces », soit environ 590 millilitres .
La marche arrière est toutefois limitée : les bouteilles rigides et tous les contenants réutilisables restent formellement interdits . Comme les supporters ne peuvent toujours pas franchir les contrôles de sécurité avec une bouteille vide, toute fontaine à eau ou tout distributeur installé dans l’enceinte devient en pratique inutilisable . Chaque spectateur pourra donc acheter une bouteille scellée chez son épicier avant le match, mais une fois celle-ci terminée, la seule option sera d’acheter de l’eau aux points de vente du stade.
L’interdiction des bouteilles réutilisables a, en quelques heures, fédéré contre elle des acteurs qui se rejoignent rarement aussi vite. À Toronto, les autorités municipales ont confirmé avoir fait remonter leurs interrogations directement auprès de la FIFA . D’autres élus ont publiquement jugé la mesure dangereuse, tout comme les associations de supporters .
Sur le plan sanitaire, les défenseurs de la santé publique ont pointé un risque concret. Le Mondial se déroule en juin et juillet dans des villes nord‑américaines où les températures peuvent être extrêmes, et plusieurs stades offrent peu, voire pas de zones ombragées . Empêcher les fans de transporter leur propre eau ou de remplir une bouteille vide augmente le risque de déshydratation et de coups de chaleur, alertent-ils .
L’affaire est d’autant plus embarrassante que le malaise était partagé en interne. Selon une enquête de The Athletic, des membres des équipes de sécurité et de sûreté de la FIFA s’étaient opposés au projet, avertissant du danger sanitaire qu’il représentait. Le même média évoque « des mois de tensions au sein de la FIFA autour de cette politique » .
La polémique ne se limite pas à un choix de sécurité contestable ; elle pose la question du conflit d’intérêts. Coca‑Cola est partenaire de la FIFA depuis un demi‑siècle. Présente sur les panneaux publicitaires des stades depuis 1950, la marque est devenue sponsor officiel en 1978 et bénéficie aujourd’hui du rang le plus élevé, celui de « Partenaire FIFA », avec des droits exclusifs sur toutes les boissons non alcoolisées vendues dans les enceintes du Mondial . Concrètement, chaque eau, soda ou boisson énergétique proposée aux buvettes est une marque du groupe : l’eau Dasani et le Powerade, notamment .
Avec l’interdiction des contenants réutilisables, les spectateurs qui voudront s’hydrater au‑delà des 590 ml initiaux devront acheter une boisson à un point de vente Coca‑Cola. Pour de nombreux observateurs, le mécanisme est limpide : la sécurité est invoquée, mais le résultat commercial bénéficie directement au plus gros partenaire de la FIFA. The Athletic cite une source selon qui la décision d’origine était « fortement influencée par des considérations commerciales » .
Interrogée, la FIFA n’a pas commenté publiquement cette hypothèse. Mais la simultanéité entre la vague de chaleur, un règlement qui limite l’accès à l’eau gratuite et un quasi‑monopole commercial en tribunes a suffi à ancrer les soupçons dans le débat public .
La « clarification » du 5 juin a permis à la FIFA d’éteindre l’incendie médiatique le plus immédiat, mais le fond du problème persiste. Le maintien de l’interdiction des bouteilles réutilisables continue de priver les supporters d’un accès libre à l’eau dans des conditions météorologiques éprouvantes.
À l’ouverture du tournoi, la question reste posée : la FIFA a-t-elle choisi la sécurité des supporters ou celle de son contrat de sponsoring le plus emblématique ? La réponse se trouvera peut‑être dans les tribunes, au bord de la déshydratation, un Powerade à la main.