Concrètement, « Ask Copilot » est une refonte radicale de la zone de recherche de votre barre des tâches. Imaginez : au lieu de la traditionnelle petite loupe, vous activez (si vous le souhaitez) un compositeur conversationnel Copilot. En cliquant sur la zone de recherche – ou via un raccourci clavier – une interface de type chat, discrète et flottante, s’ouvre. Vous pouvez y taper votre demande ou lui parler directement .
La différence fondamentale avec le panneau latéral Copilot d’antan, c’est que « Ask Copilot » n’est pas un simple navigateur web déguisé. Il s’appuie sur l’index de Windows Search et va prioriser vos fichiers locaux, vos applications, vos réglages et vos documents professionnels (OneDrive, SharePoint) avant d’aller chercher une réponse sur le web .
Au-delà de la recherche, « Ask Copilot » devient une porte d’entrée vers les capacités agentiques de Microsoft 365. Des agents IA, ces outils capables d’effectuer des tâches complexes en arrière-plan, pourront être lancés, surveillés et interrompus directement depuis la barre des tâches. Un indicateur de progression apparaîtra pour les opérations longues, transformant ainsi votre barre des tâches en un véritable tableau de bord, et plus seulement en un dock à icônes .
Fini de lancer une conversation et de la perdre dans un panneau latéral. Vous lancez une tâche à un agent et vous suivez son avancement tout en continuant à travailler sur autre chose, sans perdre le fil.
Le lancement d’« Ask Copilot » est indissociable de l’effort « K2 » visant à corriger ce qui était perçu comme un excès d’IA dans Windows 11 . Microsoft a déjà commencé à faire le ménage, en supprimant les boutons Copilot de l’Outil Capture d’écran et de Photos, et en remplaçant dans le Bloc-Notes l’icône ambiguë par un libellé plus clair, « Outils de rédaction » .
L’idée est simple : la barre des tâches est l’un des points d’interaction les plus fréquents du système. Y concentrer l’IA, de manière ciblée et optionnelle, permet à Microsoft de proposer une expérience d’assistant de premier plan sans submerger les utilisateurs qui ne veulent pas d’IA dans la moindre petite application .
Attention, « Ask Copilot » ne sera pas une fonction universelle activée par défaut pour tous. Selon des documents internes, le déploiement est explicitement ciblé vers les professionnels en entreprise utilisant Microsoft 365, que Microsoft appelle en interne « Frontier Firms ». Les PC grand public ne verront pas la fonction activée, et l’expérience reste totalement optionnelle et désactivable par l’utilisateur ou par les administrateurs via Microsoft Intune. Un programme pilote sera d’abord proposé aux entreprises clientes, pour une disponibilité générale attendue courant 2026, même si les dates peuvent encore évoluer .
En parallèle, Microsoft muscle son jeu sur les PC « Copilot+ » équipés d’un processeur neuronal (NPU). La fonction Click to Do permettra de convertir un tableau affiché à l’écran (dans une image, un PDF, etc.) en une feuille de calcul Excel entièrement modifiable .
L’intelligence de cette fonction est qu’elle s’exécute entièrement sur votre machine, grâce à la puce NPU et des modèles de vision locaux. Aucune donnée n’est envoyée dans le cloud. L’extraction, la reconnaissance et le formatage se font en local, un choix technique délibéré pour rassurer les entreprises les plus sensibles à la sécurité de leurs données .
Le pivot vers « Ask Copilot » n’est pas un hasard de feuille de route. C’est un aveu que Microsoft a bien écouté les critiques sur ses précédents déploiements d’IA, jugés trop intrusifs :
Pour un système d’exploitation qui a vu des vagues de fonctionnalités IA accueillies avec scepticisme, « Ask Copilot » représente une approche plus mature : réduire le bruit, mériter l’adhésion de l’utilisateur, et donner aux services informatiques un vrai contrôle sur ce qui s’exécute dans leur environnement.