Le Vietnam devient ainsi le deuxième client à l’export du système BrahMos, après les Philippines qui avaient signé un accord en 2022 . Jusqu’à cette annonce à Singapour, la signature était restée confidentielle, M. Singh ayant lui-même précisé que le contrat était « déjà signé » mais n’avait pas encore été rendu public
. Le montage financier, estimé à 629 millions de dollars, inclut vraisemblablement non seulement les missiles et leurs rampes de lancement, mais aussi une formation complète et un soutien logistique
. Au vu de la position géographique du Vietnam, à la fois voisin de la Chine et acteur clé des contestations territoriales en mer de Chine méridionale, certains analystes n’hésitent pas à qualifier cet accord de « tir direct contre la Chine »
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En parallèle, le secrétaire à la Défense a confirmé l’imminence d’un contrat similaire avec l’Indonésie, désormais « en phase finale » . Dès mars 2026, Jakarta avait annoncé avoir trouvé un accord de principe pour acquérir le système BrahMos auprès de l’Inde, par la voix du porte-parole du ministère de la Défense indonésien, Rico Ricardo Sirait, qui évoquait un besoin urgent de modernisation des capacités de défense maritime
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Les chiffres varient selon les sources et les étapes des discussions. Les premières estimations tablaient sur un contrat entre 200 et 350 millions de dollars. Des rapports plus récents évoquent, eux, un accord potentiel de 450 millions de dollars pour une configuration multi-batteries . Un rapport de mars 2026 a même suggéré qu’un contrat ferme de 300 millions de dollars, pour trois batteries côtières avec un délai de livraison de 36 mois, aurait déjà été signé
. Les déclarations de M. Singh à Shangri-La confirment que les derniers détails sont en passe d’être réglés.
Ces signatures ne sont pas des opérations isolées. Elles s’inscrivent au cœur de la stratégie « Defence Atmanirbharta » (autonomie stratégique) de l’Inde, qui vise à faire du pays un exportateur d’armement de premier plan . Le missile BrahMos, développé en coentreprise avec la Russie, est devenu le produit phare de cette ambition. « L'Inde partage sa technologie avec ses amis » et a un « engagement fort envers les nations de l'ASEAN », a insisté Rajesh Kumar Singh
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La liste des clients potentiels s’allonge :
Ces succès à l’export se traduisent en chiffres. BrahMos Aerospace a annoncé un chiffre d’affaires de 5 200 crores de roupies pour l’exercice 2025-2026. Les exportations totales de défense de l’Inde ont atteint un niveau record de 21 083 crores de roupies (environ 2,5 milliards de dollars) l’année précédente, soit une hausse de 32 %. Le ministre indien de la Défense, Rajnath Singh, a fixé un objectif de 50 000 crores de roupies d’exportations d’ici 2030 .
Le principal moteur de cette triplette de contrats — signé avec les Philippines, finalisé avec le Vietnam, en bonne voie avec l’Indonésie — reste l’escalade des tensions en mer de Chine méridionale, où ces trois pays ont des contentieux territoriaux actifs avec la Chine . Avec sa vitesse supersonique (entre Mach 2,8 et Mach 3,0) et sa portée de 290 km pour les versions export, le BrahMos est une arme idéale pour des stratégies de « déni d’accès et d’interdiction de zone » (A2/AD) en défense côtière
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L’intérêt stratégique de l’Inde s’aligne parfaitement sur ces ventes. En plaçant des armements de pointe entre les mains des voisins méridionaux de la Chine, New Delhi se constitue un « pare-feu » stratégique face à l’affirmation de puissance de Pékin. Elle utilise sa production de défense pour bâtir une coalition de partenaires confrontés aux mêmes pressions géopolitiques . Pour les pays acquéreurs, cette diversification de l’offre représente surtout une alternative à la dépendance traditionnelle envers les États-Unis ou la Chine, une dynamique qui, selon les analystes, remet en cause le traditionnel face-à-face des grandes puissances dans la région
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