Ces politiques répondent à des inquiétudes concernant la concentration, les apprentissages fondamentaux et la santé mentale. Elles ne reposent toutefois pas toutes sur le même niveau de preuve ni sur les mêmes objectifs : certaines ciblent les téléphones, d’autres les réseaux sociaux, et d’autres encore l’usage de l’IA dans les devoirs et les cours.
Le plan directeur hongkongais s’appuie sur deux documents complémentaires :
La stratégie repose sur plusieurs axes.
L’objectif affiché est de faire de l’IA un objet d’apprentissage, mais aussi un outil à utiliser avec recul. Le plan vise notamment à harmoniser des pratiques jusque-là dispersées entre les établissements et à renforcer l’esprit critique afin d’éviter une dépendance excessive à l’intelligence artificielle .
| Dimension | Hong Kong | Australie, Norvège, Suède et Royaume-Uni |
|---|---|---|
| IA en classe | Intégrée au programme grâce à un cadre de culture IA ; utilisation encadrée et supervisée | Restrictions fortes pour les plus jeunes en Norvège ; politiques de limitation des appareils dans les autres pays |
| Réseaux sociaux | Pas d’interdiction territoriale des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans dans les éléments disponibles | Interdiction australienne pour les moins de 16 ans ; mesures similaires envisagées en Norvège et étudiées au Royaume-Uni |
| Téléphones portables | Pas d’interdiction générale à l’échelle du territoire ; organisation laissée aux écoles | Interdiction nationale prévue en Suède, interdiction scolaire déjà en place en Norvège et politique du « sans téléphone » au Royaume-Uni |
| Philosophie centrale | Donner aux élèves des compétences techniques et un jugement éthique | Réduire l’exposition aux risques par la restriction de l’accès |
| Garde-fous | Autorisation préalable, supervision enseignante, vérification humaine et éducation aux valeurs | Lois, contrôles d’âge, sanctions financières et interdictions directes |
La stratégie hongkongaise part d’un constat pragmatique : une interdiction générale peut être difficile à faire respecter, comme semblent le montrer les difficultés rencontrées par l’Australie, qui cherche déjà à renforcer l’application de sa loi .
Elle repose aussi sur l’idée qu’une compétence durable ne se limite pas à tenir un outil à distance. Les élèves doivent savoir reconnaître une information inexacte, comprendre les limites d’un modèle d’IA, protéger leurs données, citer correctement une aide automatisée et conserver leur capacité à raisonner sans assistance.
La Norvège défend une logique différente. Son choix de restreindre fortement l’IA chez les plus jeunes intervient dans un contexte de baisse des résultats aux évaluations nationales, notamment en lecture et en mathématiques . Le pays a également indiqué que l’interdiction des smartphones dans les écoles en 2024 avait été suivie d’une diminution d’environ 60 % des consultations auprès de spécialistes en psychologie . Ces indicateurs éclairent la décision norvégienne, mais ils ne suffisent pas à démontrer qu’une interdiction de l’IA constitue partout la meilleure réponse à long terme.
Le principal risque de l’approche « apprendre, ne pas interdire » est qu’elle dépend fortement de la qualité de son application dans chaque établissement. Des règles générales, une formation inégale des enseignants ou une supervision insuffisante pourraient laisser les élèves exposés aux effets indésirables de l’IA et des réseaux sociaux, en particulier en dehors de l’école.
Le cadre hongkongais tente de répondre à ce problème par l’éducation aux valeurs, la culture numérique et la responsabilité humaine plutôt que par une interdiction législative. Cette méthode exige toutefois des consignes claires, des enseignants suffisamment formés et une évaluation régulière de ses effets sur les apprentissages et le bien-être.
Les éléments disponibles ne montrent pas que Hong Kong prépare une interdiction générale des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans ou une interdiction territoriale des téléphones dans les écoles. La direction actuelle privilégie clairement le développement des compétences numériques et de l’esprit critique, avec des restrictions décidées au niveau des établissements lorsque cela est nécessaire.
Cette orientation n’exclut pas un durcissement ultérieur des règles. Si les données sur le bien-être des élèves se dégradaient nettement, la référence à l’« attention humaniste » et aux valeurs éthiques pourrait conduire Hong Kong à renforcer les garde-fous scolaires. Mais, à ce stade, la ville mise davantage sur des utilisateurs mieux formés que sur des outils totalement bannis.