Mais il ne s’agirait pas, à ce stade, d’un rachat classique. Le schéma envisagé combinerait une licence sur la technologie de Mechanize et l’embauche de plusieurs de ses ingénieurs. Une formule déjà utilisée par Google, qui lui permet de récupérer des technologies et des profils recherchés sans intégrer nécessairement la start-up dans son ensemble .
D’après quatre personnes au fait des discussions, citées dans un premier temps par Business Insider, l’accord potentiel comprendrait :
Les investisseurs de Mechanize comprennent notamment l’ancien directeur général de GitHub Nat Friedman, le cofondateur de Stripe Patrick Collison, Daniel Gross et le podcasteur Dwarkesh Patel .
Google a déjà conclu des accords similaires avec Windsurf et Character AI. Ce type de montage — licence technologique et recrutement ciblé — peut réduire les risques liés à l’intégration d’une entreprise entière et limiter l’exposition à un examen antitrust, sans pour autant faire disparaître les questions réglementaires .
Fondée en 2025 par Tamay Besiroglu, cofondateur d’Epoch AI, Matthew Barnett et Ege Erdil, Mechanize ne commercialise pas principalement un assistant de programmation destiné au grand public. Son activité se situe davantage en amont : elle développe des environnements virtuels de simulation, des benchmarks d’évaluation et des systèmes de notation pour entraîner et tester les agents d’IA sur des tâches concrètes de développement logiciel .
L’objectif est de mesurer ce que ces agents savent réellement faire, de repérer leurs erreurs et d’améliorer leur fiabilité. À terme, cette infrastructure doit aider à faire passer les outils d’IA de démonstrations impressionnantes à des usages suffisamment robustes pour les entreprises .
En avril 2026, Mechanize avait levé 9,1 millions de dollars lors d’un tour de table d’amorçage, sur la base d’une valorisation de 500 millions de dollars . Cette levée se situait dans le 99e percentile des tours comparables, selon Dealroom, ce qui était déjà exceptionnel pour une entreprise aussi jeune .
Si l’accord de plus de 1,5 milliard de dollars se concrétisait, il représenterait environ trois fois cette valorisation en un peu plus de trois mois . L’écart illustre la valeur stratégique accordée aujourd’hui aux outils d’évaluation et aux ingénieurs capables d’améliorer les performances des modèles de programmation.
Les discussions s’inscrivent dans une compétition intense entre Google, Microsoft et GitHub, ainsi qu’OpenAI, pour prendre l’avantage dans les outils de développement dopés à l’IA . Pour Google, Mechanize pourrait fournir un raccourci vers de meilleurs modèles capables de comprendre, générer et vérifier du code.
Plusieurs tendances se dégagent :
Le montant rapporté ne correspond pas à une transaction finalisée. Les discussions sont toujours en cours et leurs conditions peuvent évoluer . Plusieurs incertitudes subsistent :
| Point d’incertitude | Ce que l’on sait |
|---|---|
| Les négociations peuvent échouer | Aucun accord définitif n’a été annoncé, et les termes évoqués pourraient encore changer . |
| Le risque réglementaire demeure | Un accord d’une telle ampleur, portant sur une technologie potentiellement stratégique pour la concurrence, pourrait attirer l’attention des autorités, notamment dans le contexte des procédures déjà engagées contre Google . |
| La structure financière reste floue | On ignore quelle part des 1,5 milliard de dollars serait versée immédiatement et quelle part dépendrait de la durée de présence des recrues, d’objectifs ou d’étapes précises . |
| D’autres offres sont possibles | Des concurrents pourraient proposer une alternative à Mechanize avant la conclusion éventuelle de l’accord . |
Google et Mechanize ont refusé de commenter publiquement ces discussions .
En résumé, Google chercherait à acheter un accès rapide à des technologies et à des compétences susceptibles d’améliorer ses capacités de programmation par IA, à un prix particulièrement élevé. Le montage envisagé est plus limité qu’une acquisition complète, mais il n’élimine ni l’incertitude commerciale ni les risques réglementaires. À ce stade, l’accord reste donc une négociation — pas encore une opération conclue.