| Comportement des fournisseurs | La capacité DRAM continue d’être réorientée vers les applications serveur |
Il faut toutefois manier avec prudence l’idée d’un quasi-doublement. Une hausse de 58 à 63 % en un trimestre est considérable, mais elle ne correspond pas à une augmentation de 100 % dans le repère TrendForce cité pour le T2 2026 . Et ce chiffre porte sur la DRAM conventionnelle : il ne signifie pas que chaque contrat de DRAM mobile augmentera exactement au même rythme.
L’élément central est la demande liée aux serveurs d’intelligence artificielle. TrendForce indique que les prix contractuels de la mémoire sont poussés à la hausse parce que les fournisseurs de services cloud verrouillent leur approvisionnement via des accords de long terme, tandis que les fabricants de DRAM continuent de déplacer leur capacité vers les applications serveur .
Pour les fabricants de smartphones, le problème est simple : ils n’achètent pas leur mémoire dans une bulle séparée. Quand une part plus importante de la capacité et de la priorité industrielle va aux produits destinés aux serveurs, les marques de téléphones se retrouvent face à un marché plus tendu, même si la demande de smartphones n’a pas soudainement explosé .
IDC décrit le même déséquilibre à l’échelle du marché : les prix de la DRAM ont fortement augmenté parce que la demande des centres de données dédiés à l’IA continue de dépasser l’offre, avec des répercussions sur les marchés des smartphones et des PC .
Les signaux cités pointent moins vers une vague soudaine d’achats de téléphones que vers un problème d’allocation de l’offre. TrendForce souligne que les fournisseurs déplacent de la capacité DRAM vers les applications serveur, même alors que certains marchés finaux présentent des risques de demande plus faible .
Autrement dit, les smartphones se retrouvent repricés par la concurrence de l’infrastructure d’IA. Le marché mobile n’est pas nécessairement la source de la flambée ; il fait partie des marchés qui doivent l’absorber.
La mémoire pèse suffisamment lourd dans le coût d’un smartphone pour que les marques puissent difficilement ignorer une hausse brutale. IDC estime que la mémoire peut représenter 15 à 20 % de la nomenclature, ou coût des composants, d’un smartphone de milieu de gamme, et 10 à 15 % pour un modèle haut de gamme .
TrendForce a aussi averti que l’envolée des prix de la mémoire devrait peser fortement sur la production mondiale de smartphones en 2026. L’institut souligne que des prix de détail plus élevés pourraient se heurter à la tolérance des consommateurs .
Pour les marques, plusieurs effets sont donc possibles : marges plus faibles, prix de vente plus élevés, plans de production ajustés ou configurations mémoire plus prudentes. Les données disponibles ne permettent pas de prédire un résultat uniforme pour tous les modèles. Elles indiquent en revanche une direction nette : la hausse de la mémoire rend les smartphones de 2026 plus coûteux à fabriquer, ce qui peut peser à la fois sur les volumes et sur les prix .
Les prix de la DRAM mobile grimpent au 2e trimestre 2026 parce que le marché de la mémoire est réorganisé autour de l’infrastructure d’IA. Les acheteurs du cloud sécurisent l’offre, les fabricants orientent davantage leur capacité DRAM vers les usages serveur, et les fabricants de smartphones doivent se battre pour leur part dans un marché plus contraint .
La vraie question, pour les consommateurs comme pour les marques, n’est donc pas de savoir si la demande d’IA affecte le coût de la mémoire des téléphones. Elle est de savoir quelle part de cette hausse se traduira en 2026 par des prix de vente plus élevés, une production réduite ou des options mémoire moins généreuses .