Le 22 septembre 2026, BlackRock a publié The Machine-Native Economy, un rapport qui envisage une nouvelle étape du commerce numérique : des agents d’intelligence artificielle capables d’acheter automatiquement des données, l’accès à des logiciels ou de la puissance de calcul auprès d’autres services. Des actifs numériques programmables pourraient faciliter ces paiements. Mais il s’agit d’une perspective sur l’infrastructure à venir, pas de la preuve que les échanges entre agents sont déjà répandus.
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Pourquoi les stablecoins pourraient convenir
Un agent chargé d’accomplir une tâche peut avoir besoin de payer pour accéder à une API — une interface qui permet à des logiciels d’échanger des données — ou à un flux d’informations. L’argument de BlackRock est que des systèmes de paiement accessibles aux logiciels pourraient simplifier le lancement et le règlement automatiques de ces transactions. Le rapport n’exclut pas les moyens de paiement traditionnels : il évoque aussi leur adaptation aux tâches confiées aux agents.
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Les stablecoins sont présentés comme une option possible parce qu’ils cherchent à conserver une valeur plus stable que les cryptomonnaies très volatiles, tout en pouvant circuler sur des réseaux blockchain. Un coût relativement prévisible peut être plus facile à évaluer pour un logiciel. Cela ne rend pas ces actifs sans risque : ils restent exposés notamment aux risques liés à leur émetteur, à la réglementation et aux blockchains.
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L’idée n’est donc pas simplement que « la blockchain fonctionne et les paiements classiques, non ». BlackRock envisage plusieurs voies : des protocoles construits sur des réseaux blockchain, mais aussi des adaptations des systèmes de paiement existants. Sa thèse générale est que le commerce entre machines pourrait bénéficier d’une infrastructure qu’un logiciel peut utiliser sans intervention humaine à chaque transaction.
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Ethereum, Arc et x402 : des pistes, pas des gagnants annoncés
Le rapport cite plusieurs éléments possibles de cette infrastructure, sans établir qu’ils s’imposeront tous.
- Ethereum pourrait servir de réseau de règlement programmable pour des actifs numériques.
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- Arc, le projet de Circle, est présenté comme une autre voie possible, orientée vers les paiements en stablecoins. Sa présence dans le rapport ne signifie pas qu’il deviendra un réseau dominant.
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- x402, le protocole de Coinbase, s’appuie sur le mécanisme web « HTTP 402 : Payment Required » (« paiement requis »). Il permet d’associer une demande de ressource — par exemple, l’accès à une API ou à des données — à un paiement initié par un logiciel. C’est un exemple de la manière dont un paiement automatisé pourrait accompagner une demande d’accès.
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La puissance de calcul constitue un autre cas d’usage envisagé. Si des droits d’accès à des ressources de calcul étaient standardisés et tokenisés, ils pourraient être achetés, financés ou réglés de façon programmable. C’est une structure de marché hypothétique : le rapport ne dit pas que les revenus des fournisseurs cloud eux-mêmes seront tokenisés.
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Des chiffres importants, mais qui ne mesurent pas les paiements des agents
BlackRock cite une capitalisation des stablecoins supérieure à 300 milliards de dollars et un volume de transactions ajusté supérieur à 11 000 milliards de dollars en 2025. Ces montants témoignent d’une activité déjà importante autour des stablecoins. Mais le volume ajusté n’est pas directement comparable aux dépenses enregistrées par les réseaux de paiement traditionnels, et aucun de ces chiffres ne mesure les paiements effectués par des agents IA.
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Le rapport mentionne également une projection d’environ 1 100 milliards de dollars de revenus cumulés en 2030 pour AWS, Google Cloud et Microsoft Intelligent Cloud. Cette estimation illustre l’ampleur du secteur du cloud dans lequel de futurs marchés de puissance de calcul pourraient se développer. Elle ne permet pas de savoir combien de ressources les agents achèteront, ni quelle part pourrait être tokenisée.
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Le principal bémol : les paiements des agents restent limités
Les informations sur x402 et les infrastructures de paiement en stablecoins montrent que des entreprises explorent les transactions déclenchées par des logiciels. Des comptes rendus font aussi état d’agents sur le XRP Ledger utilisant le stablecoin Ripple USD (RLUSD), ce qui illustre pourquoi un actif à valeur stable peut être préférable à une cryptomonnaie native volatile pour régler un achat. Ces éléments ne démontrent toutefois pas une adoption généralisée parmi les agents IA ou les réseaux de paiement.
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L’analyse de TRM Labs apporte un indicateur plus direct sur l’activité liée à x402. Selon l’entreprise, les agents probablement autonomes auraient représenté entre 0,6 % et 7,5 % de la valeur des paiements x402 examinés. Cette estimation porte sur un protocole donné et ne recense pas tous les paiements potentiellement effectués par des agents. Elle souligne néanmoins que la thèse d’un commerce automatisé à grande échelle reste à confirmer.
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La lecture la plus prudente du rapport de BlackRock est donc celle d’une prévision : si les agents autonomes commencent à effectuer beaucoup plus de transactions, les stablecoins, les règlements sur blockchain, des protocoles comme x402 et la tokenisation de la puissance de calcul pourraient leur être utiles. Les chiffres actuels montrent qu’il existe déjà une infrastructure pertinente et un vaste secteur du cloud. Ils ne prouvent pas encore l’existence d’un commerce important entre agents.