Pour l’Ukraine, cette annonce constituait une percée après des années de demandes portant sur cette technologie hautement sensible. Le Patriot est le seul système de l’arsenal ukrainien capable d’intercepter de manière fiable les missiles balistiques russes .
Trois semaines plus tard, le ton a changé. Lors d’une réunion de cabinet à Camp David, Donald Trump a déclaré : « Nous n’avons pas accepté cela. Nous en discutons, mais c’est une chose difficile à céder, ce type de technologie » .
Il a insisté sur le caractère avancé du système et sur la nécessité pour les États-Unis d’être « très prudents avant de laisser quelqu’un les fabriquer » . Le New York Times, la BBC, Reuters, ABC News et d’autres médias ont présenté ces propos comme un net recul par rapport à son engagement initial .
Ce revirement est intervenu alors que Trump avait reçu Zelensky à la Maison-Blanche quelques jours auparavant . La licence annoncée publiquement n’était donc pas devenue un accord juridiquement finalisé.
Le changement de position de Trump n’a pas mis fin aux discussions. Matthew Whitaker a joué un rôle central dans les échanges et s’est rendu à Kyiv en juillet pour rencontrer Zelensky et examiner les différentes possibilités .
Le diplomate américain a confirmé que les négociations étaient toujours actives, tout en précisant qu’un accord de coproduction à long terme ne serait pas signé avant l’hiver, c’est-à-dire avant la fin de 2026 .
Selon Reuters, le 5 août 2026, plusieurs options sont sur la table :
Brian Hughes, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche, a souligné que « rien n’a été finalisé », tout en affirmant que les États-Unis restaient déterminés à aider l’Ukraine à répondre à ses besoins en défense aérienne .
« Un accord de production à long terme ne sera pas conclu avant cet hiver », a déclaré Matthew Whitaker lors d’une interview diffusée par Fox News le 3 août .
Il a ajouté que l’urgence était d’abord de livrer des intercepteurs déjà produits à l’Ukraine, et non de construire immédiatement de nouvelles usines sur son territoire . Dans un autre entretien, il a précisé que les intercepteurs Patriot PAC-3 restent soumis à des contrôles américains stricts à l’exportation : « Nous n’autorisons personne d’autre que les fabricants américains à les produire » .
Ces négociations se déroulent dans un contexte de pénurie critique.
Le problème ne se limite donc pas à l’obtention d’une licence. Même si Washington donnait rapidement son feu vert, la construction des chaînes industrielles, la qualification des équipements et la montée en cadence prendraient du temps. L’annonce du 8 juillet ne permettait pas, à elle seule, de résoudre la crise des livraisons à court terme.
En attendant une éventuelle autorisation de production, l’Ukraine tente de sécuriser ses approvisionnements par d’autres moyens.
L’écart entre l’urgence militaire ukrainienne et le calendrier industriel américain reste considérable. Washington explore bien des « possibilités de coproduction » avec l’Ukraine et l’Union européenne afin d’augmenter les capacités de production de défense . Mais ces discussions ne devraient pas produire d’effets concrets avant l’hiver 2026 au plus tôt .
D’ici là, Kyiv devra compter sur des livraisons d’urgence, des contrats d’achat à long terme et des échanges de matériels entre alliés. Ces solutions peuvent apporter un répit, mais elles n’ont jusqu’à présent pas suivi le rythme des frappes de missiles russes.