Pour comprendre les tensions actuelles, il faut revenir au 28 février 2026. Ce jour-là, les États-Unis et Israël lancent une opération de grande envergure : près de 900 frappes aériennes en l’espace de douze heures contre les systèmes de missiles, la défense aérienne, les sites nucléaires et des cibles de haut rang iraniennes . En représailles, l’Iran riposte avec des tirs de missiles et de drones visant Israël, les bases américaines de la région et plusieurs pays alliés. Dans la foulée, Téhéran ferme le détroit d’Ormuz, artère vitale par laquelle transite environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, provoquant une onde de choc sur les marchés de l’énergie
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Après plus de cinq semaines de combats, le Pakistan parvient à négocier une trêve de deux semaines, acceptée par les deux parties le 8 avril 2026 . Bien que reconduite plusieurs fois, cette accalmie reste extrêmement précaire, chaque camp accusant régulièrement l’autre de la violer
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La séquence du 25 mai marque un net regain de tension. CENTCOM justifie ses frappes comme un acte nécessaire pour protéger les forces américaines présentes près du détroit d’Ormuz. Le capitaine Tim Hawkins, porte-parole, insiste sur le fait que l’armée américaine continue de faire preuve de « retenue » dans le cadre du cessez-le-feu en cours . Côté iranien, le bilan officiel fait état d’au moins quatre morts, et Téhéran dénonce une opération conjointe américano-israélienne
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Le 26 mai, le CGRI annonce que ses unités de défense aérienne ont abattu un drone MQ-9 Reaper grâce à un « suivi de renseignement de précision » d’activités hostiles . La milice d’élite affirme également avoir tiré sur un drone RQ-4 et un F-35, forçant ces aéronefs à quitter l’espace aérien iranien
. Au lendemain de ces déclarations, aucun de ces faits n’avait pu être vérifié de manière indépendante
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Cet accès de fièvre n’est pas le premier. Début mai, CENTCOM avait déjà frappé des installations militaires iraniennes après que des vedettes rapides et des missiles eurent visé des bâtiments de l’US Navy, dont les destroyers USS Truxtun, USS Rafael Peralta et USS Mason . La marine iranienne avait de son côté diffusé les images de la saisie d’un navire commercial dans le golfe d’Oman
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En coulisses, la diplomatie n’a pas totalement rompu. Les pourparlers de Doha, sous médiation pakistanaise, se poursuivent malgré le fracas des armes . Selon plusieurs sources, les grandes lignes d’un accord potentiel seraient les suivantes :
Un haut responsable de l’administration Trump a confié à la chaîne CBS News que Téhéran aurait accepté « en principe » cette cession d’uranium enrichi, soulignant un « accord général sur les principes » . Des discussions seraient même « terminées à 90 ou 95 % », selon des hauts fonctionnaires américains, même s’ils reconnaissent que les modalités de mise en œuvre et de vérification continuent de faire l’objet d’intenses tractations
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Trois obstacles majeurs bloquent aujourd’hui un accord final :
1. La levée des sanctions. Le 27 mai, le président Donald Trump a douché les espoirs en déclarant : « Pas de levée de sanctions, non, pas du tout », excluant toute concession économique en échange de la seule remise de l’uranium enrichi . Une position en contradiction directe avec les attentes iraniennes qui portent aussi sur le déblocage d’avoirs financiers gelés à l’étranger
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2. La souveraineté sur le détroit d’Ormuz. L’Iran exige de conserver son autorité et sa souveraineté sur ce passage stratégique, une condition catégoriquement rejetée par Washington . Dès le début du mois d’avril, Téhéran avait présenté un plan en dix points incluant également la garantie d’absence de nouvelles frappes américaines, le retrait de toutes les forces de combat des États-Unis de la région et le versement de réparations de guerre — des demandes jugées irrecevables par la Maison Blanche
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3. Le champ des négociations. Washington souhaite régler la question nucléaire immédiatement ; l’Iran préfère la renvoyer à des discussions ultérieures et insiste pour qu’un accord de paix global éteigne tous les fronts régionaux, y compris celui du Hezbollah au Liban . Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaei, a par ailleurs déploré que le projet d’accord soit resté flou sur « les détails concrets » de la future gestion du détroit d’Ormuz
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Donald Trump : tout en affirmant que l’accord est « largement négocié », le président ordonne à ses émissaires de « ne pas se précipiter », estimant que « le temps joue » en faveur des États-Unis . Il martèle trois lignes rouges : l’Iran ne doit « jamais posséder l’arme nucléaire », le détroit d’Ormuz doit être rouvert, et il n’y aura pas d’allègement des sanctions en échange de la livraison d’uranium
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Marco Rubio : fin mai, le secrétaire d’État déclare que « le monde va bientôt recevoir de bonnes nouvelles », laissant espérer une annonce de paix imminente. Il pose les conditions américaines : « L’Iran ne pourra jamais avoir l’arme nucléaire. Le détroit doit être ouvert sans péages. Ils doivent remettre leur uranium hautement enrichi » . Dans une interview au New York Times, il prévient toutefois qu’un accord nucléaire ne peut pas se conclure « en 72 heures sur un coin de nappe »
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Les responsables iraniens : Esmaïl Baghaei a fustigé les frappes américaines comme un signe de « mauvaise foi et de manque de fiabilité ». Tout en confirmant l’existence d’un projet d’accord écrit, il insiste sur le fait que la question nucléaire n’en fait pas partie et devra être discutée dans une phase ultérieure, et non pas dans le cadre d’un accord de première étape .
La trêve ne tient plus que sur le papier. Washington se dit dans une posture de « retenue » ; Téhéran présente la destruction du drone américain comme un acte défensif. Aucun des deux camps ne reconnaît officiellement violer le cessez-le-feu, mais chacun multiplie les frappes et les contre-attaques. Le grand marchandage esquissé — abandon par l’Iran de son uranium enrichi de qualité quasi militaire contre la réouverture du détroit — se heurte au refus américain de lever les sanctions, à la volonté iranienne de garder le contrôle sur Ormuz, et à la volonté de Téhéran de lier l’accord à un règlement de paix régional plus large.
Les marchés mondiaux de l’énergie restent déstabilisés, et le risque d’un effondrement total de la trêve demeure élevé . La diplomatie n’a pas encore jeté l’éponge, mais chaque nouvel échange de tirs réduit un peu plus l’étroite fenêtre de tir qui mène à une paix durable.
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