Le seul mois de juin a représenté une contraction estimée entre 7,7 et 11,4 milliards de dollars, la plus importante baisse mensuelle depuis l'effondrement de TerraUSD en mai 2022 .
Cette évolution est importante pour le Bitcoin. Lors des précédentes phases de baisse, les investisseurs transféraient souvent leur capital des actifs volatils vers des stablecoins, conservant ainsi des liquidités prêtes à être réinvesties. Le mouvement actuel ressemble davantage à une sortie de l'écosystème crypto vers des monnaies fiduciaires qu'à une simple mise en attente de capitaux . À court terme, cela réduit mécaniquement le potentiel de demande nouvelle.
Le recul concerne plusieurs grands émetteurs. La capitalisation de Tether (USDT) est passée d'environ 189 milliards de dollars début mai à près de 183 milliards début août . L'USDC de Circle a diminué de 4,8 %, à 73,5 milliards de dollars, soit la plus forte baisse en valeur absolue parmi les principaux émetteurs . Le stablecoin USDS de Sky a, lui, chuté de 16,4 %, à environ 10 milliards de dollars .
Le GENIUS Act, adopté en juillet 2025, interdit par ailleurs aux émetteurs de rémunérer les détenteurs de stablecoins de paiement, une évolution qui a pu contribuer à ces sorties .
Sur le plan technique, le Bitcoin se resserre depuis la forte baisse de juin dans une figure qui ressemble à un bear pennant sur le graphique journalier . Cette structure correspond à une phase de consolidation délimitée par deux obliques convergentes après une chute marquée. Elle se résout souvent dans le sens du mouvement précédent — ici, vers le bas.
Le BTC se trouve près de la pointe de la figure, autour de 65 000 dollars, et sous ses moyennes mobiles exponentielles à 50, 100 et 200 jours. Le signal reste donc fragile. Une cassure nette du support ascendant situé autour de 62 000 à 63 000 dollars confirmerait la figure et donnerait un objectif théorique proche de 44 750 dollars .
D'autres analystes ont identifié une figure « tête-épaules » sur trois jours. Une rupture de sa ligne de cou viserait environ 41 266 dollars . Dans ce scénario, la zone comprise entre 40 000 et 48 000 dollars constituerait le prochain important bassin de demande cité par plusieurs analyses .
Il faut toutefois garder la tête froide : un bear pennant n'est pas une condamnation automatique. Une étude estime que seulement 43 % de ces figures cassent vers le bas et que, parmi celles-ci, 32 % atteignent leur objectif théorique complet . L'analyse technique fournit des probabilités, pas des certitudes. Son importance augmente ici surtout parce qu'elle s'ajoute à la baisse de la liquidité et à un contexte macroéconomique peu porteur.
La saisonnalité ne joue pas non plus en faveur du marché. Sur quinze années de données, août affiche une perte médiane d'environ 7 à 7,87 % et s'est terminé dans le rouge chaque année depuis 2022 .
Un scénario suivi par un analyste envisage un repli initial vers 58 000 à 62 000 dollars, avant un éventuel rebond vers 80 000 à 92 000 dollars une fois la correction terminée . Ce rebond reste donc conditionné à un assainissement préalable du marché, et non à une hausse linéaire depuis les niveaux actuels.
Les marchés à terme intègrent déjà une probabilité de 60 % d'une baisse des taux en septembre, ce qui limite l'effet de surprise d'un éventuel signal très accommodant .
La prochaine impulsion macroéconomique majeure pourrait se faire attendre. Le Comité fédéral de l'open market (FOMC), l'instance de la Fed qui fixe la politique monétaire américaine, a maintenu ses taux lors de sa réunion des 28 et 29 juillet, dans une fourchette de 3,5 % à 3,75 % . Le compte rendu de cette réunion doit être publié le 19 août .
La prochaine réunion du FOMC est prévue les 15 et 16 septembre, avec publication des projections économiques et du fameux « dot plot », suivie de réunions les 27 et 28 octobre puis les 8 et 9 décembre . Cette période d'environ six semaines sans décision de politique monétaire réduit les chances de voir apparaître rapidement un catalyseur favorable aux actifs risqués.
Le prochain rendez-vous notable est le discours du président de la Fed, Kevin Warsh, à Jackson Hole. Il pourrait donner des indications sur l'orientation future de la politique monétaire, mais ne remplacera pas une décision officielle de la banque centrale .
La combinaison est défavorable : les rachats de stablecoins suggèrent qu'une partie des liquidités quitte réellement le marché crypto, le Bitcoin évolue sous ses principales moyennes mobiles dans une figure de continuation baissière, et la Fed ne devrait pas se réunir avant la mi-septembre.
Dans ce contexte, le scénario le plus surveillé est un retour vers 58 000 à 62 000 dollars dans les prochaines semaines. Une rupture de ce support pourrait ensuite accélérer la baisse vers la zone des 44 000 à 48 000 dollars . Les marchés de prédiction n'accordaient que 0,4 % de probabilité au franchissement de 72 000 dollars à la mi-août .
Le scénario haussier n'est pas exclu. Un virage surprise de la Fed, des chiffres d'inflation plus rassurants, un redémarrage marqué des flux vers les ETF ou une avancée réglementaire autour du CLARITY Act pourraient invalider la lecture baissière . Mais au début du mois d'août 2026, ces catalyseurs restent peu étayés par les données disponibles.
À retenir : les objectifs de 44 750 dollars et de 41 266 dollars proviennent d'analyses de figures graphiques. Ils ne constituent pas des prévisions certaines. Une surprise accommodante lors de la réunion de septembre, un retournement soudain des flux d'ETF ou une avancée réglementaire pourraient changer rapidement la donne. Pour l'instant, le poids des indices reste néanmoins orienté vers une nouvelle phase de faiblesse.