Le fonds norvégien a expliqué qu’il ne soutenait pas la reconduction de John Elkann en raison de préoccupations concernant sa participation aux réunions du conseil et sa capacité à consacrer suffisamment de temps à ses fonctions.
Elkann occupe en effet plusieurs postes importants en parallèle :
Selon la position du fonds, ces responsabilités pourraient limiter le temps disponible pour remplir efficacement son rôle chez Meta.
Pour les grands investisseurs institutionnels, la participation aux réunions du conseil est devenue un indicateur clé de la qualité de la gouvernance. Un taux de présence insuffisant peut être interprété comme un manque d’engagement ou de supervision.
La position du fonds ne s’est pas limitée à un administrateur. Il a également soutenu plusieurs résolutions d’actionnaires inscrites à l’ordre du jour de l’assemblée générale de 2026, ce qui est relativement rare pour cet investisseur généralement favorable aux recommandations de la direction.
Ces propositions couvrent plusieurs sujets sensibles :
Plusieurs de ces thèmes figurent explicitement dans le proxy 2026 de Meta, qui comporte une série de résolutions portant sur la gouvernance de l’IA, la protection des données, la diligence raisonnable en matière de droits humains et d’autres questions de supervision.
En soutenant certaines de ces propositions, le fonds envoie un message : les investisseurs veulent davantage de transparence et de contrôle à mesure que Meta étend ses activités dans l’intelligence artificielle et les infrastructures numériques.
Malgré ces critiques, les actionnaires disposent d’un levier limité pour forcer des changements.
Meta utilise une structure d’actions à plusieurs classes, dans laquelle certaines actions disposent de droits de vote beaucoup plus élevés que d’autres. Ce système permet à Mark Zuckerberg, fondateur et PDG, de conserver un contrôle décisif sur les décisions stratégiques et la composition du conseil d’administration.
Plusieurs investisseurs proposent depuis des années d’adopter le principe « une action, une voix », qui alignerait le pouvoir de vote sur la détention économique des actions.
Mais modifier cette structure reste difficile : elle est précisément conçue pour préserver le contrôle du fondateur.
Même lorsque les résolutions ont peu de chances d’être adoptées, les positions publiques des grands investisseurs peuvent accroître la pression sur la gouvernance d’une entreprise.
Le fait que le fonds souverain norvégien — réputé pour son influence et sa stratégie d’investissement à long terme — retienne son soutien à un administrateur et appuie plusieurs résolutions critiques constitue donc un signal fort pour Meta avant son assemblée générale.
Cet épisode illustre une tension de plus en plus visible dans la gouvernance des géants technologiques :
À mesure que Meta investit massivement dans l’intelligence artificielle générative et les infrastructures de données, ces débats sur la supervision, les risques technologiques et la responsabilité du conseil d’administration devraient rester au cœur des discussions entre l’entreprise et ses investisseurs.