Contrairement à certaines approches concurrentes utilisant des matériaux ou des équipements très spécialisés, la stratégie du silicium vise à tirer parti de l’infrastructure industrielle existante des fabricants de puces. En théorie, cela pourrait faciliter la production à grande échelle et l’intégration avec l’informatique classique.
L’entreprise adopte aussi une approche dite « full‑stack » : elle ne se limite pas au processeur quantique, mais développe également l’architecture du système, l’électronique de contrôle et les logiciels nécessaires pour exploiter ces machines.
Quantum Motion a été fondée en 2017 par les professeurs John Morton et Simon Benjamin, deux chercheurs spécialisés dans les technologies quantiques.
Leur travail s’appuie sur des années de recherche sur les spin qubits en silicium, une piste jugée prometteuse car ces dispositifs peuvent être fabriqués avec des techniques déjà maîtrisées par l’industrie mondiale des semi‑conducteurs.
Aujourd’hui, la plupart des ordinateurs quantiques expérimentaux reposent sur des technologies comme les circuits supraconducteurs ou les ions piégés. Ces solutions fonctionnent, mais leur fabrication et leur mise à l’échelle restent complexes.
Selon Quantum Motion, l’utilisation de transistors en silicium pourrait ouvrir la voie à une production plus industrielle. L’entreprise avance notamment que son architecture pourrait permettre :
Si ces gains se confirment à grande échelle, ils pourraient rendre les ordinateurs quantiques beaucoup plus accessibles pour des applications industrielles.
Le tour de financement série C de 160 millions $ a été co‑mené par le fonds de capital‑risque DCVC et l’investisseur deep‑tech Kembara.
Parmi les autres participants figurent :
Après cette opération, Quantum Motion indique avoir levé plus de 200 millions de dollars au total, renforçant sa position dans la compétition mondiale pour développer du matériel quantique évolutif.
La nouvelle levée vise à accélérer le passage du laboratoire à la commercialisation des technologies quantiques basées sur le silicium.
Les priorités annoncées incluent :
L’entreprise décrit cette étape comme le possible « moment transistor » du calcul quantique : un passage d’expériences scientifiques à des processeurs quantiques réellement fabriqués à grande échelle grâce aux technologies des transistors.
Le calcul quantique reste un domaine émergent où plusieurs architectures matérielles se disputent l’avenir du secteur. Les qubits en silicium sont particulièrement attractifs car ils promettent une mise à l’échelle grâce aux chaînes de production existantes de l’industrie des puces.
La levée de fonds de Quantum Motion montre que les investisseurs croient de plus en plus à cette stratégie. En combinant recherche académique et fabrication de semi‑conducteurs, l’entreprise tente de combler l’écart entre les prototypes de laboratoire et des ordinateurs quantiques exploitables à l’échelle industrielle.