Après cette expérience dans la défense, il se tourne vers le secteur privé puis lance Ocean en 2023. Deux ans plus tard, la société annonce publiquement son lancement avec 28 millions de dollars levés, dont un tour de Série A de 20 millions mené par Lightspeed Venture Partners, avec la participation de Picture Capital, Cerca Partners et plusieurs investisseurs providentiels.
Ocean s’attaque à un problème très précis : les attaques par e‑mail générées ou amplifiées par l’intelligence artificielle.
Les solutions de sécurité e‑mail traditionnelles reposent généralement sur plusieurs méthodes bien connues :
Ces approches fonctionnent contre des campagnes répétitives. Mais les outils d’IA générative permettent aujourd’hui de produire des e‑mails de phishing qui changent presque à l’infini dans leur style, leur ton ou leur structure. Résultat : ces messages peuvent passer à travers les filtres basés sur des motifs reconnaissables.
Ocean veut donc aller plus loin et comprendre le sens et l’objectif d’un e‑mail.
La startup décrit sa technologie comme une plateforme de sécurité e‑mail basée sur des agents IA autonomes.
Concrètement, un moteur d’intelligence central coordonne un réseau d’agents spécialisés qui examinent chaque message avant qu’il n’arrive dans la boîte de réception.
Le système combine plusieurs éléments :
Plutôt que de demander simplement : « Cet e‑mail ressemble‑t‑il à un modèle de phishing connu ? », la plateforme tente de répondre à une question plus fondamentale :
« Qu’essaie réellement de faire cet e‑mail ? »
Si le système estime que le message tente de manipuler le destinataire — par exemple pour obtenir des identifiants, demander un transfert d’argent ou déclencher une procédure interne frauduleuse — il peut bloquer ou signaler l’e‑mail avant qu’il n’atteigne l’utilisateur.
Les modèles de langage modernes permettent aux attaquants de produire des messages très convaincants.
Ils peuvent notamment :
Cette variabilité rend les attaques beaucoup plus difficiles à détecter avec des outils basés uniquement sur des règles ou des signatures.
Selon la thèse défendue par Ocean, les défenses modernes doivent donc analyser l’intention et le contexte, plutôt que de se limiter à des indicateurs statiques.
La société a officiellement annoncé 28 millions de dollars de financement total lors de sa sortie du mode furtif.
D’après les informations communiquées au moment du lancement, la plateforme protège déjà des centaines de milliers de boîtes mail pendant que l’entreprise continue d’élargir sa base de clients et ses fonctionnalités.
En revanche, des indicateurs plus détaillés — comme le nombre total d’e‑mails analysés ou la croissance précise du nombre de clients — n’ont pas encore été rendus publics.
L’intérêt des investisseurs pour Ocean reflète une tendance plus large dans la cybersécurité : l’intelligence artificielle alimente désormais les deux côtés du conflit.
Les cybercriminels utilisent l’IA pour produire des campagnes de phishing toujours plus convaincantes et personnalisées à grande échelle. En réponse, des startups comme Ocean tentent de déployer des agents IA capables d’enquêter automatiquement sur chaque e‑mail.
Reste à voir si cette approche « agentic » deviendra la nouvelle norme. Mais avec un financement initial de 28 millions de dollars, Ocean parie clairement que la prochaine bataille de la cybersécurité se jouera entre IA offensive et IA défensive.