Au lieu d’un blocus total, Téhéran a adopté une approche plus flexible mais toujours très restrictive.
Selon plusieurs rapports, les autorités iraniennes ont instauré un système d’autorisation préalable pour les navires souhaitant traverser le détroit. Les bâtiments doivent obtenir un permis et suivre un ensemble de règles détaillées avant de pouvoir passer.
Ce système permet à l’Iran d’exercer un contrôle opérationnel sur la circulation maritime tout en évitant une fermeture totale qui pourrait provoquer une réaction internationale encore plus forte. Les analystes y voient une stratégie de pression diplomatique, utilisant le détroit comme monnaie d’échange dans le conflit.
L’accès n’est pas uniforme : l’Iran accorde surtout le passage aux navires provenant de pays qu’il considère comme neutres ou amicaux.
Les données de suivi maritime et plusieurs rapports indiquent que des navires liés aux pays suivants ont pu transiter à certains moments :
En revanche, Téhéran a restreint ou bloqué les navires associés aux États‑Unis ou à Israël, reflétant la confrontation militaire à l’origine de la crise.
La Chine occupe une place particulière dans cette politique. Des responsables iraniens et des médias ont indiqué que plusieurs dizaines de navires chinois — environ trente selon certains rapports — ont été autorisés à traverser le détroit dans le cadre des protocoles iraniens de gestion du trafic.
Cette politique d’accès sélectif renforce le message politique de Téhéran : les pays qui ne participent pas à la pression militaire contre l’Iran peuvent continuer à commercer, tandis que les adversaires stratégiques sont exclus.
La crise maritime est étroitement liée aux négociations diplomatiques avec Washington.
Selon des informations relayées par l’agence semi‑officielle iranienne Fars, l’Iran exige cinq conditions avant toute reprise des discussions avec les États‑Unis. Ces demandes sont présentées comme des « garanties minimales de confiance ».
Les conditions mentionnées sont :
Ces exigences montrent que Téhéran adopte une position de négociation particulièrement ferme tout en maintenant sa pression sur la route maritime.
Face aux restrictions iraniennes, les États‑Unis et leurs partenaires régionaux ont réagi sur deux fronts : militaire et diplomatique.
Sur le plan militaire, Washington a mené des opérations visant à protéger les navires commerciaux et à affaiblir les capacités iraniennes de blocage du détroit. Ces actions ont débuté après la fermeture partielle de la route maritime au début du conflit.
Sur le plan diplomatique, les États‑Unis et plusieurs États arabes du Golfe — dont Bahreïn, l’Arabie saoudite, le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis — ont proposé un projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU.
Le texte appelle l’Iran à :
La résolution prévoit également que l’Iran pourrait faire face à des sanctions ou à d’autres mesures internationales si la liberté de navigation n’est pas rétablie.
La situation actuelle peut être décrite comme un équilibre tendu : le détroit fonctionne encore partiellement, mais sous forte pression politique et militaire.
L’Iran utilise le contrôle du passage maritime comme levier dans la guerre et dans les négociations avec les États‑Unis, tandis que Washington et ses alliés cherchent à rétablir la liberté de navigation.