Plusieurs facteurs aggravent la situation :
Le gouvernement cubain affirme que les mesures américaines visant les livraisons de pétrole constituent une forme de « blocus énergétique ». Les autorités américaines, de leur côté, attribuent la crise surtout à la gestion économique et aux problèmes structurels du système cubain .
Quelle que soit l’interprétation politique, l’effet concret est le même : moins de carburant disponible et un réseau électrique sous pression.
Pour la population, les conséquences sont lourdes. La Havane et d’autres villes ont subi certaines des coupures d’électricité les plus sévères depuis des décennies, perturbant les transports, les hôpitaux, les entreprises et la vie quotidienne .
À certains moments, les autorités ont reconnu que les réserves de carburant étaient pratiquement épuisées, laissant le système énergétique dans un état critique . Des défaillances techniques et des pannes majeures du réseau ont également aggravé la situation ces dernières années
.
Pour de nombreux habitants, cela signifie passer de longues heures — parfois la majeure partie de la journée — sans réfrigération, climatisation ni transports fiables, dans un contexte où les pénuries alimentaires existent déjà.
La colère face aux coupures d’électricité s’est traduite par des manifestations inhabituelles dans la capitale en mai 2026. Dans plusieurs quartiers de La Havane, des habitants sont descendus dans la rue pour protester contre les pannes prolongées et les pénuries de carburant .
Des témoins ont décrit des manifestants bloquant des routes, frappant sur des casseroles et scandant des slogans réclamant le retour de l’électricité, notamment « Allumez la lumière ! » .
Ces mobilisations témoignent du niveau de frustration croissant parmi les Cubains, confrontés depuis plusieurs années à des difficultés économiques auxquelles s’ajoutent désormais des coupures d’électricité généralisées.
Les autorités cubaines affirment que la crise est étroitement liée aux restrictions imposées par Washington sur les livraisons de pétrole et les échanges économiques. Le président Miguel Díaz‑Canel a également confirmé que des discussions avaient eu lieu avec les États‑Unis au sujet des tensions bilatérales, tout en accusant la politique américaine d’aggraver les pénuries d’énergie .
Du côté américain, l’administration affirme que les difficultés de Cuba découlent principalement de problèmes de gouvernance et de gestion économique, et non uniquement des sanctions .
Ces interprétations opposées montrent à quel point la crise énergétique est devenue un enjeu central du bras de fer politique entre La Havane et Washington.
Le navire soutenu par le Mexique et l’Uruguay s’inscrit dans un mouvement plus large d’initiatives régionales visant à apporter un soutien humanitaire à Cuba malgré les tensions internationales.
Des convois de solidarité et des cargaisons venues du Mexique et d’autres pays ont déjà livré des produits essentiels — nourriture, médicaments, panneaux solaires ou encore équipements de base .
Cependant, ces envois restent des solutions temporaires. Les cargaisons humanitaires peuvent aider les familles à court terme, mais elles ne suffisent pas à résoudre les causes profondes de la crise.
L’arrivée du navire à La Havane illustre donc un double constat : l’ampleur de la crise cubaine et la solidarité régionale qu’elle suscite.
Mais sans accès stable au carburant et sans modernisation du réseau électrique, Cuba risque de continuer à subir des pénuries d’énergie, des coupures prolongées et des tensions sociales.
L’aide internationale agit aujourd’hui comme une bouée de secours — indispensable, mais temporaire.