Bitcoin Depot – Autre cas très visible : l’ancien plus grand opérateur de distributeurs automatiques de Bitcoin en Amérique du Nord a déposé le bilan sous la protection du chapitre 11 aux États‑Unis et a entamé la liquidation de ses actifs. L’entreprise a mis hors ligne l’ensemble de son réseau de milliers de machines.
La direction a pointé un environnement réglementaire devenu beaucoup plus strict, avec des plafonds de transactions, des exigences de conformité renforcées (KYC) et, dans certaines juridictions, des restrictions ou interdictions concernant les distributeurs de crypto‑actifs.
Fantasy.top – La plateforme d’échange de cartes numériques basée sur la blockchain a annoncé qu’elle supprimerait certaines fonctionnalités non essentielles afin de concentrer ses ressources sur ses produits principaux, signe d’une stratégie de repli plutôt que d’expansion.
Deux autres projets — Everclear et Zero Network — ont également été signalés parmi les fermetures de la même semaine, même si les informations publiques détaillant les raisons exactes de leur arrêt restent limitées.
Ces annonces s’inscrivent dans une tendance plus globale affectant l’ensemble du secteur crypto.
Plusieurs indicateurs montrent l’ampleur du ralentissement :
Les raisons avancées se ressemblent souvent : baisse de la liquidité, recul de l’activité des utilisateurs et disparition des financements faciles provenant du capital‑risque. Pendant les marchés haussiers, beaucoup de start‑ups crypto pouvaient survivre grâce aux lancements de tokens, à la spéculation ou à une acquisition rapide d’utilisateurs. Lorsque le marché se retourne, ces modèles deviennent beaucoup plus difficiles à soutenir.
Pour plusieurs analystes, cette vague de fermetures ressemble davantage à une phase de “nettoyage” du marché qu’à un effondrement total de l’industrie. Les projets les plus dépendants du battage médiatique ou de flux constants de capitaux disparaissent, tandis que ceux disposant d’une vraie utilité ou de revenus réels résistent mieux.
Malgré la contraction globale, certaines plateformes enregistrent encore une croissance notable en répondant à des besoins spécifiques des utilisateurs.
Hyperliquid, une plateforme d’échange décentralisée spécialisée dans les contrats perpétuels (perpetual futures), fait partie des grands gagnants de cette période.
Les marchés de dérivés ont tendance à rester actifs — voire à s’intensifier — lorsque les prix sont volatils ou en baisse. Cela peut expliquer pourquoi une plateforme de trading liquide et efficace peut continuer à gagner des parts de marché même lorsque d’autres segments de la crypto ralentissent.
La plateforme de marchés de prédiction Polymarket illustre un autre modèle de résilience : l’engagement des utilisateurs y dépend d’événements réels (politique, économie, sport) plutôt que de la spéculation sur de nouveaux tokens.
L’activité des marchés de prédiction a fortement augmenté entre 2025 et 2026 :
La croissance n’est pas parfaitement linéaire : le volume mensuel a reculé d’environ 8,9 % en avril, mais il dépassait toujours 10 milliards de dollars, signe d’une activité encore très élevée.
Parce que ces marchés reposent sur des événements extérieurs à la crypto — élections, compétitions sportives, décisions économiques — leur engagement peut rester élevé même lorsque les prix des cryptomonnaies chutent.
La multiplication des arrêts de projets suggère que l’industrie crypto entre dans une phase de consolidation après des années d’expérimentation spéculative. Les entreprises qui dépendaient d’une croissance rapide des utilisateurs, d’incitations en tokens ou d’investissements massifs du capital‑risque ont plus de mal à survivre dans un environnement de liquidité réduite.
À l’inverse, les plateformes offrant une utilité claire — comme le trading de dérivés très liquide ou les marchés de prédiction basés sur l’actualité — continuent d’attirer utilisateurs et capitaux.
Autrement dit, la vague actuelle de fermetures ressemble moins à la fin de la crypto qu’à une transformation structurelle du secteur : moins d’expériences spéculatives, et davantage de pression pour prouver une demande réelle et un modèle économique durable.