Selon une dépêche de l’AFP reprise par Hindustan Times, l’accord de cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril, tandis qu’Israël et le Hezbollah s’accusent mutuellement de l’avoir violé . Chosun le présente comme un cessez-le-feu temporaire, négocié sous médiation américaine, que l’intensification des affrontements menace de faire dérailler .
C’est ce décalage qui rend la situation difficile à lire : juridiquement et diplomatiquement, la trêve existe encore ; militairement, elle est régulièrement percée. Dawn a rapporté le 4 mai, en citant des médias libanais et l’agence nationale de presse libanaise, que de nouvelles attaques israéliennes avaient tué au moins sept personnes dans le sud du Liban, notamment à Safad al-Battikh, près de Tyr, ainsi que lors d’une frappe de drone visant une moto . Deux jours plus tard, l’AFP, via Hindustan Times, a fait état d’une frappe israélienne dans la Bekaa, dans l’est du Liban, ayant tué quatre personnes ; l’armée israélienne a de son côté dit avoir frappé des cibles du Hezbollah dans le sud, après avoir appelé les habitants d’une douzaine de localités à évacuer .
Le 1er mai, Democracy Now, citant l’agence nationale de presse libanaise, a rapporté que plus de 30 personnes avaient été tuées en une seule journée d’attaques israéliennes dans le sud du Liban, et qu’un drone du Hezbollah avait blessé 12 soldats israéliens dans le nord d’Israël . Ces bilans portent sur des incidents et des périodes de reportage différents : ils ne doivent donc pas être additionnés comme un total confirmé. Pris ensemble, ils montrent surtout une trêve sans cesse interrompue par des frappes, des tirs et des accusations contradictoires .
La raison principale de la poursuite des combats tient à une question simple, mais explosive : que permet exactement le cessez-le-feu ?
Israël affirme que ses frappes visent le Hezbollah et répondent à des violations de l’accord. Chosun Biz a rapporté que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait ordonné de lourdes frappes contre des bastions du Hezbollah après qu’Israël a accusé le mouvement d’avoir rompu la trêve. Le média le cite déclarant qu’Israël conserve une « liberté totale d’agir contre toute menace » . Dans le même esprit, l’armée israélienne a présenté certaines frappes dans le sud du Liban comme des opérations contre des cibles du Hezbollah .
Les autorités et médias libanais donnent une lecture opposée. Dawn a décrit les morts du 4 mai comme la conséquence de « violations du cessez-le-feu » par Israël, tandis que Democracy Now a présenté les attaques israéliennes comme de nouvelles violations de l’accord négocié par Washington .
En pratique, les deux camps ne parlent donc pas du même cessez-le-feu. Israël présente ses opérations comme de l’autodéfense ou comme l’application de la trêve face à une menace. Des sources libanaises et le Hezbollah les décrivent au contraire comme des ruptures de l’accord .
Autre point essentiel : le cessez-le-feu n’a pas été présenté dans les rapports disponibles comme un règlement politique définitif. Chosun le décrit comme un accord temporaire sous médiation américaine, fragilisé par la hausse des pertes et par les accusations réciproques de violations entre Israël et le Hezbollah .
Cette dimension provisoire pèse lourd. Xinhua a rapporté le 28 avril, en citant la chaîne israélienne Kan TV et des responsables israéliens, qu’Israël considérait la prolongation jusqu’à la mi-mai comme la dernière fenêtre pour parvenir à un accord permanent avec le Liban. Le même article indique qu’une source gouvernementale israélienne a averti qu’Israël pourrait intensifier ses opérations contre le Hezbollah au Liban si aucun accord durable n’était trouvé .
Autrement dit, la diplomatie continue, mais elle avance sous pression militaire. Le cessez-le-feu sert de cadre à des négociations, sans encore empêcher les parties de tester — ou de redéfinir — ses limites sur le terrain .
La plupart des rapports récents se concentrent sur le sud du Liban, zone frontalière avec Israël où Dawn et Democracy Now ont rapporté des attaques meurtrières, et où l’armée israélienne dit frapper des cibles du Hezbollah . Mais l’AFP, reprise par Hindustan Times, a aussi signalé une frappe meurtrière dans la vallée de la Bekaa, à l’est du Liban .
Pour suivre l’évolution du conflit, cette extension géographique compte. Des frappes répétées dans le sud signalent un face-à-face frontalier non réglé. Des attaques plus à l’intérieur du territoire libanais, comme dans la Bekaa, suggèrent que la confrontation peut dépasser la seule bande frontalière .
Trois éléments diront si la trêve se stabilise ou si elle glisse vers l’effondrement.
D’abord, les discussions aboutiront-elles à un arrangement permanent avant l’échéance de la mi-mai évoquée par des responsables israéliens ?
Ensuite, les nouvelles attaques resteront-elles concentrées dans le sud du Liban, ou toucheront-elles encore des zones plus éloignées comme la Bekaa ?
Enfin, les tirs du Hezbollah et les frappes israéliennes augmenteront-ils en parallèle ? Les derniers rapports décrivent déjà des attaques du Hezbollah, des affirmations israéliennes sur le droit de frapper toute menace, et des accusations mutuelles de violations .
Israël et le Hezbollah continuent de s’affronter parce que le cessez-le-feu n’a pas réglé le désaccord central : qui viole l’accord, qui a le droit de riposter, et jusqu’où Israël peut aller au nom de la lutte contre les menaces attribuées au Hezbollah.
Pour l’instant, il s’agit moins d’un arrêt solide des hostilités que d’un cadre contesté. Israël affirme pouvoir agir contre les menaces ; des sources libanaises rapportent des frappes meurtrières comme des violations ; et la diplomatie dispose d’une fenêtre étroite pour transformer une pause temporaire en arrangement plus durable .