La plupart des jeux Windows lancés via Steam sur Linux utilisent Proton, une couche de compatibilité basée sur Wine développée par Valve.
Pour les jeux Direct3D 12 — comme Forza Horizon 6 — Proton s’appuie sur VKD3D‑Proton, qui convertit les commandes Direct3D 12 en appels Vulkan compréhensibles par les pilotes graphiques Linux.
Schématiquement, le chemin ressemble à ceci :
Game (Direct3D 12) → Proton/Wine → VKD3D‑Proton → pilote Vulkan → GPU
Quand tout fonctionne correctement, la perte de performances est faible et le jeu se comporte presque comme un titre natif. Mais si un jeu utilise certaines fonctionnalités GPU d’une manière difficile à traduire vers Vulkan — ou dépend de comportements spécifiques aux pilotes Windows — la compatibilité peut rapidement se dégrader.
C’est précisément ce qui semble se produire avec Forza Horizon 6.
Hans‑Kristian Arntzen, l’un des principaux développeurs de VKD3D‑Proton, aurait décrit le jeu comme « extremely broken » (« extrêmement cassé ») lors de la préparation de correctifs pour améliorer sa compatibilité sous Linux.
Il ne s’agissait pas d’un jugement global sur la version Windows, mais plutôt d’un constat sur son comportement lorsque les appels Direct3D 12 passent par la couche de traduction Vulkan utilisée par Proton.
Selon plusieurs analyses techniques, le moteur du jeu effectuerait certaines opérations inhabituelles — par exemple :
Des pilotes Windows peuvent tolérer ce type de comportement. Mais dans une couche de traduction comme VKD3D‑Proton, ces écarts par rapport aux attentes de l’API peuvent provoquer des plantages ou des blocages GPU.
Les premiers tests sous Linux ont mis en évidence plusieurs types d’échecs techniques.
Certains utilisateurs de GPU NVIDIA sous Linux signalent des blocages reproductibles du GPU à des endroits précis du jeu.
Un exemple décrit un gel complet lorsque le joueur quitte Miyazu Bay Kakurega et arrive au premier carrefour, suivi d’une erreur Vulkan device loss.
Cette erreur signifie que le pilote graphique a cessé de répondre aux commandes envoyées par l’application, ce qui force généralement le jeu à se fermer.
Des discussions sur Steam indiquent que le jeu peut crasher dès le lancement, pendant les benchmarks ou lors des premières courses lorsqu’il est exécuté avec Proton standard.
Cela suggère un problème dans la chaîne de rendu plutôt qu’un simple mauvais réglage utilisateur.
Les journaux de débogage de VKD3D‑Proton montrent également des avertissements liés à des ressources GPU mal initialisées ou à des transitions d’images incorrectes.
Ce type de problème peut provoquer :
Les joueurs testant le jeu en accès anticipé décrivent plusieurs symptômes récurrents :
Certains utilisateurs indiquent n’avoir réussi à lancer le jeu qu’en utilisant des versions personnalisées de Proton ou des options expérimentales de VKD3D‑Proton.
Le Steam Deck, qui fonctionne sous SteamOS (basé sur Linux), est directement concerné puisqu’il utilise Proton pour faire tourner les jeux Windows.
Quelques contournements circulent déjà parmi les joueurs.
L’un des plus cités consiste à ajouter ces options de lancement :
PROTON_VKD3D_HEAP=1 VKD3D_CONFIG=enable_experimental_features,descriptor_heap %command%
Ces paramètres modifient la gestion des descriptor heaps et de la mémoire par VKD3D‑Proton, ce qui peut réduire certains crashs selon la configuration.
D’autres joueurs rapportent de meilleurs résultats en :
Ces solutions restent expérimentales et leur efficacité dépend fortement du matériel et des pilotes utilisés.
La stabilité du jeu sous Linux dépendra probablement d’améliorations dans plusieurs composants de l’écosystème.
Des correctifs pourraient arriver via :
Des rapports indiquent déjà que les développeurs de Proton travaillent sur des ajustements de compatibilité dédiés à Forza Horizon 6.
Une fois ces correctifs intégrés dans Proton Experimental puis dans les versions stables, les joueurs Linux et Steam Deck pourraient constater une nette amélioration sans réglages manuels.
Pour l’instant, Windows reste la plateforme la plus stable pour jouer à Forza Horizon 6. Les tests précoces sur Linux et Steam Deck montrent plusieurs problèmes de rendu et de stabilité GPU liés à la traduction Direct3D 12 vers Vulkan.
Les utilisateurs Linux prêts à expérimenter peuvent parfois améliorer la situation avec des builds Proton alternatifs ou des options VKD3D‑Proton. Mais la solution durable viendra probablement des correctifs apportés en amont par Proton, VKD3D‑Proton et les pilotes graphiques au fur et à mesure que les développeurs analysent les incompatibilités révélées par la sortie du jeu.