L’enjeu est très concret : une équipe en magasin ou en centre logistique peut avoir besoin de consulter une consigne, de retrouver une information, de recevoir une mise à jour ou d’exécuter une tâche sans passer par un ordinateur de bureau. Flip veut donc intégrer l’identité et les droits d’accès directement dans l’expérience des travailleurs de terrain, plutôt que de partir du principe que chaque salarié possède déjà un compte numérique de type administratif.
Une partie importante des nouveaux fonds doit financer Flip Fusion, le produit d’IA générative de l’entreprise. Son objectif est de permettre aux organisations de créer des applications internes adaptées à une équipe, un site ou un processus opérationnel précis.
L’idée est de transformer un besoin récurrent — diffuser une procédure, guider une opération ou structurer un flux de travail — en application dédiée, au lieu d’acheter, de paramétrer et d’intégrer un logiciel distinct pour chaque usage.
Flip défend ainsi une vision selon laquelle les entreprises pourront progressivement concevoir certains de leurs outils métier avec l’aide de l’IA, plutôt que de se tourner systématiquement vers une solution logicielle indépendante pour chaque problème. Les capitaux levés doivent également renforcer l’infrastructure et les ressources de connaissance nécessaires à l’adoption de l’IA par les équipes de terrain.
Le module Frontline Identity vise à fournir aux travailleurs une identité numérique sécurisée et un accès aux systèmes pertinents de leur entreprise, sans exiger de compte e-mail professionnel.
Cette fonction ne relève donc pas uniquement du confort de connexion. L’absence d’une identité d’entreprise peut empêcher ou compliquer l’accès aux applications, aux communications internes et aux outils d’IA conçus autour des usages de bureau. En proposant une couche d’accès adaptée aux équipes sans poste fixe, Flip cherche à rendre ces services disponibles dans le même environnement que celui utilisé pour les échanges et les tâches quotidiennes.
La stratégie produit de Flip repose sur la combinaison de plusieurs éléments généralement gérés séparément :
L’ambition est de proposer un point d’accès unique plutôt qu’une succession d’outils déconnectés. Pour les employeurs, cela pourrait simplifier la diffusion des informations et des processus auprès d’équipes réparties sur plusieurs sites. Pour les salariés, cela pourrait réduire les obstacles liés aux comptes, aux droits d’accès et à l’utilisation de logiciels pensés d’abord pour les employés de bureau.
Le financement traduit une conviction précise sur le marché de l’IA au travail : l’accès à ces technologies ne dépend pas seulement de la puissance des modèles. Il faut aussi une identité numérique, un canal utilisable, des connaissances d’entreprise correctement accessibles et les autorisations nécessaires pour interagir avec les systèmes métier.
Flip veut développer ces différentes couches pour les travailleurs sans bureau. Le soutien renouvelé de Notion Capital et de HV Capital, ainsi que l’arrivée de la L-Bank, confirme l’appui financier dont bénéficie sa stratégie centrée sur les équipes de terrain.
Le véritable test sera désormais double : Fusion devra produire des applications fiables et réellement utiles dans des environnements opérationnels, tandis que Frontline Identity devra rendre l’accès à l’IA praticable à grande échelle. À ce stade, Flip affiche une proposition claire : rapprocher identité, communication, processus et intelligence artificielle pour des salariés longtemps moins bien servis par les logiciels conçus autour du bureau.