Au moment du lancement, la bourse a fixé les prix de référence à 365 yuans par gramme pour le palladium et 405 yuans par gramme pour le platine.
Les premières semaines ont montré un intérêt important du marché. Certains contrats ont rapidement progressé et ont même atteint leurs limites quotidiennes de variation, signe d’une forte activité d’achat et d’une volatilité notable dans ce nouveau marché.
Lorsqu’un contrat à terme domestique se négocie au‑dessus des prix internationaux, une opportunité d’arbitrage peut apparaître.
Le mécanisme est assez classique dans les marchés de matières premières :
• un trader achète le métal physique sur le marché international à un prix plus bas ;
• le métal est expédié vers le marché domestique où les prix sont plus élevés ;
• l’importateur vend ou couvre ce métal via le contrat à terme local plus cher.
Si l’écart de prix couvre les coûts de transport, de financement et de fiscalité, l’opération devient rentable. Dans ce cas, le différentiel de prix agit comme un aimant qui attire l’offre physique vers le pays.
Malgré les rumeurs circulant sur les marchés, les sources disponibles ne fournissent aucune statistique confirmée montrant que les importations de palladium de la Chine ont atteint un niveau record en avril 2026.
La Chine est déjà l’un des principaux importateurs mondiaux de palladium, principalement pour deux secteurs :
• les catalyseurs automobiles utilisés dans les moteurs à combustion
• l’électronique et certains composants industriels.
Mais aucune donnée douanière citée dans les sources ne confirme une flambée exceptionnelle des importations ce mois‑là ni ne quantifie un éventuel afflux lié directement au marché à terme.
Autrement dit, le mécanisme est plausible sur le plan financier, mais les chiffres publics ne permettent pas de valider la théorie d’un afflux record en avril 2026.
Si le cas du palladium reste incertain, un phénomène similaire est clairement documenté pour l’argent.
Selon les données douanières chinoises, la Chine a importé environ 836 tonnes d’argent en mars 2026, soit bien au‑dessus de la moyenne saisonnière d’environ 306 tonnes observée sur dix ans pour ce mois.
Plusieurs facteurs expliquent cette hausse spectaculaire :
• une forte demande industrielle, notamment dans la fabrication de panneaux solaires
• un déplacement d’une partie des investisseurs vers l’argent alors que l’or atteignait des niveaux très élevés
• une offre domestique insuffisante qui a poussé les prix chinois au‑dessus des références internationales
Lorsque les prix domestiques dépassent les prix mondiaux, le métal physique afflue naturellement vers ce marché, un phénomène déjà observé à plusieurs reprises dans les matières premières.
En théorie, oui.
Si les contrats à terme chinois sur le palladium restent durablement plus élevés que les prix internationaux, les traders auraient tout intérêt à importer du métal pour le livrer contre ces contrats. Cela augmenterait progressivement l’offre disponible en Chine.
Ce processus a généralement un effet d’autorégulation :
• des prix domestiques élevés attirent les importations
• l’offre supplémentaire réduit l’écart de prix
• la prime sur le marché local finit par diminuer
Même si l’arbitrage tend à stabiliser les prix à long terme, les premières phases d’un nouveau marché à terme peuvent être particulièrement instables.
Plusieurs éléments peuvent amplifier les fluctuations :
• des stocks livrables encore limités
• les délais logistiques liés à l’importation de métal physique
• les limites de position ou de variation imposées par la bourse
• la spéculation autour d’un nouveau produit financier
Les contrats du GFEX ont déjà connu des mouvements rapides et des séances atteignant les limites de variation, illustrant cette volatilité initiale.
Le lancement des contrats à terme sur le palladium en Chine a créé les conditions techniques permettant un arbitrage entre prix chinois et prix internationaux, ce qui pourrait théoriquement attirer du métal physique vers le pays.
Cependant, les données accessibles aujourd’hui ne confirment pas l’existence d’un afflux record de palladium en avril 2026 ni l’ampleur d’éventuelles importations supplémentaires.
Ce qui est bien documenté, en revanche, c’est une tendance plus large : en 2026, la demande chinoise de métaux précieux — notamment pour l’argent — a été suffisamment forte pour pousser les prix domestiques au‑dessus des références mondiales et attirer d’importants volumes physiques.
Si un écart similaire apparaît durablement sur le palladium, les mêmes forces d’arbitrage pourraient finir par produire le même type de mouvement.