Le décaissement du Bhoutan semble venir de trois pressions qui se superposent : des entrées de nouveaux BTC plus faibles, des besoins de liquidité à court terme et le financement de projets nationaux, dont Gelephu Mindfulness City . Les rapports décrivent des transferts depuis des portefeuilles liés au gouvernement royal du Bhoutan et à Druk Holding & Investments vers des adresses liées à des plateformes ou à des contreparties de gré à gré, dites OTC, un canal souvent utilisé pour limiter l’impact sur le marché ouvert .
La meilleure lecture n’est donc pas un chiffre unique au centime près. À fin avril et début mai 2026, les sources disponibles pointaient plutôt vers une fourchette : environ 215 à 234 millions de dollars de BTC vendus ou déplacés depuis le début de l’année, avec 3 500 à 3 800 BTC encore détenus . Ces chiffres doivent rester des estimations : ils sont déduits de mouvements de portefeuilles et de suivis tiers, pas d’une comptabilité gouvernementale complète .
Le total rapporté a évolué vite, car chaque nouveau transfert visible sur la blockchain a changé la photographie du moment. C’est ce qui explique les écarts entre les articles publiés en mars, avril et mai.
| Moment du suivi | Ce qui a été rapporté |
|---|---|
| Début mars 2026 | Environ 42,5 millions de dollars en BTC et USDT avaient quitté des portefeuilles liés au Bhoutan depuis le début de l’année . |
| Fin mars 2026 | Un transfert de 519,7 BTC, valorisé environ 36,75 millions de dollars, a porté les sorties 2026 au-dessus de 152 millions de dollars, avec des avoirs proches de 4 453 BTC . |
| Début avril 2026 | De nouveaux transferts ont été suivis, dont 319,7 BTC, valorisés environ 22,7 millions de dollars . |
| 10-11 avril 2026 | D’autres rapports ont évalué les liquidations 2026 à plus de 233 millions de dollars, pour environ 3 774 BTC restants, soit près de 272,5 millions de dollars aux cours du moment . |
| 1er mai 2026 | Un rapport ultérieur parlait de plus de 215 millions de dollars de ventes en 2026 et de réserves autour de 3 500 BTC en avril . |
Le chiffre de travail le plus prudent est donc une plage : environ 215 à 234 millions de dollars vendus ou déplacés en 2026, et environ 3 500 à 3 800 BTC conservés vers avril . L’écart tient aux dates d’arrêt des calculs, aux prix du BTC retenus et au fait qu’un mouvement de portefeuille n’équivaut pas toujours à une vente officiellement confirmée .
L’idée de départ du Bhoutan reposait sur un avantage réel : une hydroélectricité abondante et peu coûteuse pour alimenter du minage de Bitcoin soutenu par l’État . Mais les rapports de 2026 indiquent que les entrées liées au minage ont ralenti, voire se sont arrêtées, au moment même où les sorties de BTC s’accéléraient .
Deux facteurs économiques sont régulièrement cités : le halving de 2024 et la hausse de la difficulté de minage . Le halving a réduit la quantité de nouveaux BTC attribués à chaque bloc, tandis que la difficulté croissante signifie que davantage de puissance de calcul se dispute les mêmes récompenses. En pratique, l’avantage hydroélectrique peut toujours réduire les coûts d’exploitation, mais il ne semble pas avoir produit assez de nouveaux BTC pour compenser le rythme des ventes de 2026 .
Gelephu Mindfulness City est un projet de région administrative spéciale et de pôle économique dans le sud du Bhoutan . En décembre 2025, le pays a annoncé un Bitcoin Development Pledge pouvant aller jusqu’à 10 000 BTC, valorisé par les rapports entre environ 860 millions et 1 milliard de dollars à ce moment-là, afin de soutenir le développement du projet .
Les premiers articles présentaient cet engagement comme une stratégie de trésorerie de long terme, avec des pistes comme la mise en garantie, des stratégies de rendement ou la conservation prolongée des BTC plutôt qu’une liquidation immédiate . Les sorties observées en 2026 changent toutefois la lecture : plusieurs rapports relient désormais les ventes effectives de BTC au financement d’infrastructures nationales et de Gelephu Mindfulness City .
La différence est importante. Vendre du BTC donne des liquidités immédiates pour des dépenses de développement, mais réduit aussi la réserve mobilisable demain . Si les avoirs du Bhoutan se situent bien autour de 3 500 à 3 800 BTC, ils sont très inférieurs au plafond d’engagement de 10 000 BTC annoncé auparavant, sauf si de nouveaux BTC minés, d’autres réserves ou une structure de financement différente viennent combler l’écart .
Le scénario de septembre doit être compris comme une alerte par extrapolation, pas comme une échéance officielle. Un rapport d’avril évaluait les liquidations 2026 à environ 233,75 millions de dollars et les avoirs restants à environ 272,5 millions de dollars . Un rapport de mai parlait de plus de 215 millions de dollars de ventes et d’environ 3 500 BTC restants en avril . Si les ventes se poursuivaient au même rythme en dollars, la réserve suivie pourrait entrer dans une zone de tension à la fin de l’été ou au début de l’automne.
Mais cette projection est très sensible. Un prix du BTC plus élevé, un ralentissement des ventes, une reprise du minage ou des réserves non captées par les portefeuilles suivis allongeraient la durée de vie de la trésorerie. À l’inverse, une liquidation plus rapide ou une baisse du prix du BTC la raccourcirait. Le gouvernement n’a pas publié de calendrier détaillé de vente, et les rapports disponibles soulignent l’absence de transparence complète sur le plan de liquidation .
Le Bhoutan ne semble pas simplement brader un actif dormant. La lecture la plus solide est celle d’un État qui monétise une réserve de Bitcoin minée grâce à l’hydroélectricité au moment où l’économie du minage devient moins favorable et où Gelephu Mindfulness City demande des capitaux de développement . L’estimation la mieux étayée reste la suivante : 215 à 234 millions de dollars de BTC vendus ou déplacés en 2026, et environ 3 500 à 3 800 BTC encore détenus vers avril . La capacité de cette réserve à soutenir le projet dans la durée dépendra du rythme des ventes, du prix du Bitcoin et de la possibilité de reconstituer la trésorerie par le minage ou par d’autres financements.