Cette performance est cruciale, car AWS est le moteur principal de la rentabilité d’Amazon. Ses marges élevées compensent largement celles, plus faibles, du commerce en ligne.
L’accélération d’AWS est étroitement liée à la montée en puissance de l’intelligence artificielle.
Les entreprises qui développent ou déploient des modèles d’IA générative ont besoin d’une puissance de calcul massive. Les plateformes cloud sont devenues le moyen le plus simple d’accéder à cette infrastructure.
Amazon a positionné AWS comme une plateforme centrale pour ces usages grâce à plusieurs briques technologiques : outils d’IA générative, puces conçues en interne et services cloud spécialisés pour les entreprises.
Un indicateur illustre cette demande : le carnet de commandes d’AWS est estimé à environ 244 milliards de dollars, représentant des contrats futurs sur plusieurs années. Cela offre une visibilité importante sur la croissance à venir.
De grands partenariats technologiques et des contrats d’infrastructure liés à l’IA renforcent l’idée que ces charges de travail pourraient soutenir la demande cloud pendant longtemps.
Pour répondre à cette demande, Amazon lance l’un des plus grands programmes d’investissement de l’histoire des entreprises technologiques.
La société prévoit environ 200 milliards de dollars de dépenses d’investissement, principalement pour construire des centres de données, développer des réseaux et concevoir des puces optimisées pour l’apprentissage automatique.
À court terme, cette stratégie pèse déjà sur les indicateurs financiers. Les dépenses d’investissement ont bondi début 2026, atteignant 44,2 milliards de dollars au premier trimestre, soit une hausse de 76 % sur un an. Dans le même temps, le flux de trésorerie disponible a nettement diminué.
La direction d’Amazon assume ce compromis : accepter une pression temporaire sur la trésorerie pour construire l’infrastructure nécessaire à plusieurs années de demande en IA.
De nombreux analystes estiment que cette stratégie pourrait soutenir une valorisation encore plus élevée.
Le consensus des analystes reste largement positif, avec une majorité de recommandations Buy ou Strong Buy sur le titre Amazon.
Certains scénarios évoquent un potentiel important si la croissance des bénéfices se poursuit. Par exemple, une estimation évoque un bénéfice par action d’environ 7,86 dollars en 2026. Si les résultats dépassaient largement les attentes, la capitalisation d’Amazon pourrait approcher 3,3 billions de dollars (3 300 milliards).
Ces projections reposent généralement sur plusieurs hypothèses :
Si ces conditions sont réunies, les investisseurs pourraient continuer à accorder à Amazon un multiple de valorisation élevé.
Malgré cet optimisme, la valorisation visée n’est pas considérée comme acquise.
La principale inquiétude concerne l’ampleur et le calendrier des investissements dans l’IA. Amazon dépense aujourd’hui des sommes colossales alors que le retour sur investissement complet n’est pas encore visible.
Plusieurs incertitudes persistent :
Comme AWS représente le principal moteur de profit d’Amazon, la moindre variation de sa croissance peut fortement influencer la valorisation de l’entreprise.
Les prochains trimestres devraient clarifier la trajectoire.
Si Amazon confirme :
alors la thèse d’une capitalisation à 3 000 milliards gagnera en crédibilité.
À l’inverse, si les dépenses continuent d’augmenter plus vite que les revenus ou si la croissance du cloud ralentit, le marché pourrait revoir ses attentes.
La trajectoire d’Amazon vers les 3 000 milliards de dollars de valorisation repose sur une idée centrale : la demande mondiale en intelligence artificielle déclenche un nouveau cycle de croissance du cloud, et AWS est bien placé pour en capter une part importante.
Les résultats solides, l’accélération du cloud et l’optimisme des analystes soutiennent ce scénario. Mais le pari colossal de 200 milliards de dollars dans l’infrastructure IA signifie aussi que les prochaines années seront décisives pour prouver que ces investissements peuvent générer les rendements attendus.
Pour l’instant, l’objectif paraît crédible — mais il reste loin d’être garanti.