Le programme est dirigé par le comité technique de normalisation pour les robots humanoïdes et l'intelligence incarnée (HEIS), qui opère sous l'égide du Ministère de l'Industrie et des Technologies de l'Information (MIIT) chinois. Le comité a présenté à la fois la plateforme de gestion du cycle de vie et la norme officielle – la Spécification de gestion du cycle de vie complet des robots humanoïdes – lors d'une conférence de travail dans la zone de développement économique et technologique de Pékin.
Un projet précurseur à ce déploiement national avait vu le jour plus tôt ce mois-ci. Le 12 mai, le Centre d'innovation en robotique humanoïde du Hubei avait émis ce qu'il avait appelé la première « carte d'identité numérique » pour un robot humanoïde. Ce pilote régional a établi le principe d'un code unique par machine, de traçabilité complète et de responsabilité claire, que la norme nationale HEIS vient de formaliser à l'échelle du pays.
Ce code d'identification s'inspire explicitement du système de carte d'identité des citoyens chinois, bien qu'il comporte 29 caractères au lieu de 18. Chaque code est divisé en quatre segments structurés, conçus pour identifier le robot à plusieurs niveaux simultanément.
1. Code national (2 chiffres) – Utilise la norme GB/T 2659.1 pour les codes pays, ce qui clarifie l'origine du robot et facilite la traçabilité transfrontalière alors que les robots chinois sont exportés.
2. Code entreprise (4 chiffres) – Identifie de manière unique le fabricant pour garantir que les parties responsables sont traçables.
3. Code modèle de produit (6 chiffres) – Correspond au modèle spécifique et à ses caractéristiques techniques, permettant la classification du produit et l'identification de sa date de fabrication.
4. Numéro de série (17 chiffres) – Sert d'identifiant individuel unique au sein d'un même modèle, permettant un suivi précis à l'unité, de la production au recyclage.
Selon Dong Jian, directeur du Centre de recherche en technologies de l'information à l'Institut de normalisation électronique de Chine (CESI), cette structure en quatre segments équilibre une « rigidité de gestion » avec une « flexibilité technique ». Les codes nationaux, entreprise, produit et série garantissent une unicité mondiale et une traçabilité obligatoires, tandis que la conception du système permet aux fabricants de personnaliser certaines parties du code pour rester compatibles avec leurs schémas d'identification internes existants.
La norme couvre chaque acteur de l'écosystème robotique : fabricants, prestataires de services, vendeurs, utilisateurs et organismes de recyclage. L'identité numérique est conçue pour être lisible de manière permanente tout au long du cycle de vie du robot :
Ce n'est pas une simple étiquette de suivi. L'objectif affiché par le gouvernement est d'assurer « la traçabilité à la source, la contrôlabilité de l'ensemble du processus, la prévention des risques et la responsabilisation » sur l'ensemble du secteur. Le code est décrit comme unique et inaltérable pour toute la durée de vie du robot, créant un enregistrement numérique permanent.
L'industrie chinoise de la robotique humanoïde a connu une croissance rapide sans cadre de normalisation unifié jusqu'à présent. En imposant un système de carte d'identité numérique obligatoire, le gouvernement cherche à résoudre plusieurs problèmes à la fois.
Premièrement, cela crée une responsabilité sur la qualité des produits. Lorsqu'un robot tombe en panne ou cause des dommages, son identité numérique fournit une chaîne de responsabilité sans ambiguïté, remontant jusqu'au fabricant et à sa chaîne d'approvisionnement.
Deuxièmement, cela met en place une infrastructure réglementaire en amont d'un déploiement de masse. Alors que les robots humanoïdes passent des environnements industriels spécialisés aux espaces publics et aux consommateurs – soins aux personnes âgées, logistique, vente au détail – les régulateurs ont besoin d'un système pour les surveiller. La plateforme d'identification offre au gouvernement une base de données nationale pour savoir quels robots existent, où ils se trouvent et qui les a fabriqués.
Troisièmement, cela facilite le commerce transfrontalier. Le code national et le cadre général de traçabilité sont conçus en tenant compte des normes internationales, préparant les fabricants chinois aux marchés d'exportation qui pourraient exiger une documentation équivalente.
La normalisation de l'industrie renforce également la compétitivité de l'écosystème national. La plateforme a été décrite comme une étape vers une « écologie industrielle ouverte, inclusive et gagnant-gagnant », signalant que le gouvernement entend consolider les pratiques fragmentées des fabricants en une norme nationale cohérente.
Il faut noter que la norme est obligatoire pour les robots entrant dans les circuits de production, de distribution, de maintenance, de recyclage et de mise au rebut. Le langage utilisé dans les annonces officielles est sans ambiguïté : chaque robot humanoïde, de sa sortie d'usine à sa fin de vie, doit porter un numéro d'identité unique et permanent.