Il souligne aussi que le contexte économique de la F1 a changé. Grâce au plafonnement des budgets (cost cap) et à des revenus commerciaux plus élevés, les équipes sont aujourd’hui financièrement plus stables. Les structures de type « A/B team » seraient donc moins nécessaires qu’autrefois pour assurer la survie d’une écurie.
L’exemple le plus souvent cité est celui du groupe Red Bull. La société autrichienne possède Red Bull Racing, multiple championne du monde, mais aussi Racing Bulls (anciennement AlphaTauri). C’est actuellement le cas le plus clair d’une même entreprise contrôlant deux équipes en Formule 1.
Même si cette structure existe depuis de nombreuses années, Brown estime qu’elle ne devrait pas devenir un modèle à reproduire dans le futur.
Le débat s’est intensifié récemment après des informations indiquant que Mercedes pourrait acquérir une participation minoritaire dans Alpine, l’équipe détenue par Renault. Même une participation partielle pourrait créer de nouveaux liens entre équipes concurrentes.
Brown insiste cependant sur le fait que sa critique ne vise pas une équipe en particulier : elle concerne toute situation où une organisation pourrait influencer plusieurs concurrents dans le championnat.
Au‑delà de la propriété elle‑même, Brown évoque aussi les risques liés aux collaborations opérationnelles.
Selon lui, des équipes étroitement liées pourraient partager ou coordonner certains éléments :
Même si ces pratiques restent réglementées, Brown estime qu’elles pourraient faciliter la circulation d’informations techniques ou stratégiques entre équipes supposées être indépendantes.
Mohammed Ben Sulayem, président de la Fédération internationale de l’automobile (l’instance qui régule la F1), a reconnu que le sujet était désormais à l’étude.
Après les rumeurs concernant Mercedes et Alpine, la FIA a confirmé qu’elle examinait officiellement la question de la multi‑propriété d’équipes et ses implications pour l’intégrité sportive.
Ben Sulayem a indiqué que, selon son opinion personnelle, posséder plusieurs équipes n’était « probablement pas la bonne approche ». Mais il a aussi souligné que la situation reste complexe et nécessite une analyse approfondie avant toute décision réglementaire.
Il a également laissé entendre que les participations minoritaires pourraient être autorisées dans certains cas, ce qui suggère que la FIA envisage plusieurs options plutôt qu’une interdiction immédiate et totale.
Plusieurs facteurs donnent aujourd’hui à ce débat une dimension plus sérieuse qu’auparavant.
D’abord, Zak Brown a transformé ses critiques publiques en pression institutionnelle, en adressant directement une lettre détaillée à la direction de la FIA.
Ensuite, l’instance dirigeante a confirmé qu’elle analyse officiellement la question, au lieu de la considérer comme un simple désaccord entre équipes.
Enfin, l’éventualité de nouveaux investissements croisés — comme un lien entre Mercedes et Alpine — élargit la discussion bien au‑delà du modèle historique Red Bull/Racing Bulls et fait craindre que ce type de structure se multiplie sur la grille.
Pour ces raisons, la question n’est plus seulement théorique. La FIA examine désormais si la Formule 1 doit renforcer les règles encadrant la propriété, l’investissement et la coopération entre équipes afin de préserver l’indépendance sportive de chaque écurie.
Si des changements sont adoptés, ils pourraient redéfinir la manière dont les équipes de F1 peuvent être détenues ou liées entre elles dans les années à venir.