L'impact varie fortement selon les segments de marché. C'est l'entrée de gamme, où les marges sont déjà très faibles, qui souffre le plus. Selon Counterpoint, le coût de la nomenclature (BoM, pour "Bill of Materials") des téléphones à moins de 200 dollars a bondi de 20 à 30 % . Cette situation contraint de nombreux fabricants à une retraite stratégique inconfortable : réduire les livraisons de modèles d'entrée de gamme et, dans certains cas, dégrader les spécifications internes pour maintenir des prix attractifs
. Le résultat net au premier trimestre 2026 est une contraction de 1,6 % du marché chinois dans son ensemble, les livraisons de Xiaomi ayant chuté de 18 % en glissement annuel, la demande des consommateurs s'étant affaiblie face à la hausse des prix
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Au milieu de ce marasme général, Huawei fait figure de notable exception. Les données de Counterpoint indiquent que Huawei a été la seule grande marque chinoise à avoir augmenté ses livraisons au cours du premier semestre 2026 . Cette résilience n'a rien d'un hasard. Là où des marques comme Xiaomi et Transsion dépendent fortement de modèles d'entrée de gamme à très gros volumes — des segments où il est quasiment impossible de répercuter les hausses de coûts —, la force de Huawei réside dans le segment premium
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La clientèle de Huawei est bien moins sensible à une augmentation de prix de 100 euros, par exemple, ce qui permet à l'entreprise d'absorber ou de répercuter la hausse du coût des composants sans voir sa demande s'effondrer. Ainsi, alors même que le marché domestique dans son ensemble battait de l'aile et que les coûts de la mémoire atteignaient des sommets, Huawei a réussi à conserver sa place de leader en parts de marché en Chine sur l'ensemble de l'année 2025, avec 16,9 %, avant que la crise ne s'aggrave . Ce positionnement stratégique sur le haut de gamme a transformé une crise d'approvisionnement en un véritable bouclier concurrentiel.
Counterpoint Research a fortement réduit ses prévisions de livraisons mondiales de smartphones pour l'année 2026. Le cabinet prévoit désormais une baisse de 2,1 % des expéditions mondiales — une révision significative par rapport à ses perspectives antérieures, qui tablaient sur une croissance stable ou positive . Le cabinet pointe explicitement la « hausse rapide du coût des composants » due aux pénuries de mémoire comme le principal facteur de cette correction
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Les premières données sont déjà plus alarmantes que les prévisions annuelles. Au premier trimestre 2026, les livraisons mondiales réelles se sont contractées de 6 % en glissement annuel, les pénuries de DRAM et de NAND ayant perturbé la production des équipementiers tout en freinant une confiance des consommateurs déjà atone . La crise ne frappe pas tout le monde de manière égale. Counterpoint note qu'Apple et Samsung sont les mieux positionnés pour traverser la tempête grâce à leur taille massive, leur contrôle sur la chaîne d'approvisionnement et la puissance de leur tarification premium
. De fait, Apple a augmenté ses livraisons de 5 % au premier trimestre 2026, s'emparant pour la première fois de la place de leader mondial sur un premier trimestre
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La cause profonde de cette crise se situe en amont de la chaîne de valeur. Les géants de la mémoire que sont Samsung, SK Hynix et Micron ont massivement réorienté leurs capacités de production vers la mémoire à large bande passante (HBM) destinée aux centres de données d'IA. Ce pivot stratégique a privé les chaînes d'approvisionnement pour smartphones et PC de DRAM et de NAND conventionnelles, faisant grimper les prix à des niveaux records et plongeant les fabricants d'appareils grand public dans une concurrence féroce pour les volumes restants . Le consensus parmi les analystes du secteur suggère que cette pénurie de mémoire pourrait persister jusqu'en 2027
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L'industrie du smartphone est aux prises avec une transformation systémique du paysage des semi-conducteurs. Lorsque l'appétit insatiable de l'IA pour la mémoire commence à dicter le prix d'un téléphone milieu de gamme à Pékin ou à Paris, les anciennes règles de la chaîne d'approvisionnement ne s'appliquent plus. Pour les marques chinoises, la capacité à monter en gamme — à l'instar de Huawei — risque de ne plus être une simple stratégie de croissance, mais une véritable question de survie.