Quelques semaines avant la sortie de la console, en novembre 2020, Sony repoussa brutalement le titre à février 2021 et remboursa les précommandes . Quand le jeu sortit enfin le 2 février 2021, le tarif initial de 69,99 $ s’était volatilisé : le jeu fut offert aux abonnés PlayStation Plus pendant deux mois
. Ce revirement de dernière minute — passer d’un produit premium à une simple ligne dans un abonnement — en disait long sur la confiance de l’éditeur en sa viabilité commerciale.
Lorsqu’il quitta le catalogue PlayStation Plus le 6 avril 2021, Sony fixa un tarif permanent de 19,99 $ — une décote monumentale par rapport au projet initial . Un effondrement tarifaire quasi inédit pour une exclusivité PlayStation, qui laissa Destruction AllStars entre deux eaux : trop cher pour le grand public, jamais assez gratuit pour adopter le modèle free‑to‑play. Lucid Games introduisit des « changements substantiels » en 2022 et envisagea sérieusement de passer en gratuit, mais la base de joueurs ne décolla jamais vraiment
. Les comptes officiels sur les réseaux sociaux se sont tus après 2022
.
La façon dont l’arrêt a été mené restera comme une leçon brutale sur la volatilité des jeux live‑service. Sony n’a émis aucune annonce préalable : pas de période de grâce pour télécharger le jeu une dernière fois, pas d’événement d’adieu, pas de billet sur le blog officiel. Les joueurs ont découvert la nouvelle le 26 mai même, par une notification système et un courriel tombés sans crier gare .
La monnaie virtuelle Destruction Points a cessé d’être commercialisée dans la foulée, mais les détenteurs ont jusqu’au 25 novembre 2026 pour dépenser leur solde restant . Passé cette date, tout support serveur s’éteindra définitivement. Le mode Arcade, seul vestige jouable hors‑ligne contre l’IA, survivra pour les détenteurs actuels, bien que Sony prévienne que les « fonctionnalités et l’expérience de jeu » pourraient être altérées par la coupure des serveurs
. En clair, un jeu vendu comme une expérience multijoueur de pointe a été réduit à une coquille logicielle sans lien avec l’extérieur.
Le débranchement sans cérémonie de Destruction AllStars ne constitue pas un accident isolé : il boucle l’un des paris live‑service les plus agressifs — et les plus ratés — de l’histoire récente des consoles. En 2022, Jim Ryan, alors CEO de Sony, annonçait le lancement de 12 jeux‑service d’ici 2025, une stratégie dopée par l’acquisition de Bungie . Dès 2025, ce chiffre était réduit à six, après une vague d’annulations en cascade
.
Les dégâts sont spectaculaires :
Destruction AllStars était le premier pari de cette stratégie, lancé avant même que le virage ne soit officialisé. Sa suppression discrète en 2026 referme une expérience de cinq ans qui a débuté avec une image de marque à 69,99 $ et s’achève comme un fantôme numérique .