Oleh Hryhorov, chef de l’administration militaire régionale de Soumy, a qualifié la frappe de « attaque cynique » et indiqué que les autorités continuaient d’établir les circonstances exactes de l’incident.
Selon des médias locaux, le drone a explosé près d’un bus ou d’autres véhicules faisant partie du cortège funéraire alors que les participants se rendaient au lieu d’inhumation.
Soumy se trouve près de la frontière avec la Russie, ce qui la rend particulièrement exposée aux attaques transfrontalières. Depuis le début de l’invasion à grande échelle, la région subit régulièrement des frappes de drones, de missiles et d’artillerie.
Plusieurs attaques ont été signalées dans les jours entourant celle visant la procession funéraire :
Ces épisodes illustrent la pression constante exercée sur cette zone frontalière.
Les autorités ukrainiennes affirment que l’attaque contre la procession funéraire reflète une tendance plus large.
Selon le bureau du procureur général ukrainien, les enquêteurs ont documenté plus de 11 000 attaques de drones à courte portée contre des civils depuis 2024.
Répartition des cas recensés :
Les procureurs indiquent que ces drones ont été utilisés pour viser des zones résidentielles, des véhicules civils, des infrastructures, des hôpitaux ou des lieux de rassemblement. Dans certains cas, ils évoquent des « double frappes », lorsque le même endroit est attaqué à nouveau après l’arrivée des secours.
La région méridionale de Kherson figure parmi les plus touchées : les autorités ukrainiennes indiquent que 127 civils y ont été tués par des attaques de drones à courte portée, illustrant l’utilisation répétée de cette tactique dans des zones habitées.
Plusieurs organisations internationales et ONG ont également documenté ces attaques.
Une enquête soutenue par les Nations unies a conclu que des frappes de drones russes contre des civils dans certaines zones de la région de Kherson depuis 2024 pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
L’organisation Human Rights Watch a également signalé que les forces russes ont à plusieurs reprises utilisé de petits drones pour frapper des civils ou des objets civils, qualifiant ces actions de violations graves du droit de la guerre.
Par ailleurs, le Haut‑Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a observé que la multiplication des drones à courte portée contribue à une hausse des victimes civiles, avec des centaines de morts et plus d’un millier de blessés dans des incidents vérifiés.
La frappe contre la procession funéraire près de Soumy illustre l’évolution de la guerre en Ukraine, où les drones bon marché et facilement déployables sont devenus un élément central des combats.
Initialement utilisés principalement contre des objectifs militaires, ces appareils sont désormais impliqués dans des frappes qui touchent fréquemment des zones civiles, en particulier dans les régions proches de la frontière.
Pour les habitants du nord de l’Ukraine — notamment à Soumy — l’attaque rappelle que le risque d’une frappe peut surgir à tout moment, y compris lors d’événements de la vie quotidienne comme des rassemblements publics ou des funérailles.