Les premiers rapports indiquaient que trois trains avaient été immobilisés, tandis que certains comptes rendus ultérieurs évoquent quatre trains affectés. Dans tous les cas, l’interruption du réseau a duré environ 48 minutes avant un retour à la normale.
Comme le signal paraissait authentique, le personnel ferroviaire a suivi les procédures standard pour éviter tout risque d’accident.
Selon les enquêteurs, le suspect aurait ciblé le système de communication TETRA (Terrestrial Trunked Radio) utilisé par le personnel du réseau ferroviaire pour coordonner les opérations.
Les informations citées par les enquêteurs et les chercheurs en cybersécurité suggèrent que l’étudiant aurait utilisé :
Ces outils lui auraient permis d’analyser les paramètres du réseau et d’émettre ensuite un faux message prioritaire imitant l’alerte « General Alarm ».
Le système a alors interprété ce message comme une alerte réelle, déclenchant automatiquement les procédures d’urgence.
Ce type d’attaque est généralement appelé spoofing radio : l’envoi d’un signal falsifié qui semble légitime pour le système qui le reçoit.
Peu après l’incident, Taiwan High Speed Rail a signalé la perturbation aux autorités.
Plusieurs organismes ont été mobilisés pour l’enquête, notamment :
Grâce au traçage du signal et à l’analyse technique, les enquêteurs ont identifié un suspect : un étudiant de 23 ans, nommé Lin selon son nom de famille.
Le 28 avril, Lin a été convoqué pour interrogatoire. Les autorités ont également mené des perquisitions dans trois lieux, dont son domicile et son lieu de travail, où elles ont saisi du matériel radio et plusieurs appareils électroniques pour analyse judiciaire.
Après l’interrogatoire, les procureurs ont décidé de libérer l’étudiant sous caution de 100 000 dollars taïwanais (environ 3 000 dollars américains) pendant la poursuite de l’enquête.
Le parquet considère l’affaire comme un incident sérieux lié à la sécurité des transports publics. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer si le suspect :
Les autorités ont souligné que ce type d’interférence pourrait mettre en danger la sécurité des transports si elle survenait dans d’autres circonstances ou pendant des périodes de trafic plus intense.
Au‑delà de l’incident lui‑même, l’affaire a relancé les inquiétudes concernant la sécurité des systèmes radio utilisés par les infrastructures critiques.
Après l’événement, Taiwan High Speed Rail a annoncé examiner la sécurité de son réseau de communication radio afin d’éviter qu’un incident similaire ne se reproduise.
Même si la perturbation n’a duré qu’un peu moins d’une heure, l’épisode illustre un phénomène de plus en plus étudié par les spécialistes : les attaques cyber‑physiques, où une manipulation numérique ou radio entraîne des conséquences bien réelles — comme l’arrêt de trains circulant à grande vitesse.