La mise en œuvre doit également reposer sur un mécanisme de vérification. Des « zones pilotes » doivent d’abord être placées sous la responsabilité sécuritaire de l’armée libanaise. Les forces israéliennes sont ensuite censées se redéployer une fois les conditions de sécurité vérifiées.
C’est précisément cet enchaînement qui alimente le blocage. Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a rejeté l’accord négocié sous médiation américaine et réaffirmé que son mouvement poursuivrait sa « résistance » armée. De son côté, Israël a conservé des troupes dans une zone de sécurité qu’il a déclarée, au lieu de procéder à un retrait complet.
Après son audience avec le pape, Joseph Aoun s’est entretenu avec le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège. L’archevêque Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les relations avec les États et les organisations internationales, a également participé aux discussions.
Le Vatican a indiqué que ces échanges portaient principalement sur l’accord-cadre, la stabilisation de la frontière sud du Liban et la recherche d’une paix juste et durable.
Le rôle du Saint-Siège reste toutefois diplomatique. Le communiqué officiel du Vatican n’a annoncé ni nouveau mécanisme de contrainte, ni déploiement militaire, ni dispositif formel de médiation. Il associe un soutien à l’application de l’accord à une mise en garde publique sur les « sérieuses difficultés » qui entravent sa mise en œuvre.
La démarche de Joseph Aoun intervient alors que les rapports de surveillance font état d’une forte hausse de l’activité militaire. La Force intérimaire des Nations unies au Liban — la FINUL, ou UNIFIL en anglais — a recensé en moyenne 137 projectiles par jour entre le 5 et le 16 août. Elle en a enregistré 208 un samedi et 185 le dimanche suivant.
La FINUL a également signalé plus de 1 700 violations de l’espace aérien libanais entre le 21 juin et le 11 août, ainsi que plus de 100 frappes aériennes et plus de 1 800 projectiles tirés par l’armée israélienne au cours de cette période.
Les médias d’État libanais ont par ailleurs rapporté que des frappes israéliennes sur Ansar et Deir al-Zahrani avaient tué au moins 11 personnes, dont trois enfants et deux femmes. Le président Aoun a déclaré que ces attaques illustraient clairement les difficultés du processus de négociation et des efforts visant à appliquer l’accord-cadre.
Ces chiffres décrivent le contexte dans lequel se déroulent les démarches diplomatiques ; ils ne signifient pas que le Vatican puisse contraindre directement les parties à respecter l’accord. Ils expliquent néanmoins pourquoi Beyrouth tente d’élargir son soutien international alors que le calendrier sécuritaire prévu reste bloqué.
La visite de Joseph Aoun à Rome devait également comprendre des entretiens avec le président italien Sergio Mattarella et la Première ministre Giorgia Meloni. Les discussions doivent notamment porter sur l’avenir des forces internationales déployées dans le sud du Liban, alors que le mandat de la FINUL doit arriver à son terme cette année.
La France et l’Italie ont proposé la création d’un dispositif multinational susceptible de remplacer ou de prendre la suite de la FINUL. Ces échanges pourraient influencer la conception d’un futur système de surveillance ou de vérification de l’accord.
À court terme, toutefois, le problème demeure entier : l’accord dépend de mesures auxquelles Israël, le Liban et les acteurs politiques libanais ne souscrivent pas encore de manière uniforme, tandis que les violences se poursuivent dans le sud.