Le bilan opérationnel communiqué ensuite par l’armée de l’air ukrainienne a fixé le total nocturne à 216 drones, comprenant des appareils de type Shahed, Gerbera et Italmas, ainsi que des drones-leurres de type Parodiya. Les 192 drones annoncés comme abattus ou brouillés l’auraient été dans le nord, le sud, l’est et le centre de l’Ukraine.
Le président Volodymyr Zelenskyy a présenté cette attaque comme une décision de Moscou de rompre la pause, accusant la Russie d’avoir « choisi de mettre fin au silence partiel » après plusieurs jours d’accalmie relative.
Les signalements ukrainiens ne décrivent pas une frappe unique, mais une série de dégâts dans plusieurs zones du pays. Zelenskyy a indiqué que les attaques avaient touché Kyiv, Kherson, Dnipro, Kharkiv et d’autres régions.
Les dommages rapportés concernent notamment des immeubles résidentiels, des installations énergétiques, un jardin d’enfants et des infrastructures de transport. Hromadske a fait état d’incendies dans un immeuble d’habitation de grande hauteur à Kyiv, dans un jardin d’enfants à l’extérieur de la capitale et sur une installation ferroviaire, ainsi que de dégâts sur des infrastructures civiles dans la région de Kharkiv.
Le Kyiv Independent a également rapporté que des drones russes avaient été lancés vers la capitale et que des débris étaient tombés sur le toit d’un immeuble résidentiel de 16 étages à Kyiv.
Le bilan humain le plus précis dans les éléments disponibles vient d’Euronews, qui rapporte qu’un homme a été tué et qu’au moins quatre personnes ont été blessées dans la région de Dnipropetrovsk. D’autres comptes rendus évoquent des victimes de manière plus générale, mais les sources fournies ne permettent pas d’établir ici un bilan vérifié plus large.
Le chiffre ukrainien de 192 drones neutralisés sur 216 correspond à environ 89 %. Il faut toutefois lire ce taux avec une nuance importante : l’Ukraine parle à la fois de drones abattus et de drones brouillés électroniquement, et non uniquement d’appareils détruits physiquement par missiles, canons ou autres moyens cinétiques.
Kyiv affirme aussi avoir tenté de prolonger la pause. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a déclaré que l’Ukraine avait proposé à Moscou d’étendre le cessez-le-feu partiel au-delà du 11 mai, mais que la Russie avait répondu par le lancement de plus de 200 drones pendant la nuit.
Zelenskyy a, de son côté, prévenu que l’Ukraine répondrait de manière symétrique aux actions hostiles et a appelé à renforcer les sanctions contre la Russie jusqu’à l’obtention d’une trêve durable.
La trêve elle-même avait déjà été fragilisée par des accusations mutuelles. Selon un reportage Reuters repris par The Star, les deux camps se sont accusés d’avoir violé l’accord, tandis que les combats continuaient le long de la ligne de front.
Pendant la pause, des responsables ukrainiens ont fait état de trois morts dans des frappes de drones russes près des zones de front, ainsi que de plus de 200 affrontements sur le champ de bataille depuis le début de la journée de samedi.
Moscou, de son côté, a accusé Kyiv d’avoir violé le cessez-le-feu 23 802 fois dans la zone que la Russie appelle l’« opération militaire spéciale ». Le ministère russe de la Défense a affirmé que les forces ukrainiennes avaient mené 12 tentatives d’assaut, 767 bombardements à l’aide de lance-roquettes multiples, d’artillerie de campagne et de mortiers, ainsi que 6 905 frappes de drones au cours des 24 heures précédentes.
Ces chiffres doivent être lus comme des accusations russes, et non comme des faits établis de manière indépendante. Les sources fournies rapportent ces déclarations officielles, mais ne les vérifient pas.
La Russie a également revendiqué d’importantes interceptions de drones ukrainiens autour de la période de cessez-le-feu. Selon un reportage lié à l’AFP, le ministère russe de la Défense a affirmé avoir détruit près de 350 drones ukrainiens dans la nuit du 8 mai, tandis que le maire de Moscou a signalé 20 autres drones interceptés dans les deux premières heures suivant le début de la trêve russe.
Un autre compte rendu indique que le ministère russe de la Défense a dit avoir abattu plus de 260 drones ukrainiens pendant la nuit et les premières heures du cessez-le-feu. Comme pour les chiffres de violations, ces données restent des affirmations officielles russes dans les sources disponibles, sans confirmation indépendante fournie ici.
Le cœur factuel du dossier repose sur les chiffres communiqués par Kyiv : l’Ukraine dit que la Russie a lancé 216 drones dans la nuit suivant la fin du cessez-le-feu du 9 au 11 mai, et que 192 ont été abattus ou brouillés. Malgré ce taux élevé de neutralisation annoncé, des impacts ont été enregistrés sur 10 sites, avec des dégâts rapportés sur des lieux civils et des infrastructures, notamment des bâtiments résidentiels, un jardin d’enfants, des sites de transport, des installations ferroviaires et des équipements énergétiques.
Ce qui reste moins clair, en revanche, c’est l’ampleur complète du bilan humain et la réalité des accusations croisées de violation de la trêve. Kyiv et Moscou se rejettent la responsabilité de l’échec de la pause, tandis que les chiffres très élevés avancés par la Russie sur les violations ukrainiennes et les drones interceptés demeurent, dans les éléments disponibles, des allégations officielles.