Pour les marchés, cela signifie une chose : davantage de pétrole pourrait revenir sur le marché mondial si les sanctions étaient assouplies ou si les perturbations liées au conflit diminuaient. L’anticipation d’une offre plus abondante exerce mécaniquement une pression à la baisse sur les prix.
Les traders ont donc rapidement ajusté leurs positions. Le brut américain WTI est ainsi tombé de plus de 5 %, passant sous la barre des 100 dollars le baril.
Un autre événement a renforcé cette baisse : la décision des États‑Unis de reporter une frappe militaire prévue contre l’Iran afin de laisser place aux négociations.
Cette annonce a été interprétée par les marchés comme un signal clair de désescalade. Peu après, les prix du pétrole ont reculé alors que les investisseurs réévaluaient la probabilité d’un conflit régional plus large.
Dans les marchés énergétiques, une grande partie du prix reflète des risques futurs. Quand la probabilité d’une perturbation militaire diminue, les prix peuvent se corriger très rapidement.
Le détroit d’Ormuz — passage maritime étroit entre le Golfe persique et l’océan Indien — est l’un des points de transit pétrolier les plus stratégiques au monde. Environ un cinquième du pétrole mondial y transite.
Même la simple menace d’une perturbation peut faire grimper les prix.
Mais avec les progrès diplomatiques et la perspective d’une normalisation du trafic maritime, les marchés ont commencé à retirer la prime de risque liée à une éventuelle fermeture ou perturbation du détroit.
Quand la probabilité d’un blocage diminue, cette prime de risque disparaît rapidement — entraînant souvent une chute des prix.
La combinaison de ces facteurs — progrès diplomatiques et recul du risque militaire — a déclenché une vente massive sur les marchés pétroliers.
Le 20 mai, le Brent a chuté d’environ 6,4 % pour tomber à près de 100,32 dollars le baril, tandis que le WTI a reculé d’environ 6,5 % à 97,25 dollars. Il s’agit de l’une des plus fortes baisses quotidiennes depuis le début du conflit à la fin février.
Même avec des stocks américains en baisse, les investisseurs ont estimé que les perspectives d’offre mondiale s’amélioraient si les tensions se calmaient.
Depuis le début du conflit en février, les marchés pétroliers réagissent fortement à chaque nouvelle géopolitique. Les prix ont oscillé au gré des annonces concernant :
Chaque information modifie la probabilité d’un choc d’approvisionnement mondial — et donc la prime géopolitique intégrée dans les prix du Brent et du WTI.
Cette chute des prix rappelle un principe fondamental des marchés de matières premières : les anticipations comptent souvent davantage que les données actuelles.
Même si la baisse des stocks américains est généralement un facteur haussier, la perspective d’une détente géopolitique — et d’un retour possible de volumes supplémentaires sur le marché mondial — a suffi à faire reculer les prix.
Tant que les négociations et les risques de conflit resteront incertains, la volatilité du Brent et du WTI devrait rester élevée.