Les rallyes historiques de Séoul et Taipei. À l’autre bout du spectre, les actions sud‑coréennes et taïwanaises affichent des rendements qui marqueront toute une génération. L’indice Kospi sud‑coréen a grimpé d’environ 90 % en 2026 et de quasiment 226 % en dollars depuis le début de l’année 2025 . Il a franchi pour la première fois le seuil des 7 000 points en mai 2026 . Quant au TAIEX taïwanais, il s’est apprécié d’environ 92 % en dollars depuis début 2025, sa capitalisation boursière totale atteignant près de 4 300 milliards de dollars, dépassant celle du Royaume‑Uni .
Une concentration à mille milliards. Quelques entreprises occupent l’épicentre de ce rallye. Les trois sociétés les plus valorisées d’Asie fabriquent toutes des semi‑conducteurs : TSMC, Samsung Electronics et SK Hynix. SK Hynix a rejoint le club des capitalisations à mille milliards de dollars fin mai 2026, après TSMC et Samsung . La performance de ces trois noms détermine aujourd’hui, de manière écrasante, la direction de leurs indices domestiques, créant un risque de concentration significatif .
Le repli du marché hongkongais n’est pas imputable, en premier lieu, à une fuite des capitaux étrangers. Il est le résultat d’une rotation très nette des capitaux en provenance de Chine continentale.
Les capitaux du continent rentrent à la maison. Les investisseurs chinois retirent des sommes record des actions H cotées à Hong Kong pour se repositionner sur des valeurs onshore de l’IA et des semi‑conducteurs, davantage arrimées aux objectifs de politique industrielle de Pékin . Le canal du « Southbound Stock Connect », qui avait enregistré des flux nets entrants record de 1 400 milliards de dollars HK (environ 165 milliards d’euros) en 2025, a vu sa dynamique s’inverser. Les investisseurs particuliers et institutionnels du continent poursuivent désormais les actions chinoises de puces IA, une dynamique qui, selon une analyse, entraîne une « dispersion de valorisation extrême » au sein du secteur . Comme le résume un rapport, « pour l’heure, les investisseurs du continent semblent considérer le marché domestique comme l’expression la plus pure » du thème de l’IA en Chine .
Un problème de composition d’indice. Les indices Hang Seng et Hang Seng TECH sont structurellement décalés par rapport au cycle actuel d’investissement dans l’IA. Ils sont fortement pondérés en géants établis de l’internet et du e‑commerce — comme Tencent, Alibaba et Meituan — et en valeurs financières traditionnelles. Ces secteurs ne bénéficient pas directement du déferlement de dépenses en infrastructures d’IA. En outre, les rares sociétés de semi‑conducteurs cotées à Hong Kong tendent à être des « small caps » récemment introduites, axées sur le récit chinois de substitution aux importations plutôt que sur la chaîne d’approvisionnement mondiale de l’IA .
L’emballement des places de Séoul et Taipei ne repose pas sur la seule spéculation. Il s’appuie sur une authentique flambée des bénéfices, directement liée au déploiement des infrastructures d’IA.
Une demande hors norme pour les puces mémoire et logiques. Le super‑cycle de l’IA a créé un appétit insatiable pour la mémoire à large bande passante (HBM) et les puces logiques avancées. SK Hynix et Samsung dominent l’offre mondiale de HBM, tandis que TSMC fabrique les processeurs d’IA les plus sophistiqués. Cela s’est traduit par une envolée historique des bénéfices : les revenus de la branche puces de Samsung auraient ainsi bondi de près de cinquante fois en un seul trimestre, et, selon les projections, le secteur mondial devrait atteindre 975 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2026 .
Un reclassement mondial. Les flux de l’argent institutionnel reflètent cette nouvelle donne. Selon les données de HSBC, la Bourse de Taïwan a dépassé celle du Canada pour devenir le sixième marché mondial, tandis que la Corée du Sud a surclassé le Royaume‑Uni pour se hisser au huitième rang . Les perspectives semestrielles 2026 d’Invesco identifient explicitement « l’Asie du Nord, particulièrement Taïwan et la Corée du Sud », comme les principaux bénéficiaires du cycle des semi‑conducteurs lié à l’IA . Les stratèges de Goldman Sachs sont restés « surpondérés » sur le secteur, et Citi a noté que les grands investisseurs internationaux accumulaient les valeurs technologiques asiatiques précisément pour leur rôle dans la chaîne d’approvisionnement .
Un rallye étroit mais puissant. La vigueur de ces marchés est extrêmement concentrée. La performance du Kospi dépend de manière écrasante de Samsung et SK Hynix, de même que le TAIEX est porté par TSMC . Bien que certains gérants aient commencé, pour des raisons de valorisation, à réinvestir une partie des profits engrangés en Corée et à Taïwan dans des noms chinois de l’IA, le flux structurel des capitaux institutionnels demeure dirigé vers la chaîne d’approvisionnement en semi‑conducteurs .
Par‑delà les performances depuis le début de l’année, une mutation fondamentale touche à la place qu’occupent les hubs financiers du continent dans l’économie de l’IA.
Ce qui, en surface, ressemble à une simple divergence de marché est en réalité une rotation des capitaux qui redessine durablement la carte financière de l’Asie. Hong Kong se bat pour devenir le principal théâtre où la prochaine génération d’entreprises chinoises de l’IA lève des fonds. La Corée du Sud et Taïwan sont, elles, l’endroit où les investisseurs du monde entier placent leur argent pour posséder le matériel physique qui rend l’IA possible.
Les rallyes historiques de Séoul et Taipei. À l’autre bout du spectre, les actions sud‑coréennes et taïwanaises affichent des rendements qui marqueront toute une génération. L’indice Kospi sud‑coréen a grimpé d’environ 90 % en 2026 et de quasiment 226 % en dollars depuis le début de l’année 2025 . Il a franchi pour la première fois le seuil des 7 000 points en mai 2026 . Quant au TAIEX taïwanais, il s’est apprécié d’environ 92 % en dollars depuis début 2025, sa capitalisation boursière totale atteignant près de 4 300 milliards de dollars, dépassant celle du Royaume‑Uni .
Une concentration à mille milliards. Quelques entreprises occupent l’épicentre de ce rallye. Les trois sociétés les plus valorisées d’Asie fabriquent toutes des semi‑conducteurs : TSMC, Samsung Electronics et SK Hynix. SK Hynix a rejoint le club des capitalisations à mille milliards de dollars fin mai 2026, après TSMC et Samsung . La performance de ces trois noms détermine aujourd’hui, de manière écrasante, la direction de leurs indices domestiques, créant un risque de concentration significatif .
Le repli du marché hongkongais n’est pas imputable, en premier lieu, à une fuite des capitaux étrangers. Il est le résultat d’une rotation très nette des capitaux en provenance de Chine continentale.
Les capitaux du continent rentrent à la maison. Les investisseurs chinois retirent des sommes record des actions H cotées à Hong Kong pour se repositionner sur des valeurs onshore de l’IA et des semi‑conducteurs, davantage arrimées aux objectifs de politique industrielle de Pékin . Le canal du « Southbound Stock Connect », qui avait enregistré des flux nets entrants record de 1 400 milliards de dollars HK (environ 165 milliards d’euros) en 2025, a vu sa dynamique s’inverser. Les investisseurs particuliers et institutionnels du continent poursuivent désormais les actions chinoises de puces IA, une dynamique qui, selon une analyse, entraîne une « dispersion de valorisation extrême » au sein du secteur . Comme le résume un rapport, « pour l’heure, les investisseurs du continent semblent considérer le marché domestique comme l’expression la plus pure » du thème de l’IA en Chine .
Un problème de composition d’indice. Les indices Hang Seng et Hang Seng TECH sont structurellement décalés par rapport au cycle actuel d’investissement dans l’IA. Ils sont fortement pondérés en géants établis de l’internet et du e‑commerce — comme Tencent, Alibaba et Meituan — et en valeurs financières traditionnelles. Ces secteurs ne bénéficient pas directement du déferlement de dépenses en infrastructures d’IA. En outre, les rares sociétés de semi‑conducteurs cotées à Hong Kong tendent à être des « small caps » récemment introduites, axées sur le récit chinois de substitution aux importations plutôt que sur la chaîne d’approvisionnement mondiale de l’IA .
L’emballement des places de Séoul et Taipei ne repose pas sur la seule spéculation. Il s’appuie sur une authentique flambée des bénéfices, directement liée au déploiement des infrastructures d’IA.
Une demande hors norme pour les puces mémoire et logiques. Le super‑cycle de l’IA a créé un appétit insatiable pour la mémoire à large bande passante (HBM) et les puces logiques avancées. SK Hynix et Samsung dominent l’offre mondiale de HBM, tandis que TSMC fabrique les processeurs d’IA les plus sophistiqués. Cela s’est traduit par une envolée historique des bénéfices : les revenus de la branche puces de Samsung auraient ainsi bondi de près de cinquante fois en un seul trimestre, et, selon les projections, le secteur mondial devrait atteindre 975 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2026 .
Un reclassement mondial. Les flux de l’argent institutionnel reflètent cette nouvelle donne. Selon les données de HSBC, la Bourse de Taïwan a dépassé celle du Canada pour devenir le sixième marché mondial, tandis que la Corée du Sud a surclassé le Royaume‑Uni pour se hisser au huitième rang . Les perspectives semestrielles 2026 d’Invesco identifient explicitement « l’Asie du Nord, particulièrement Taïwan et la Corée du Sud », comme les principaux bénéficiaires du cycle des semi‑conducteurs lié à l’IA . Les stratèges de Goldman Sachs sont restés « surpondérés » sur le secteur, et Citi a noté que les grands investisseurs internationaux accumulaient les valeurs technologiques asiatiques précisément pour leur rôle dans la chaîne d’approvisionnement .
Un rallye étroit mais puissant. La vigueur de ces marchés est extrêmement concentrée. La performance du Kospi dépend de manière écrasante de Samsung et SK Hynix, de même que le TAIEX est porté par TSMC . Bien que certains gérants aient commencé, pour des raisons de valorisation, à réinvestir une partie des profits engrangés en Corée et à Taïwan dans des noms chinois de l’IA, le flux structurel des capitaux institutionnels demeure dirigé vers la chaîne d’approvisionnement en semi‑conducteurs .
Par‑delà les performances depuis le début de l’année, une mutation fondamentale touche à la place qu’occupent les hubs financiers du continent dans l’économie de l’IA.
Ce qui, en surface, ressemble à une simple divergence de marché est en réalité une rotation des capitaux qui redessine durablement la carte financière de l’Asie. Hong Kong se bat pour devenir le principal théâtre où la prochaine génération d’entreprises chinoises de l’IA lève des fonds. La Corée du Sud et Taïwan sont, elles, l’endroit où les investisseurs du monde entier placent leur argent pour posséder le matériel physique qui rend l’IA possible.