Le Bitcoin a chuté d'environ 35 % sur un an pendant que le Nasdaq 100, riche en valeurs technologiques, gagnait à peu près autant, créant un écart de performance inédit en sept ans. Pour Arthur Hayes, cofondateur de BitMEX, le Bitcoin est une 'alarme incendie de la liquidité fiduciaire' qui signale le resserrement d...

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Pendant des années, le Bitcoin et le Nasdaq 100 ont évolué en tandem. Cette relation vient de voler en éclats. Sur les douze derniers mois, le Bitcoin a chuté d'environ 35 % alors que l'indice technologique américain a, lui, bondi de près de 35 %. L'écart de rendement atteint ainsi 70 points de pourcentage, du jamais vu depuis près de sept ans selon un rapport de CNBC .
Cette divergence n'est pas qu'une simple curiosité statistique. C'est un signal fort : le contexte de liquidité qui soutenait les actifs à risque a profondément changé, et le Bitcoin, en véritable baromètre avancé, réagit le premier. Voici les raisons de cette rupture.
Arthur Hayes, le franc-parler cofondateur de BitMEX, est l'analyste le plus en vue sur ce décrochage. Sa théorie est simple : le Bitcoin est un indicateur avancé des conditions de crédit en dollars, presque un système d'alerte précoce. Dans un article de blog publié en février 2026, il explique que la divergence entre le BTC et le Nasdaq « sonne l'alarme : un événement de destruction massive du crédit est proche » .
Son raisonnement est sans appel. Quand la liquidité en dollars se resserre, ce sont les actifs les plus sensibles qui trinquent en premier. Et rien n'est plus sensible aux variations de la masse monétaire mondiale que le Bitcoin. Les actions, portées par leurs bénéfices et leurs flux de trésorerie, prennent le choc avec un temps de retard.
Hayes qualifie le Bitcoin de « véritable alarme incendie de la liquidité fiduciaire mondiale » . L'alarme retentit aujourd'hui. La question est de savoir si le Nasdaq finira par l'entendre. Pour l'instant, les géants de la tech sont protégés par de solides résultats pour le quatrième trimestre 2025 — les revenus du Nasdaq ont bondi de 13 % — et par l'optimisme lié à l'intelligence artificielle, qui continue d'attirer les capitaux institutionnels vers les actions, même quand les flux crypto s'inversent
.
Le marché des ETF Bitcoin au comptant était le principal moteur de la course haussière de 2024-2025. Aujourd'hui, ce moteur est en panne sèche. Depuis novembre 2025, les ETF Bitcoin spot américains ont subi une hémorragie cumulée de 6,18 milliards de dollars — la plus longue série de retraits jamais enregistrée depuis le lancement de ces produits .
L'hémorragie s'est même aggravée début 2026. Le 3 février seulement, les ETF Bitcoin enregistraient 272 millions de dollars de sorties nettes, le fonds FBTC de Fidelity en tête avec 148,7 millions de dollars de retraits . L'IBIT de BlackRock, le plus gros fonds Bitcoin au comptant au monde, a perdu à lui seul environ 191,3 millions de dollars entre le 2 et le 6 février
.
Ces sorties ne sont pas seulement massives, elles sont tenaces. Fin février, les ETF Bitcoin spot américains affichaient cinq semaines consécutives de retraits, pour un total d'environ 3,8 milliards de dollars . Comme le résume un analyste, « la demande institutionnelle régulière s'est tout simplement évaporée »
.
L'intérêt ouvert sur le Bitcoin — la valeur totale des contrats à terme en cours — avait culminé à 56,6 milliards de dollars en octobre 2025. En février 2026, il s'était effondré à 23,6 milliards de dollars, une chute de 58 %. Et cette dégringolade ne doit rien à une gestion ordonnée des risques : elle traduit des liquidations forcées en cascade . Quand l'intérêt ouvert baisse plus vite que le prix, c'est le signe que des positions à levier sont balayées, déclenchant des ordres stop-loss et des appels de marge qui alimentent un cercle vicieux de ventes.
L'événement de liquidation le plus brutal est survenu le 2 juin 2026, lorsque le Bitcoin est passé sous les 70 000 dollars pour la première fois depuis avril. Cette seule secousse a provoqué plus de 455 millions de dollars de liquidations de positions longues (haussières) en quelques heures . Plus tôt dans l'année, une chute en février avait déjà entraîné une journée noire avec 1,4 milliard de dollars de liquidations, dont 1,24 milliard sur des positions longues
. Le scénario se répète : les traders positionnés pour un rebond se font piéger à chaque cassure de support.
À cela s'est ajoutée une pression vendeuse inattendue, celle d'un État-nation. Le Bhoutan, qui mine du Bitcoin depuis plus de six ans, a commencé à céder des tranches de 50 millions de dollars à mesure que le prix faiblissait .
Si le Nasdaq 100 résiste, c'est grâce à des fondamentaux solides. La saison des résultats du quatrième trimestre 2025 a été marquée par une hausse des revenus de 13 %, et l'énorme vague d'investissements en intelligence artificielle continue d'irriguer les géants du secteur . La remontée des rendements obligataires américains et la pause de la Réserve fédérale sur ses taux — d'ordinaire défavorables aux actions — ont été compensées par la dynamique bénéficiaire. Le Bitcoin, qui ne génère ni flux de trésorerie ni dividende, n'a pas ce filet de sécurité
.
Un écart de performance de 70 points est un événement extrême. Le site CryptoRank souligne qu'il s'agit du plus important décrochage entre le Bitcoin et le Nasdaq depuis le « crypto winter » d'il y a sept ans . Jusqu'à présent, le Bitcoin était perçu comme un pari amplifié sur l'appétit pour le risque technologique : une sorte de « Nasdaq sous stéroïdes ». Cette fracture suggère que le Bitcoin est en train de devenir un actif macro-sensible à part entière, capable de réagir aux conditions de liquidité en dollars avant même les marchés d'actions
.
Les analystes s'attendent à ce que le Bitcoin reste enfermé dans une fourchette de prix entre 65 000 et 75 000 dollars jusqu'au milieu de l'année 2026, avec un support clé autour de 63 000 à 65 000 dollars . L'offre dormante est lourde de menaces : les rachats d'ETF et les mains lourdes comme l'entreprise Strategy (ex-MicroStrategy), qui détient à elle seule 3,4 % de tous les bitcoins en circulation avec un prix d'achat moyen de 76 052 dollars, créent un véritable plafond de vente
.
Arthur Hayes, de son côté, entrevoit un chemin vers le rebond. Sa thèse est simple : si la liquidité en dollars venait à se détendre — que ce soit par une expansion du bilan de la Fed, une baisse des taux hypothécaires ou un changement de politique monétaire —, alors le Bitcoin retrouverait « son rythme de croisière » . En attendant ce scénario, le Nasdaq continue sa fête pendant que le Bitcoin, lui, tire la sonnette d'alarme.
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Le Bitcoin a chuté d'environ 35 % sur un an pendant que le Nasdaq 100, riche en valeurs technologiques, gagnait à peu près autant, créant un écart de performance inédit en sept ans.
Le Bitcoin a chuté d'environ 35 % sur un an pendant que le Nasdaq 100, riche en valeurs technologiques, gagnait à peu près autant, créant un écart de performance inédit en sept ans. Pour Arthur Hayes, cofondateur de BitMEX, le Bitcoin est une 'alarme incendie de la liquidité fiduciaire' qui signale le resserrement du crédit bien avant les marchés actions.