Pour les investisseurs français, ce type de procédure, dite « confidentielle », permet à une entreprise d’entamer les discussions avec le régulateur sans rendre publics ses comptes dans l’immédiat. Le carnet de commandes d’Anthropic affiche déjà un chiffre d’affaires annualisé de plus de 47 milliards de dollars. Certains dirigeants évoquent une cotation dès le quatrième trimestre 2026, selon le média The Information . Un véritable signal pour tout le secteur.
Nvidia dévoile la superpuce RTX Spark. Au Computex de Taipei, Jensen Huang, le charismatique PDG de Nvidia, a présenté la RTX Spark (nom de code N1X). Il s’agit du premier système-sur-puce (SoC) grand public de la firme, associant un processeur Arm à 20 cœurs et un GPU Blackwell embarquant 6 144 cœurs CUDA, soit l’équivalent d’une carte graphique de bureau RTX 5070 .
Cette puce, conçue en partenariat avec MediaTek et gravée en 3 nanomètres par TSMC, est taillée pour les PC portables dédiés à l’IA. Elle arrivera au second semestre 2026 dans des modèles Microsoft Surface, Dell XPS, HP EliteBook, ainsi que chez Asus, Lenovo et MSI . Avec cette annonce, Nvidia ne se contente plus de régner sur les centres de données : il défie directement Qualcomm, Intel, AMD et les puces M d’Apple sur leur propre terrain. L’action Nvidia a bondi de 6,3 % lundi, et celle d’Arm Holdings de 15,6 %
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Le lendemain, mardi matin, le secteur des semi-conducteurs restait incandescent, avec des gains spectaculaires pour Marvell et Broadcom. Les contrats à terme américains ont toutefois légèrement fléchi, signe que certains investisseurs commençaient à empocher leurs bénéfices . Le rallye est resté très concentré sur la tech
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Un sérieux nuage géopolitique menaçait pourtant de gâcher la fête. Lundi, l’Iran a suspendu ses négociations indirectes avec les États-Unis pour protester contre les actions militaires israéliennes au Liban, faisant grimper les cours du pétrole . La maison de courtage Charles Schwab a résumé la situation : « le rallye technologique a musclé les nouvelles inquiétantes de la guerre », évoquant un « choc titanesque entre la hausse du pétrole et l’optimisme sur les puces »
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Les prix du brut ont ensuite reculé mardi, relâchant un peu la pression sur les actions . Mais la menace est toujours là. Charles Schwab a également souligné que l’annonce par l’Iran de sa volonté de fermer totalement le détroit d’Or mûz, point de passage stratégique pour le commerce pétrolier mondial, pourrait dicter la tendance des prochains jours
. Pour l’heure, c’est l’enthousiasme pour l’IA qui a remporté ce bras de fer.
Dans les semaines précédant ce rallye, deux poids lourds de Wall Street ont publié des avertissements explicites. Le leadership étroit du marché est dangereux. Les actions qui portent les indices vers des sommets sont aussi la source de leur plus grande fragilité.
Goldman Sachs, dans une note de stratégie datée du 19 mai, a souligné que le S&P 500 avait progressé d’environ 10 % depuis le début de l’année 2026. Mais les secteurs de la technologie, des médias et des télécoms (TMT) représentaient à eux seuls 85 % de cette performance . La banque prévient que les investisseurs sous-estiment ce risque de concentration.
Morgan Stanley est allé encore plus loin le 29 mai. Daniel Skelly, directeur de la recherche chez Morgan Stanley Wealth Management, a conseillé de faire passer les valeurs d’infrastructure IA de « achat » à « conserver ». Il avertit que le commerce de l’IA pourrait se refroidir dans un scénario « similaire au milieu des années 1990 » . Sa crainte spécifique porte sur les semi-conducteurs, le matériel informatique et l’énergie, les bénéficiaires de première ligne des dépenses en IA
. Pour lui, mieux vaut désormais garder ses positions que de les renforcer.
De son côté, Goldman Sachs a également reconnu le 6 mai qu’une concentration élevée crée « une plus grande sensibilité aux déceptions sur les résultats et une probabilité accrue d’une correction désordonnée du marché » . La note soulignait au passage que les « 7 Magnifiques », ces titans de la tech américaine, avaient déjà commencé à sous-performer le marché dans son ensemble en 2026.
Et comme pour ajouter une dimension systémique au tableau, S&P Global a publié un rapport le 4 mai signalant que le financement des hedge funds via les prime brokers est aujourd’hui concentré entre quatre banques — Goldman Sachs, Morgan Stanley, Barclays et BNP Paribas — à des niveaux d’effet de levier inégalés depuis avant la crise financière de 2008 . L’effet de levier brut du secteur a grimpé à environ huit fois l’actif net (NAV), contre cinq fois il y a dix ans
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En clair, l’euphorie du 1er juin amplifie les risques mêmes que les banques venaient de pointer du doigt.
Malgré les questions récurrentes sur la performance contrastée des jetons cryptographiques liés à l’IA par rapport aux sorties persistantes des ETF Bitcoin et Ethereum, les données spécifiques aux 1er et 2 juin 2026 ne figurent pas dans les sources disponibles. Il s’agit pour l’instant d’un angle mort. On observe toutefois au printemps 2026 que des jetons comme Render, Bittensor ou Near Protocol ont parfois rebondi en sympathie avec l’actualité technologique, tandis que les ETF Bitcoin et Ethereum au comptant aux États-Unis ont subi des rachats institutionnels continus, dans un climat d’incertitude géopolitique et de hausse des taux. Mais impossible de le confirmer sur les deux jours précis qui nous intéressent.
Le rallye en cours est, dans l’ensemble, une poussée étroite, alimentée par l’IA, qui surpasse le risque géopolitique. Mais il repose sur une base concentrée que Goldman Sachs et Morgan Stanley ont publiquement qualifiée de fragile . Les deux catalyseurs — le chemin vers l’IPO d’Anthropic et la puce PC de Nvidia — sont indiscutablement majeurs et façonneront les discours de marché pendant des mois.
Pour autant, les alertes des banques ne sont pas théoriques : elles s’appuient sur des données montrant qu’une poignée de valeurs porte l’ensemble du marché, avec un effet de levier historiquement élevé. La moindre déception sur les bénéfices des « 7 Magnifiques », ou un simple changement de sentiment vis-à-vis de l’IA, pourrait déclencher le type de correction désordonnée décrite par Goldman Sachs . Le marché est aujourd’hui pricé pour la perfection de l’IA. La question est de savoir combien de temps cette perfection tiendra.