Le sommet lui a offert l’occasion de transmettre ce message directement au président américain. Des analystes ont estimé que Xi avait ainsi « posé un jalon » diplomatique : il a élevé Taïwan du rang de sujet parmi d’autres à celui de condition centrale pour la stabilité entre les deux pays.
Le message était clair. Si la question de Taïwan est traitée avec prudence, la relation globale peut rester stable. Mais si elle est mal gérée, les tensions pourraient rapidement s’aggraver et mettre l’ensemble des relations sino‑américaines en péril.
Dans la perspective de Pékin, Taïwan n’est donc pas simplement un différend régional — c’est le pivot stratégique autour duquel peut basculer toute la relation entre les deux puissances.
Xi a associé cet avertissement à une proposition diplomatique plus large. Lors du sommet, il a évoqué une vision d’une « relation Chine–États‑Unis constructive fondée sur la stabilité stratégique », censée guider les relations bilatérales dans les années à venir.
L’idée repose sur une forme de gestion de la rivalité entre grandes puissances : Washington et Pékin reconnaîtraient chacun les intérêts fondamentaux de l’autre et éviteraient les actions susceptibles de provoquer une confrontation majeure. Dans cette logique, Taïwan représente l’intérêt le plus sensible pour la Chine.
En intégrant Taïwan dans ce cadre de « stabilité stratégique », Xi a signalé que la politique américaine vis‑à‑vis de l’île serait le principal indicateur de la capacité des deux pays à éviter un conflit à long terme.
La question politique la plus concrète planant sur le sommet concernait un projet de vente d’armes américaines à Taïwan d’une valeur d’environ 14 milliards de dollars.
Après ses discussions avec Xi, Donald Trump a déclaré qu’il n’avait pas encore décidé s’il autoriserait la transaction. Il a confirmé que la question de Taïwan et ce paquet d’armements avaient été abordés « en détail » pendant les échanges.
Trump a également qualifié la vente potentielle de « très bon levier de négociation », suggérant qu’elle pourrait servir de monnaie d’échange dans les négociations plus larges avec Pékin.
Cette remarque a immédiatement fait de ce dossier le meilleur indicateur de l’impact réel du sommet.
Vu sous cet angle, la portée du sommet ne réside pas tant dans les accords immédiats que dans l’agenda stratégique que Xi Jinping a tenté d’imposer.
L’objectif de Pékin était de hiérarchiser les priorités dans la relation bilatérale — avec Taïwan au sommet de cette pyramide. La décision américaine concernant la vente d’armes devient ainsi la première épreuve pratique de ce cadre.
C’est donc moins le communiqué final du sommet que la décision de Washington sur ce dossier qui déterminera si la rencontre a réellement modifié l’équilibre stratégique entre les États‑Unis et la Chine — ou si elle n’a constitué qu’une pause diplomatique temporaire.