En clair : tant que le marché accepte de financer Strategy à des conditions jugées attractives par l’entreprise, la machine peut continuer à tourner. Si ces conditions se dégradent, le scénario à 30 milliards de dollars devient plus difficile à tenir.
Les opérations récentes montrent une logique assez constante : Strategy lève des fonds en Bourse, puis utilise le produit de ces émissions pour acheter du Bitcoin.
Le point important : la stratégie 2026 de Strategy ne semble pas reposer principalement sur de nouvelles dettes classiques. Les transactions signalées montrent plutôt un montage hybride, combinant actions ordinaires et actions privilégiées, avec une forte place donnée aux émissions liées aux fonds propres .
Pour un lecteur français, les « actions privilégiées » peuvent se comprendre comme des titres hybrides : elles ressemblent à des actions, mais offrent souvent des droits économiques spécifiques, comme un dividende prioritaire ou défini selon certaines conditions. Dans le cas de Strategy, elles servent de canal de financement supplémentaire, sans dépendre uniquement des ventes d’actions ordinaires.
Crypto.news a rapporté que Strategy se tournait vers les actions privilégiées pour continuer d’acheter du Bitcoin tout en cherchant à atténuer la pression liée aux variations du marché, et que son action privilégiée Stretch verse un dividende variable de 11,25 % .
Ce financement n’est donc pas gratuit. Un rapport de KuCoin souligne que les indicateurs de gain en Bitcoin de Strategy peuvent masquer les coûts de capital, les dividendes dus aux détenteurs d’actions privilégiées et les obligations liées à la dette . Autrement dit, accumuler davantage de Bitcoin ne signifie pas automatiquement améliorer l’économie nette de l’opération.
La montée en puissance des actions privilégiées ne veut pas dire que les actions ordinaires ont disparu du montage. Dans l’exemple de janvier, les ventes d’actions ordinaires ont généré 1,13 milliard de dollars sur les 1,25 milliard de dollars levés . Pour l’achat réalisé entre le 2 et le 8 mars, environ 900 millions de dollars provenaient de ventes d’actions ordinaires de classe A, contre 377 millions de dollars issus d’actions privilégiées Stretch
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La répartition peut toutefois varier fortement d’une semaine à l’autre. L’achat du 9 au 15 mars s’est appuyé beaucoup plus largement sur les actions privilégiées STRC, qui ont représenté environ 75 % du financement indiqué . C’est précisément cette flexibilité qui compte : Strategy semble utiliser le canal disponible — actions ordinaires ou actions privilégiées — lorsque les conditions de marché permettent de financer de nouveaux achats de Bitcoin.
Le scénario de JPMorgan dépend donc d’un environnement de financement favorable. Les articles citant la banque présentent le chiffre de 30 milliards de dollars comme une projection liée au maintien du rythme actuel . L’un d’eux souligne aussi que les conditions de marché et la disponibilité du financement comptent dans la stratégie d’acquisition de Strategy
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Si la prime de l’action Strategy se réduit, si la demande pour ses actions ordinaires faiblit ou si les investisseurs exigent des conditions plus coûteuses pour acheter ses actions privilégiées, le rythme implicite du scénario de JPMorgan pourrait devenir plus difficile à maintenir. À l’inverse, si ces canaux restent ouverts, Strategy peut continuer à transformer les émissions de titres en achats de Bitcoin.
La prévision rapportée de JPMorgan est moins un pari isolé sur le prix du Bitcoin qu’une lecture de la capacité de Strategy à lever des capitaux. Le montant maximal de 30 milliards de dollars d’achats de Bitcoin en 2026 correspond à un scénario haut, valable si le rythme actuel se poursuit . Les opérations récentes montrent comment ce scénario pourrait être financé : principalement par des ventes d’actions ordinaires et d’actions privilégiées perpétuelles, plutôt que par un recours massif à de nouvelles dettes traditionnelles
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