Les déclarations des responsables sécuritaires suggèrent que la campagne vise également les troubles internes. Ahmad‑Reza Radan a indiqué que la police poursuivait non seulement les agents présumés liés à l’ennemi, mais aussi ceux accusés d’avoir provoqué des « désordres » dans le pays.
Selon des informations rapportant ses propos, les personnes arrêtées lors des manifestations antigouvernementales du début d’année n’ont pas été libérées, ce qui laisse penser que les arrestations liées aux protestations peuvent être intégrées dans le même récit de sécurité nationale que les affaires d’espionnage.
Ces manifestations, déclenchées notamment par la crise économique et la hausse du coût de la vie, ont touché plusieurs villes. Initiées fin 2025, elles ont rapidement évolué vers des revendications politiques plus larges avant d’être sévèrement réprimées par les forces de sécurité.
Des observateurs internationaux ont déjà signalé des vagues d’arrestations liées à des accusations de sécurité nationale. Le Haut‑Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a déclaré en avril que plus de 4 000 personnes avaient été arrêtées et au moins 21 exécutées depuis le début de la guerre.
Selon l’ONU, les personnes exécutées ou détenues comprendraient des individus liés aux protestations, à des groupes d’opposition ou à des réseaux d’espionnage présumés. Les organisations de défense des droits humains affirment que ces dossiers reposent souvent sur des accusations de sécurité nationale formulées de manière très large, ce qui soulève des inquiétudes sur l’équité des procédures judiciaires.
Plusieurs ONG décrivent un environnement répressif plus large autour de ces arrestations. Des enquêtes d’organisations comme Human Rights Watch évoquent des vagues d’arrestations arbitraires, des disparitions forcées et des détentions massives de manifestants, parfois sans procédure judiciaire claire.
Amnesty International affirme également que les autorités ont imposé une réponse fortement militarisée après les grandes manifestations, avec des arrestations à grande échelle, des restrictions sur les rassemblements et des pressions visant les familles des victimes.
Les autorités iraniennes, de leur côté, justifient ces mesures comme des réponses nécessaires pour préserver la sécurité nationale pendant des périodes de troubles internes et de confrontation extérieure.
Le chiffre de 6 500 arrestations donne une idée de l’ampleur de la campagne sécuritaire menée en Iran pendant la guerre. Pour de nombreux analystes, il montre comment un État confronté à la fois à un conflit extérieur et à des tensions internes peut élargir la notion de menace à la sécurité nationale.
Dans ce contexte, les enquêtes pour espionnage, la répression des manifestations et les poursuites contre des opposants politiques peuvent progressivement se confondre.
La combinaison d’arrestations massives, d’accusations de sécurité nationale et d’exécutions signalées a suscité des mises en garde d’organisations internationales. Des responsables de l’ONU et des ONG craignent un risque accru de détentions arbitraires, de condamnations sévères et de recours à la peine de mort contre des personnes accusées de crimes liés à la sécurité.
Pour les critiques du gouvernement iranien, cette campagne illustre la manière dont les conditions de guerre peuvent intensifier des pratiques répressives déjà présentes. Les autorités iraniennes, en revanche, présentent ces mesures comme une réponse indispensable face aux menaces extérieures et aux tentatives de déstabilisation intérieure.
Une chose reste claire : l’annonce des 6 500 arrestations ne décrit pas seulement une opération de contre‑espionnage, mais révèle aussi un resserrement beaucoup plus large du contrôle sécuritaire à l’intérieur du pays durant l’une des périodes les plus tendues de l’histoire récente de l’Iran.