Les versions divergent sur la cause exacte des dégâts :
Malgré ces désaccords, les deux parties reconnaissent qu’un incendie s’est déclaré sur le site pendant l’attaque.
La seconde cible signalée se trouve beaucoup plus loin à l’est. Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, des drones du Service de sécurité d’Ukraine (SBU) ont frappé l’entreprise Metafrax Chemicals, un important complexe industriel situé à Goubakha, dans le kraï de Perm.
Zelensky a déclaré que l’installation constituait « l’une des entreprises militaires importantes de la Russie » et qu’elle se trouvait à environ 1 700 km de la frontière ukrainienne. Il a affirmé que le processus de production avait été interrompu après l’attaque.
Metafrax est un acteur majeur de l’industrie chimique russe. Ses produits servent de matières premières à divers secteurs industriels, y compris la fabrication de composants liés aux explosifs et à l’armement.
Les autorités régionales russes ont reconnu qu’une installation industrielle avait été visée par des drones dans la région, mais sans confirmer officiellement l’usine concernée ni fournir d’évaluation détaillée des dégâts. Les premiers rapports indiquaient l’absence de victimes, plusieurs drones ayant été abattus avant d’atteindre leur cible.
Faute de vérifications indépendantes plus précises, l’étendue réelle des dommages à Metafrax reste incertaine, contrairement au cas du terminal de Novorossiïsk où l’incendie a été clairement signalé.
Les deux sites ciblés jouent un rôle important dans l’économie et l’appareil industriel russes.
Frapper ces infrastructures à des centaines, voire plus d’un millier de kilomètres de la frontière souligne aussi l’extension de la portée des drones ukrainiens.
Ces frappes s’inscrivent dans une stratégie plus large de Kyiv consistant à cibler raffineries, terminaux pétroliers et sites industriels à double usage depuis le début de l’invasion à grande échelle en 2022.
Selon des calculs cités par Reuters, les attaques de drones ukrainiens auraient mis hors service environ 700 000 barils par jour de capacité de raffinage russe entre janvier et mai 2026.
D’autres rapports indiquent que des frappes récentes ont contraint des raffineries majeures du centre de la Russie à suspendre ou réduire fortement leur production, affectant des installations dont la capacité combinée dépasse 83 millions de tonnes par an, soit environ un quart de la capacité totale de raffinage du pays.
Comme les revenus du pétrole et du gaz représentent une part importante du budget fédéral russe, ces attaques visent généralement à :
Malgré une image générale assez claire des événements du 23 mai, plusieurs points restent flous.
Ce qui apparaît néanmoins clairement, c’est la tendance stratégique : l’Ukraine démontre une capacité croissante à mener des frappes de longue portée contre des infrastructures stratégiques situées profondément à l’intérieur de la Russie.